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La croissance helvétique est en net recul au deuxième trimestre.

Aujourd’hui en Suisse

Chères lectrices, chers lecteurs,

De mauvais chiffres économiques, encore et toujours. En raison de la pandémie, le PIB suisse a enregistré entre avril et juin une baisse historique. C’est même la plus forte depuis le début des mesures trimestrielles, qui remontent à 1980. Mais que l’on se console, nous dit le SECO, c’est encore pire ailleurs… Reste que l’un des fers de lance de l’économie helvétique, l’horlogerie, subit la crise de plein fouet.

Egalement dans notre sélection du jour: l’émoi suscité par un accord entre Pékin et Berne conclu en toute discrétion, la plainte pour escroquerie contre six anciens cadres de CarPostal, et une rencontre avec l'un des gardiens du patrimoine architectural du Val Bavona.

Bonne lecture!

La croissance helvétique est en net recul au deuxième trimestre.
La croissance helvétique est en net recul au deuxième trimestre. Keystone / Ennio Leanza

La Suisse enregistre un recul historique de son PIB et entre en récession. Le produit intérieur brut helvétique a accusé une baisse sans précédent de 8,2% au deuxième trimestre. Cette chute du PIB est la plus importante depuis le début des mesures trimestrielles, en 1980.

Mais le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) tempère. Il souligne que la structure de l’économie suisse «a eu un effet stabilisateur», et que le repli est relativement limité en comparaison internationale. De fait, dans les pays de l’OCDE le recul est de 9,8%. Et au Royaume-Uni, le PIB aurait chuté de plus de 20% entre avril et juin.

Si certain pays souffrent plus que d’autres, les secteurs sont aussi diversement touchés. En Suisse par exemple, l’industrie pharmaceutique a accru ses ventes. Le secteur des services est en revanche le plus sinistré: l’hôtellerie-restauration affiche une chute de plus de 54%, et les exportations de services ont fondu de près de 16%.

D’autres segments industriels ont subi de plein fouet les effets de la crise. C’est le cas des machines et des métaux, des instruments de précision ou encore de l’horlogerie. Notre newsletter d’hier évoquait déjà cet aspect; un article de mon collègue Samuel Jaberg revient aujourd’hui spécifiquement sur les difficultés rencontrées par les magasins de montres.

La voiture du ministre des affaires étrangères chinois lors d une visite officielle à Berne en 2019.
La voiture du ministre des affaires étrangères chinois lors d’une visite officielle à Berne en 2019. Keystone / Alessandro Della Valle

Plusieurs journaux reviennent sur un accord discret qui lie Berne et Pékin. Mis en lumière dimanche dernier par la NZZ am Sonntag, qui évoquait un «accord secret», il autorise des agents de la sécurité chinoise à interroger de présumés Chinois en situation irrégulière sur le territoire suisse, afin de procéder à leur renvoi.



Concrètement, la Suisse peut inviter deux «experts» du Ministère chinois de la sécurité publique pour deux semaines. Leur mission: assister l’administration suisse dans son travail d’identification. Les frais sont pris en charge par Berne. La base légale de l’accord est la loi sur l’asile et les étrangers, souligne Mario Gattiker, le directeur du Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM), aujourd’hui dans le Temps.

L’accord a été signé fin 2015 à la demande expresse de la Suisse. «Il faut bien comprendre que c’est dans l’intérêt de la Suisse, et non pas de la Chine. Ces experts viennent à notre invitation», explique Mario Gattiker, qui ajoute que les choses ont été faites en toute transparence et que le Parlement a été informé.

Depuis dimanche, l’accord suscite toutefois la polémique. Alors que plusieurs ONG ont souligné la dégradation de la situation des droits de l’homme en Chine, Yves Nidegger, membre de la Commission de politique extérieure du Conseil national, s’est étonné sur les ondes de la RTS que des agents étrangers puissent ainsi opérer sur sol suisse.

Le scandale CarPostal avait éclaté en 2018.
Le scandale CarPostal avait éclaté en 2018. Keystone / Jean-christophe Bott

Fedpol porte plainte contre six anciens cadres de CarPostal pour escroquerie. L’Office fédéral de la police l’a fait savoir dans un communiqué. L’ancien chef des finances du géant jaune et l’ex-directeur général de CarPostal font partie des prévenus. S’y ajoutent l’ancien responsable des finances et trois anciens responsables de marché.


L’affaire CarPostal a éclaté en février 2018. L’Office fédéral des transports (OFT) a rendu un rapport révélant des transferts illégaux de coûts et de produits du transport régional subventionné vers d’autres secteurs entre 2007 et 2015. Quelque 90,9 millions de francs de subventions ont été perçus indûment durant cette période.

Les prévenus sont accusés d’avoir usé de leur fonction pour induire en erreur l’OFT sur les bénéfices réels de CarPostal. Ils auraient demandé, ou consenti, à ce que des factures soient falsifiées, ou auraient pris part à la décision de transmettre les factures falsifiées à l’OFT, ceci afin d’éviter des réductions d’indemnisation ultérieures.

Fedpol estime que les actes constatés sont graves et va réclamer une peine privative de liberté à leur encontre. En cas de condamnation pour escroquerie, les prévenus risquent une amende pouvant aller jusqu’à 30’000 francs et cinq ans de prison au maximum. L’office a remis le dossier d’instruction au Parquet général du canton de Berne.

Vue d une structure souterraine traditionnelle dans le Val Bavona.
Vue d’une structure souterraine traditionnelle dans le Val Bavona. Keystone / Francesca Agosta

Pour finir, un petit tour par le Val Bavona au Tessin, pour une rencontre avec un homme qui entretient le patrimoine architectural. Tiziano Dadò est «teciatt», ce qui signifie en dialecte local l’artisan qui restaure et reconstruit les anciennes bâtisses de pierre caractéristiques de la vallée.


C’est en travaillant sur des chantiers comme maçon qu’il s’est approprié le métier. Ce savoir-faire, qui aurait pu disparaître, est très demandé aujourd’hui. «Ceux qui travaillent dans la construction en pierre dans ces zones ont beaucoup de travail, car le plan directeur exige un respect absolu des caractéristiques architecturales locales», explique l’artisan.

Les propriétaires doivent engager des personnes hautement spécialisées qui connaissent parfaitement la région. Pour restaurer une maison, seuls les matériaux locaux comme le granit de Riveo ou de Cevio peuvent être utilisés, et des règles précises doivent être respectées. C’est un travail exigeant, qui demande de la méthode et beaucoup d’effort.

Tiziano Dadò est l’un des gardiens de la beauté du paysage de la vallée. Le charpentier-maçon est aussi un passeur: «Au fil des ans, j’ai enseigné le métier à plus de trente jeunes de la région. Il faut de nouvelles recrues pour exercer la profession.»


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