Genève internationale

Le visage renouvelé de la Genève internationale

New York, Nairobi, Vienne et Genève accueillent les principaux sièges des Nations Unies. Pour les conserver ou en attirer de nouveaux, la concurrence entre les villes hôtes reste vive, tant ces institutions leur apportent en termes d’influence mondiale, d’expertises, de réseaux et de revenus.

Ce contenu a été publié le 23 juillet 2020 - 11:44
Skizzomat (illustration)

Siège le plus important de l’Organisation des Nations Unies après New York et principal centre opérationnel du système multilatéral, Genève reste un pôle attractif pour relever les formidables défis du 21e siècle. Le nombre d’institutions, en particulier d’organisations non gouvernementales (ONG), de fondations (90 nouvelles en trois ans) et de collaborateurs continue d’augmenter régulièrement (+2-3% par an pour atteindre près de 34’000 en 2019).

«Il est difficile de répondre à la demande, ce qui montre l’intérêt des ONG pour la Genève internationale», confirme Julien Beauvallet, responsable du service d’accueil des ONG du canton de Genève (CAGI).

Cela peut sembler paradoxal, car la vie à Genève coûte cher en comparaison internationale. Les pressions pour transférer une partie au moins des activités des organisations présentes vers des lieux moins coûteux se sont accrues ces dernières années. 

S’établir à Genève, l’une des villes les plus coûteuses du monde, reste un obstacle important pour des organisations ou des États aux budgets serrés. «On compte rapidement en millions de francs suisses», relève Julien Beauvallet.

Cette pression financière constitue une préoccupation majeure pour les organisations établies à Genève, et les choses ont été aggravées encore avec la récente pandémie de coronavirus, qui a mis à rude épreuve le système multilatéral. Les agences de l’ONU, les organisations internationales et les ONG se sont empressées de réagir aux mesures mises en place pour freiner la pandémie. Pour autant, le sort des organisations à court de ressources reste incertain, et dépendra largement des donateurs.

À long terme, les grandes agences internationales pourraient décider de transférer certaines ressources vers des destinations moins coûteuses, mais l’attractivité de Genève demeure, pour d’autres raisons. L’une d'elles est que les donateurs, les décideurs et les experts sont déjà là.

Outre l’Office des Nations Unies, qui occupe le Palais des Nations, Genève abrite 41 organismes internationaux, 179 missions diplomatiques, près de 750 ONG et des institutions académiques de pointe. Ce qui se traduit, entre autres, par la tenue de plus de 3200 conférences par an où convergent plus de 200'000 délégués du monde entier.

Plus récemment, des équipes d’enquêteurs et d’experts de la justice internationale ont constitué des mécanismes permettant de recueillir et de préserver discrètement des éléments de preuves des crimes de masse perpétrés en Syrie et au Myanmar (Birmanie).

«Le monde dans lequel nous vivons est de plus en plus interdépendant et la coopération internationale est donc de plus en plus nécessaire. Genève est devenu le lieu où il faut être pour ceux qui veulent participer collectivement à la construction d’un monde meilleur», assure Olivier Coutau, le délégué cantonal à la Genève internationale.

Alors que la gouvernance d’internet, la cybersécurité et l’intelligence artificielle sont au centre de la transition numérique du monde, les autorités suisses développent plusieurs projets pour accompagner ces puissantes dynamiques, tels que le Cyber Peace Institute, la Swiss Digital Initiative Foundation et la Geneva Science and Diplomacy Anticipator Foundation. 

Parallèlement, la Suisse a contribué à la mise en place d’une quinzaine de plateformes de coopération pour renforcer les échanges et les synergies entre les acteurs de la Genève internationale, que ce soit dans les domaines de la santé, de la paix, du développement durable ou de l’humanitaire.

La défense et la promotion des droits humains, l’une des plateformes constituées, restent un des piliers de l’activité internationale menée à Genève, avec le Conseil des droits de l’homme et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Une présence qui a permis l'éclosion d'une manifestation culturelle d'envergure avec le Festival et forum international sur les droits humains qui se tient chaque année en marge de la principale session du Conseil des droits de l’homme. 

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