Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
J’aimerais vous parler d’un orphelinat ukrainien. Dès les premiers jours de l’invasion russe il y a plus d’un an, cet orphelinat basé à Marioupol a décidé de chercher refuge en Suisse, avec ses 99 enfants. Le plus jeune avait quatre mois. Ma collègue Elena Servettaz leur a rendu visite en Valais.
Dans ma sélection, je vous emmène également à Regensdorf, à la rencontre de deux scrutatrices qui considèrent la démocratie directe comme un privilège. Et je vous parlerai d’un phénomène inquiétant: le taux élevé de suicide chez les vétérinaires.
Bonne lecture,
Durant les premiers jours de la guerre en Ukraine, Natalia Lashchevskaya a eu à prendre une décision radicale: quitter Marioupol au plus vite, et mettre à l’abri les 99 enfants qu’elle accueillait dans son orphelinat. Et c’est en Valais qu’ils ont trouvé refuge.
Quitter Marioupol a été la bonne décision. Trois jours après leur départ, la ville était encerclée par l’armée russe. Si les enfants n’étaient pas partis, ils auraient probablement été déportés en Russie.
En Suisse, les enfants ont été accueillis par le foyer de l’école missionnaire de Saint-Gingolph. Pour les mettre à l’abri, de nombreuses femmes se sont investies, dont la Suissesse Sophie de Meyer et l’Ukrainienne Olga Velgus.
L’histoire de ces enfants n’est évidemment pas rose. Olena, qui a huit ans, avait ainsi été placée dans l’orphelinat après la mort de sa mère. Sa grand-mère avait décidé de s’en occuper, mais elle s’intéressait davantage à l’héritage de l’enfant. Une fois le compte d’Olena vidé, la grand-mère l’avait rendue à l’institution.
«Au stress des pertes et des trahisons s’ajoute celui de la guerre et de l’évacuation», déplore Natalia Lashchevskaya.
- Lire l’article d’Elena Servettaz
- Consulter le sujetLien externe du Temps
- L’OSCE va enquêter sur les enlèvements d’enfantsLien externe, RTS
swissinfo.ch vous propose de partir à la découverte de deux scrutatrices dans le canton de Zurich. Au travers de ce reportage, vous découvrirez le rôle important que ces personnes exercent dans la démocratie directe.
Anita Casanova et Rosemarie Steinmann font office de scrutatrices à Regensdorf. Pour elles, le comptage des voix est un devoir civique, même sans rémunération.
Et elles apprécient ce travail: «Au bureau de vote, on peut bavarder avec les gens, ce sont toujours de très belles rencontres», disent-elles.
Alors qu’elles considèrent la démocratie directe en Suisse comme un privilège, les deux femmes regrettent la faible participation aux votations.
Prolongeant le débat, elles déplorent que les gens ne s’engagent plus en faveur de la société. «Plus personne ne veut s’investir dans des associations ou faire du bénévolat.» Il y a près de 90 associations à Regensdorf. Presque toutes sont confrontées à des problèmes de relève.
- Lire l’article de ma collègue Natalia Widla
- Scrutateur, il avoue avoir pleuré en dépouillant les résultatsLien externe, rfj
Dans le procès pour viol et contrainte sexuelle incriminant l’islamologue Tariq Ramadan, le procureur suisse Adrian Holloway requiert trois ans de prison contre l’intellectuel, dont 18 mois ferme. Il croit aux déclarations de la plaignante, la Genevoise que les médias ont surnommé «Brigitte».
Tariq Ramadan a beau avoir le verbe facile et les arguments solides, mais le procureur Adrian Holloway ne s’est pas laissé impressionner. Pour lui, la plaignante, qui ne dispose pas de l’art oratoire de l’accusé, a affiché plus de sincérité et d’authenticité.
Mardi soir, celui qu’on n’avait pratiquement pas entendu durant les deux premiers jours du procès au tribunal correctionnel de Genève, s’est levé pour réclamer trois ans de prison, dont 18 mois ferme à l’encontre de l’islamologue.
Ce mercredi, la parole était donnée aux avocats des deux parties. Ceux de la plaignante n’y ont pas été de main morte. Pour Robert Assaël, «Monsieur Ramadan est le violeur décrit dans l’acte d’accusation.»
Selon l’avocat François Zimeray, «il y a des violeurs dont la satisfaction des instincts passe par la souffrance des victimes, et c’est le cas de Tariq Ramadan» Il parle de torture et de barbarie. «Brigitte», rappelons-le, dit avoir eu peur de mourir sous la brutalité des viols subis en 2008. Le verdict est attendu le 24 mai. Tariq Ramadan est également menacé de faits similaires en France.
- Lire l’articleLien externe de la RTS
- Consulter le sujetLien externe du Monde
- La plaignante tient bonLien externe, Le Temps (abonnées)
- L’ire l’articleLien externe du matin.ch
Une étude française dévoile un fait que nous étions peu à soupçonner: les vétérinaires ont trois à quatre fois plus de risques de se suicider que la population générale. En Suisse comme ailleurs.
Journées interminables, urgences et gardes: les vétérinaires ne comptent pas leurs heures, près de 50 par semaine. Le burn-out guette, mais le suicide également. Leur mal-être est connu au sein de la profession.
Les propriétaires d’animaux ont aussi leur part de responsabilité. Comme le soulève la RTS, le statut de l’animal a changé dans la société et les exigences des clients sont aujourd’hui élevées.
Chirurgien vétérinaire à Genève, Luc Borer raconte le cas d’un client qui, à la fin d’une consultation, lui a lancé: «C’est comme mon enfant, s’il lui arrive quelque chose, je vous tue.»
Le fait d’avoir à disposition du matériel pharmaceutique – des produits létaux potentiels – n’arrange rien. C’est un facteur qui malheureusement facilite le passage à l’acte. Consciente du problème, l’association des Vétérinaires Suisses a ouvert une ligne gratuite en février pour permettre aux vétérinaires, aux aides-vétérinaires et à leur entourage de trouver de l’aide.
- Lire l’articleLien externe de la RTS
- Consulter la ligneLien externe des Vétérinaires suisses
- Voir les conclusions d’une étude américaineLien externe, RTS
Dans sa séance hebdomadaire, le Conseil fédéral a décidé d’inscrire l’argent liquide dans la Constitution. Cela paraît un peu loufoque, certes. Mais il s’agit d’un contre-projet au Mouvement de liberté suisse, qui veut empêcher la suppression de l’argent cash dans le pays.
Le Mouvement de liberté suisse craint que l’argent liquide disparaisse en raison de la généralisation des transactions électroniques. L’association y voit un risque de surveillance accrue. Elle rappelle que le cash apporte plus de liberté car il peut être utilisé facilement partout et à tout moment.
Le gouvernement suisse admet ces craintes. Mais il estime que les propositions des initiants ne sont pas suffisamment précises. Aussi propose-t-il de soumettre un texte plus élaboré.
Dans le même temps ce mercredi, le Conseil fédéral a décidé d’appliquer le règlement adopté au niveau de l’espace Schengen pour les ressortissants du Kosovo. Ainsi, ces derniers n’auront plus besoin de visas pour un séjour ne dépassant pas 90 jours.
- Consulter l’articleLien externe de 20minutes.ch
- Lire l’articleLien externe de Blick
- Non à l’initiative sur la responsabilité environnementaleLien externe, TdG (abonnés)
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