Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, Suisses d'ici et d'ailleurs,
La flambée de coronavirus atteint une telle ampleur en Suisse que les autorités peinent à collecter les données des nouveaux cas. Le Gouvernement a fermé les commerces non-indispensables ainsi que les établissements publics et interdit les réunions, mais il lance un appel: sans l'aide de chaque habitant, ces mesures ne seront pas suffisantes.
Et l'Union des associations suisses de France annule son congrès annuel qui devait se tenir du 24 au 27 avril à Mulhouse.
Bonne lecture,
Les statistiques officielles sur les infections au coronavirus en Suisse stagnent depuis quelques jours. Et pour cause: la hausse est si foudroyante que les autorités ont de la peine à suivre.
L’Office fédéral de la santé publique l’a reconnu aujourd’hui lors d’une conférence de presse: l’augmentation des nouvelles contaminations est si rapide qu’il est difficile de collecter et d’analyser les données. Le bilan officiel de 2650 personnes testées positives et de 19 morts ne reflète donc pas la réalité.
Le Gouvernement suisse a décrété hier le pays en situation extraordinaire et ordonné la fermeture des établissements publics et des commerces non indispensables. Les rassemblements sont interdits. Avec ces mesures, les habitants s’isolent de plus en plus et les rues se vident.
Les autorités ont précisé que les soupers entre amis étaient autorisés, mais elles ont appelé l’ensemble de la population à respecter les mesures d’hygiène et à se tenir à distance. Le Gouvernement recommande d’éviter au maximum les contacts sociaux. Ce n’est qu’ainsi que la vague de propagation du virus pourra être ralentie.
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La France a fermé ses frontières et exige un confinement total de ses concitoyens. Les Suisses de France s’adaptent.
Les ressortissants helvétiques habitant dans l’Hexagone ont accueilli avec un certain soulagement les mesures annoncées par le président Emmanuel Macron. Beaucoup regrettent que de nombreuses personnes, notamment dans les grandes villes, prennent encore cette pandémie trop à la légère et ne respectent pas les distances sociales.
Le président du Cercle suisse de Mulhouse vit déjà en confinement depuis une quinzaine de jours après avoir contracté le virus. Il se porte mieux, mais il ne sait pas s’il est encore contagieux et s’il sera désormais immunisé, ou non.
C’est d’ailleurs à Mulhouse que devait se tenir du 24 au 27 avril le congrès de l’Union des associations suisses de France. L’UASF a décidé à grand regret d’annuler cette rencontre en raison de la propagation du virus.
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Les appareils d’assistance respiratoire sont très demandés pour les patients gravement atteints du coronavirus. Le leader du marché est une entreprise suisse, Hamilton Bonaduz SA.
«Nous pourrions actuellement vendre en un mois autant d’appareils que nous en avons vendus durant toute l’année dernière, soit de 1500 à 2000 pièces», révèle le PDG de la société, Andreas Wieland. La production fonctionne 7 jour sur 7 pour tenter de fournir le maximum de matériel.
Hamilton vent ses appareils en Suisse et à l’étranger. «Nous essayons de livrer là où les besoins sont les plus urgents, indique Andreas Wieland. Un exemple: l’armée américaine en a commandé une énorme quantité. Mais nous ne leur livrons pas tout. Nous constatons que le problème est plus grave en Italie. Nous fixons nos priorités en conséquence.»
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La pandémie pourrait avoir malgré tout un côté positif en mettant à nu les désavantages de la mondialisation. Une prise de conscience des entreprises n’est pas exclue.
Suzanne de Treville, professeure de management à l’Université de Lausanne, espère que les chefs d’entreprises vont prendre conscience des risques liés à l’allongement de la chaîne de production: «Les conséquences de l’épidémie de covid-19 sur la vie des gens et l’économie sont suffisamment graves pour initier des discussions qui étaient encore impossibles il y a quelques semaines.»
La professeure et son assistant ont développé des logiciels qui permettent de se rendre compte des coûts réels induits par une délocalisation. La pandémie pourrait faire office d’électrochoc et pousser des patrons à relocaliser leur production.
- L’interview complète de Suzanne de Treville
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