Aujourd’hui en Suisse
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«Le Covid-19 menace l’humanité tout entière: c’est donc l’humanité tout entière qui doit se défendre. Les mesures prises par les pays à titre individuel ne suffiront pas», plaide le patron de l’ONU à l’occasion du lancement d’un appel de fonds de 2 milliards de dollars pour aider les pays les plus pauvres à faire face à la pandémie mondiale.
Cet appel à la solidarité s’applique à chaque région du monde, comme l’Europe, et à chaque société, comme nous le constatons en Suisse.
L’avenir dira si nous avons entendu ce si vital appel.
Bonne lecture,
En Suisse, Daniel Koch est le visage de la lutte contre le coronavirus. Au coté de son ministre de tutelle, Alain Berset, le Haut-Valaisan défend sans relâche la stratégie du gouvernement, qui ne confine pas encore sa population aussi fortement que les pays voisins, un choix critiqué en Suisse et au-delà.
En Suisse alémanique tout particulièrement, le responsable de la division des maladies transmissibles de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) fait figure de héros. «Tel un gourou de la méditation ascétique, il semble réussir à abaisser le pouls collectif de la population suisse de quelques battements par minute à un niveau supportable et plus sain», écrit, par exemple, le quotidien bernois Berner Zeitung.
Depuis le début de la crise, Monsieur coronavirus semble convaincre, relève ma consœur Katy Romy, en citant un sondage publié ce mardi qui révèle que 63% des Suisses accordent leur confiance à ceux qui les gouvernent en ces temps de crise. Un bémol toutefois que pointe le quotidien Le Temps: le nombre de victimes annoncé par l’OFSP ne recoupe pas ceux des cantons. «C’est l’ombre au tableau de la communication fédérale», regrette le politologue Claude Longchamp dans ce journal qui propose en libre accès ses articles sur le coronavirus.
- Le portrait de Daniel KochLien externe par Katy Romy (swissinfo.ch)
- Le Temps analyse la stratégie de communication de criseLien externe du Conseil fédéral
- Les données des cantons compiléesLien externe par un informaticien bernois
Notre correspondant à Paris, Mathieu van Berchem, met en relief les différences de gestion de la crise sanitaire entre la France et la Suisse.
En France, il faut se munir d’une «attestation de déplacement dérogatoire» dûment remplie pour tenter une sortie. Rien de tel en Suisse, où les autorités font davantage confiance à la responsabilité individuelle, selon les vieux préceptes protestants, relève Mathieu van Berchem.
Berne rejette la «politique spectacle», comme l’a déclaré vendredi 20 mars le conseiller fédéral Alain Berset. «Penser qu’on peut tout décider d’en haut et que tout le monde est d’accord ne fonctionne pas», a souligné le ministre suisse de la Santé.
Pas de déclaration de guerre, comme à Paris, mais une politique des petits pas ménageant les différents échelons de la Confédération suisse. Et notre correspondant de souligner que la crise pandémique en pleine croissance en Europe ne permet pas encore de trancher entre ces deux systèmes.
- Le jeu des différences entre Paris et Berne par Mathieu van Berchem (swissinfo.ch)
- Heidi News tire les leçons de l’histoireLien externe sur les conséquences des grandes épidémies (abonnés)
- Retrouvez tous les articles de swissinfo.ch sur le nouveau coronavirus
Même si des coordinations se mettent en place, la pandémie de coronavirus a poussé certains États européens à fermer leurs frontières et à favoriser le chacun pour soi. Ce manque de solidarité inquiète le directeur de la Fondation Jean Monnet pour l’Europe. Gilles Grin s’en explique dans un entretien accordé à ma consœur Marie Vuilleumier.
«Distance sociale et fermeture temporaire des frontières ne devraient pas signifier absence de solidarité entre États membres de l’UE. Or la construction européenne n’a pas atteint le stade d’une communauté de destin où les enjeux essentiels de vie ou de mort peuvent s’y traiter en cas de tempête», relève Gilles Grin.
Son espoir: «Que cette crise montre aux Européens que beaucoup de dangers de tous ordres sont extérieurs à l’Europe et que la meilleure façon d’y faire face est d’agir de façon soudée. L’Europe doit protéger. Pour garantir cela, il faut des institutions communes suffisamment fortes et légitimes pour permettre à l’intérêt commun d’émerger.»
- Les vues du directeur de la Fondation Jean Monnet pour l’Europe (swissinfo.ch)
- ACOVID-19: les frontières sont de retour en EuropeLien externe, expliquait le 17 mars Pierre Haski, chroniqueur à France Inter
Les entreprises frappées par la crise sanitaire pourront solliciter les crédits cautionnés par la Confédération. Cela dès ce jeudi. Le gouvernement a accepté d’allouer 20 milliards de francs pour aider les PME qui font face à des problèmes de liquidité.
Un montant pour lequel il a fallu trouver un équilibre entre ce que demande l’économie et la place financière. Le but est d‘avoir des effets sur l’économie sans léser les banques, a expliqué Ueli Maurer, le Conseiller fédéral en charge des finances.
Le commerce de détail, par exemple, est très affecté par les restrictions imposées par le Conseil fédéral. Un milliard de francs de ventes de produits non alimentaires sont perdus chaque semaine en raison de la fermeture forcée des magasins, selon la banque UBS.
- Le point de la situation en Suisse par swissinfo.ch
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