Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, chers lecteurs,
«Les Raisins de la colère», c’est le titre du roman de John Steinbeck qui conte la détresse du monde agricole américain pendant la Grande Dépression des années 30. C’est désormais aussi le nom d’un groupe de 400 viticulteurs romands et tessinois, qui eux aussi vivent une crise sans précédent – dont la pandémie n’a fait qu’aggraver l’ampleur.
Nous parlerons également des arnaqueurs aux aides Covid - un prêt sur 300 fait l'objet d'une enquête pénale -, de la colère d’une opposante iranienne en Suisse et de la Genève internationale passablement désertée.
Excellente lecture,
On le savait: l’aide publique aux entreprises touchées par la pandémie a aussi attiré des arnaqueurs. Selon un décompte de la RTS, plus de 400 de ces prêts d’urgence font aujourd’hui l’objet d’une enquête pénale.
Ces crédits Covid-19 ont été attribués à 136’000 sociétés suisses. Près de 17 milliards de francs ont ainsi été mis à disposition du secteur privé pour faire face au ralentissement économique. De cette masse, un prêt sur 300 est concerné par des soupçons de fraude.
Les fraudes vont du mensonge sur le chiffre d’affaires – les montants des crédits y étant liés – jusqu’à des utilisations des fonds pour des achats personnels. La plupart des dénonciations sont parvenues à la justice via le Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent (MROS), lui-même alerté par les banques.
- L’articleLien externe de RTS Info
- Coronavirus: la plus grande récession de l’après-guerre? – par mon collègue Armando Mombelli
2020, année noire pour les vignerons suisses, qui subissent une pression terrible. Leurs vins se vendent mal depuis des années et la pandémie pourrait asséner le coup de grâce à certains.
Situation totalement paradoxale: 2018 et 2019 ont été d’excellentes années pour les vins, tant en qualité qu’en quantité. Mais les producteurs n’ont pas le droit de s’en réjouir, bien au contraire.
Les Suisses boivent de moins en moins de vin, et plus de six fois sur dix, ils préfèrent acheter du vin étranger, qui est évidemment moins cher. De plus, avec la fermeture des restaurants, les ventes se sont effondrées, les caves sont pleines et la prochaine vendange approche.
Les vignerons aux abois en appellent aux politiques, pour qu’ils agissent, notamment sur les importations. Mais l’un d’entre eux propose carrément de réduire la production… en arrachant les vignes.
- L’article de ma collègue Eva Hirschi
- En 2019 déjà, mon collègue Olivier Pauchard écrivait sur le blues des vignerons suisses
- Et plus loin encore, en 2012, mon collègue Simon Bradley incitait les vignerons suisses déjà en difficultés à apprendre le marketing
«La Suisse ne doit pas céder face au terrorisme iranien»: dans une tribune aussi mordante que déterminée, l’opposante iranienne Neda Amani conjure les autorités helvétiques de ne pas clore le dossier de l’assassinat de Kazem Radjavi, abattu à Genève en avril 1990.
«Pas de prescription pour le terrorisme et les crimes contre l’humanité», clame la présidente de l’Association de la jeunesse iranienne en Suisse. Pour elle, la décision de clore le dossier après 20 ans constitue «une insulte aux valeurs que la Suisse défend: la démocratie, les droits humains et la justice».
Militant des droits humains et avocat iranien, Kazem Radjavi a été abattu à bout portant dans sa voiture, avec son chauffeur. Selon l’opposition iranienne, il ne fait aucun doute que cet assassinat a été commandité directement depuis le sommet du régime des mollahs. La justice suisse n’a toutefois pu procéder à aucune arrestation.
- La tribune de Neda Amani, sur swissinfo.ch
- Le paradoxe de l’Iran: une puissance régionale affaiblie de l’intérieur – par mon collègue Frédéric Burnand
On l’a souvent dit: la Genève internationale n’est pas épargnée par la pandémie. Et avec la crise du multilatéralisme, la seconde «capitale» des Nations Unies doit affronter d’autres défis.
Vidé par la Covid, le labyrinthe de couloirs et d’escaliers du Palais des Nations «pays de tous les pays», résonne. Pour poser l’ambiance, nous avons recueilli les impressions de deux habitués des lieux.
Le photographe Mark Henley et notre correspondant Frédéric Burnand nous emmènent en visite guidée dans ce quartier hétéroclite et bien aéré, entre flamboyances architecturales, impression de désert et ambiance de campus.
- L’article de ma collègue Julia Crawford, avec les images du photographe Mark Henley
- Galerie photo sur l’architecture de la Genève internationale
- Point fort – le visage renouvelé de la Genève internationale
- Point fort – l’ONU est-elle bientôt caduque?
Plus
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative