Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
C’est une première en Suisse. Quatre habitants d’une petite île indonésienne, située à une vingtaine de kilomètres de Djakarta, ont déposé plainte à Zoug contre le cimentier suisse Holcim. Ils l’accusent d’être responsable du changement climatique qui menace l’existence de leur île. En raison de la montée des eaux, celle-ci a déjà perdu 11% de sa surface.
Aussi dans cette sélection du jour: une enquête sur les mauvaises pratiques orthodontiques, une analyse de l’activité des entreprises étrangères en Russie et un baromètre du moral des jeunes.
Et si vous êtes Suisse installé dans l’Union européenne, nous vous invitons à participer à notre prochaine émission de débat!
Bonne lecture,
Le cimentier suisse Holcim est visé par une plainte climatique. Quatre ressortissants d’une petite île indonésienne en sont à l’origine.
Ils accusent le géant du ciment d’être responsable des dégâts causés par le changement climatique sur leur île. Située au nord-ouest de Jakarta, l’île de Pulau Pari, sur laquelle vivent 1500 personnes, est régulièrement inondée en raison de la montée des eaux. Holcim rejette ces accusations.
Les plaignants demandent des indemnités pour les dégâts subis et un financement pour des mesures de protection. Trois ONG les soutiennent dans leur démarche. La plainte, déposée lundi devant le tribunal cantonal de Zoug, constitue la première procédure civile ordinaire sur le changement climatique contre une entreprise basée en Suisse.
Selon les ONG, Holcim fait partie des 50 principales entreprises émettrices de CO2. Elles jugent insuffisants les engagements pris par le cimentier pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré, comme le prévoit l’accord de Paris. En octobre dernier, une séance de conciliation entre les ONG et Holcim s’était soldée par un échec.
En Suisse, rares sont les jeunes qui évitent la case orthodontie. Mais les diagnostics et les devis varient fortement, selon une enquête de nos collègues RTS.
Un adolescent visitant quatre cabinets d’orthodontie genevois se voit ainsi prescrire des traitements très différents. Les deux premiers estiment que le patient est encore trop jeune pour qu’ils puissent se prononcer. Pour les deux autres, un traitement est nécessaire, même s’ils ne s’accordent pas sur le prix: 8000 francs pour l’un, 12’000 pour l’autre.
Et ce ne sont pas toujours des orthodontistes qui décident. Si le traitement à 8000 francs a été prescrit – en 8 minutes – par une dentiste, celui à 12’000 francs l’a été par une assistante. «C’est absolument inadéquat, illégal et non professionnel», réagit le vice-président de la faîtière des orthodontistes.
Autre problème: la prise en charge de patients suisses par des orthodontistes basés à l’étranger, qui n’exercent en Suisse que quelques jours par mois. Les conséquences sur le suivi des patients inquiètent, mais la pratique n’est pas illégale. Les accords bilatéraux permettent aux dentistes européens diplômés de pratiquer en Suisse pour 90 jours par an sans autorisation, selon la Société suisse des médecins dentistes.
Au début de la guerre en Ukraine, de nombreuses entreprises ont annoncé quitter la Russie. Un an plus tard, beaucoup ne l’ont pas fait. Ce n’est pas toujours faute d’essayer.
Le 24 février 2022, 1404 entreprises de l’UE et du G7 détenaient ensemble 2405 filiales en Russie. Fin novembre 2022, moins d’une sur dix (8,5%) s’était séparée d’au moins une filiale, selon un rapport de l’Université de Saint-Gall et de l’IMD de Lausanne. Ce constat surprend les auteurs de l’étude, notamment au vu de la pression exercée par les gouvernements, les médias et les ONG.
Alors pourquoi si peu d’entreprises se sont-elles retirées du pays? La profitabilité des filiales russes pourrait être une raison. L’étude trouve en effet que ce sont avant tout les entreprises les moins rentables qui sont parties, celles dans des secteurs lucratifs tels que l’agriculture et l’extraction de ressources sont plus souvent restées.
Autre raison: certaines entreprises n’ont tout simplement pas trouvé d’acquéreur. Les cessions envisagées ont aussi pu être entravées par les autorités russes. Selon SRF, des multinationales helvétiques telles qu’ABB, Holcim et Lindt & Sprüngli sont en phase de retrait. Swatch et Geberit ont quant à elles indiqué ne pas avoir l’intention de quitter la Russie.
- «Pourquoi autant de firmes occidentales restent en Russie» (swissinfo.ch, Jessica Davis Plüss)
Les moins de 25 ans ont le blues. Un rapport montre comment de plus en plus de jeunes sont pessimistes quant à l’avenir.
Alors que 43% des 18-25 ans voyaient en 2021 le futur de façon positive, ils étaient en 2022 plus que 19%. 2787 personnes de plus de 18 ans en Suisse alémanique et romande ont été interrogées dans le cadre de ce troisième «Baromètre des générations», réalisé par la Maison bernoise des générations et l’institut de recherche Sotomo.
La discrimination dans le monde du travail, le manque de perspectives, et le sentiment d’être incompris expliquent ce pessimisme. Plus de la moitié des 18-25 interrogés estiment encore qu’un fossé générationnel existe en Suisse. Selon les jeunes, l’écart entre les riches et les pauvres serait la principale ligne de fracture.
Après l’échec des négociations sur l’accord-cadre institutionnel, la Suisse et l’UE tâtent le terrain afin de déterminer à quoi pourraient ressembler leurs futures relations, mais les incertitudes restent nombreuses. swissinfo.ch ouvre le débat et vous invite à y participer!
Quelles conséquences pour les quelque 450’000 Suisses qui travaillent, étudient ou profitent de leur retraite dans un pays de l’UE? Êtes-vous directement concerné? Avez-vous une opinion à ce sujet? Nous en débattrons le 10 février à Berne avec Astrid Epiney et René Schwok, deux des plus éminents spécialistes de la question européenne en Suisse romande.
Si vous souhaitez participer au débat filmé et poser une question à distance à l’un de nos deux invités, vous pouvez contacter notre animateur: samuel.jaberg@swissinfo.ch. L’émission sera diffusée sur notre site et nos différentes applications dans les jours qui suivent l’enregistrement.
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