Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, lecteurs de Suisse et du monde,
C’est Samuel qui vous écrit de Bienne. Dès le 1er octobre, les rassemblements de plus de 1000 personnes seront à nouveau autorisés en Suisse. Si la décision soulage le monde sportif et culturel, elle inquiète en revanche les milieux sanitaires.
Pour échapper un peu au coronavirus, je vous propose un voyage au temps des colonies, dont la Suisse a largement tiré profit, ainsi que de découvrir les talents scientifiques de demain, désormais réunis dans une académie.
Et pour finir, suite mais pas fin de notre tour d’horizon des votations du 27 septembre. Avec aujourd’hui un zoom sur l’achat contesté des nouveaux avions de combat de l’armée suisse.
Excellente lecture,
Une bonne nouvelle pour commencer: nous vous parlions hier de ce lutteur valaisan arrêté à Minsk en marge des manifestations contre la réélection du président biélorusse Alexandre Loukachenko. Et bien, Berne vient d’annoncer sa libération.
«Le Suisse arrêté est libre! Je suis soulagé!», a écrit cet après-midi le ministre suisse des Affaires étrangères sur Twitter. Le DFAE avait expliqué plus tôt dans la journée que des négociations étaient en cours entre la Suisse et le Bélarus, les deux parties «mettant tout en œuvre pour que le Suisse arrêté dans le cadre des manifestations soit libéré le plus rapidement possible.»
Le Suisse en question était Tanguy Darbellay, lutteur valaisan établi à Minsk depuis un peu moins d’un an. Ce dernier avait été arrêté dans les rues de la capitale bélarusse en début de semaine. Ses proches assuraient pourtant qu’il ne participait pas aux protestations contre la réélection du président Alexandre Loukachenko.
Les autorités de Minsk ont par ailleurs annoncé aujourd’hui avoir libéré plus de 2000 personnes arrêtées au cours des manifestations violemment réprimées des derniers jours. De nombreux témoignages parmi les contestataires libérés font état de mauvais traitements, de viols et de tortures subis en prison.
- L’articleLien externe sur la libération de Tanguy Darbellay (RTS)
- Les protestataires libérés racontent les tortures en prisonLien externe (AFP)
Deux jours après l’annonce par le Conseil fédéral de lever l’interdiction des manifestations de plus de 1000 personnes, l’inquiétude monte dans les milieux sanitaires.
«Nous observons une augmentation, certes lente mais inexorable, des infections et des foyers en Suisse. Les mesures prises, ces dernières semaines, permettent de les limiter, mais pas de les bloquer», constate Philippe Eggimann, président de la Société médicale de la Suisse romande dans un entretien diffusé ce jour par La Liberté et ses journaux partenaires.
La levée de la restriction de rassemblement à 1000 personnes «met potentiellement en danger» le traçage des contacts en cas d’infection avérée d’une personne testée au virus, estime Philippe Eggimann.
De son côté, le canton de Genève semble nager à contresens de l’assouplissement décidé par le gouvernement. Les autorités cantonales réfléchissent à abaisser la limite maximale de 1000 personnes par événement, comme le révèle la Tribune de Genève.
Il faut dire que le canton fait face à une hausse inquiétante des cas depuis deux semaines. À tel point que si Genève était un pays, il serait considéré «à risque», comme le souligne notre confrère Valentin Tombez de la RTS.
- L’interviewLien externe de Philippe Eggimann (La Liberté / payant)
- La dépêche de Keystone-ATS (swissinfo.ch)
- Le point de la situation sur le coronavirus en Suisse (swissinfo.ch)
- La situation détailléeLien externe canton par canton (RTS)
Plus
Contrairement à la plupart de ses voisins européens, la Suisse n’a jamais eu de colonies. Ce qui ne l’a pas empêché d’en tirer d’importants bénéfices économiques. C’est la thèse défendue par l’historien Andreas Zangger.
Le petit pays alpin a davantage profité que les colonisateurs eux-mêmes du commerce colonial car il n’a pas dû assumer les coûts considérables du maintien de leurs empires. Bien tolérés par les grandes puissances européennes, les Suisses qui ont su s’implanter dans les colonies ont pu réaliser d’importants bénéfices.
L’accès aux colonies et à leurs matières premières a permis à la Suisse de s’imposer comme une nation industrielle de premier plan et a donné d’importantes impulsions au développement de l’industrie financière.
Aujourd’hui encore, le savoir-faire dans le commerce et les services financiers profite indirectement du colonialisme, estime Andreas Zangger. «Celui-ci a laissé en Afrique une série d’États faibles dont les gouvernements sont corrompus et en Europe une large indifférence face au pillage des ressources de ce continent.»
- L’articleLien externe d’Andreas Zangger (swissinfo.ch)
- Focus sur la Suisse au temps des colonies (swissinfo.ch)
- La Suisse, un pays colonial sans coloniesLien externe (Le Temps)
La Suisse se joint à un mouvement mondial visant à créer des Jeunes Académies des Sciences. Avec un budget d’un million de francs, la nouvelle plateforme entend promouvoir des projets innovants, créatifs et interdisciplinaires.
Dotée d’une fonction consultative, cette Jeune Académie devrait à terme devenir la voix de la relève scientifique suisse, relève mon collègue Marc-André Miserez. Ses futurs membres, choisis parmi les talents les plus prometteurs du pays, ambitionnent d’améliorer la situation des jeunes chercheurs et de rendre les institutions scientifiques suisses plus équitables et plus inclusives.
Sur le plan politique, cette jeunesse cosmopolite et mobile se bat avec vigueur pour le maintien de la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. Un oui le 27 septembre à l’initiative de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) serait ainsi vécu comme une catastrophe par la relève scientifique helvétique.
- L’article de mon collègue Marc-André Miserez (swissinfo.ch)
- Découvrez les premiers visagesLien externe de la Jeune Académie Suisse
- Zoom sur l’initiative pour une immigration modérée (swissinfo.ch)
Six milliards de francs pour de nouveaux avions de combat: c’est l’un des cinq objets sur lequel le peuple suisse est appelé à trancher le 27 septembre dans les urnes.
Le débat ne porte pas sur un type d’avion en particulier, mais sur l’avenir même des Forces aériennes. Les électeurs ne se prononceront en effet que sur le principe d’achat. S’ils l’acceptent, le Conseil fédéral décidera ultérieurement quel appareil il souhaite acquérir. S’ils le refusent, la Suisse ne disposera plus de défense aérienne à l’horizon 2030.
Le gouvernement tire ainsi les leçons de l’échec du vote sur le Gripen, en 2014. Cette nouvelle manière de présenter les choses est en effet nettement plus difficile à combattre pour la gauche et les rangs de la droite se sont resserrés.
Reste à voir si la pandémie de coronavirus influencera l’issue du scrutin, dans un sens ou dans l’autre. Le besoin de sécurité accru (argument des partisans) et les finances plombées de la Confédération (argument des opposants) devraient dans tous les cas s’imposer comme des points forts de la campagne.
- Zoom sur l’achat de nouveaux avions de combat
- Avions de combat: opinion pour
- Avions de combat: opinion contre
- Les votationsLien externe du 27 septembre sur le site de l’administration fédérale
- Comment la pandémie pourrait influencer les prochaines votations (swissinfo.ch)
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