Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
Le renseignement suisse – assez modeste – n’est probablement pas celui qui captive le plus l’imaginaire du public et ne fera vraisemblablement pas l’objet du prochain «blockbuster» d’espionnage américain.
Mais quand même: qui sont ces personnes qu’il emploie? Que font-elles de leurs journées? Quels risques identifient-elles en Suisse? Éléments de réponse dans cette sélection du jour.
Bonne lecture,
Mais de quoi le quotidien d’un-e espion-ne de la Confédération est-il fait? Pour la première fois, le Service de renseignement (SRC) lève un coin de voile sur ses activités.
Et plus précisément, sur celles de sa cellule de contre-terrorisme, que la RTS a pu suivre pour une journée de travail dans ses bureaux à Berne. Ceux-ci se trouvent dans un imposant bloc de béton en forme de croix suisse, que ses occupants et occupantes surnomment «le Pentagone».
Mais les révélations sont maigres, secret oblige. Tout au plus apprend-on que le service se sert des réseaux sociaux pour identifier les personnes potentiellement radicalisées et les invite généralement pour un entretien préventif. Des sources infiltrées sur le terrain sont aussi utilisées.
La principale crainte du renseignement suisse, c’est ce qu’il appelle la «menace endogène». Soit «un individu qui se radicalise, très souvent seul derrière son écran, et qui pourrait perpétrer une attaque violente avec des moyens simples», explique une analyste.
En 2022, le SRC a ordonné 95 surveillances et près de 14’000 demandes de renseignements. Ce dernier chiffre a doublé par rapport à l’année précédente. Le renseignement suisse emploie quelque 450 personnes – c’est peu en comparaison internationale.
- Voir le reportageLien externe de la RTS
Espionnage toujours, le Service de renseignement de la Confédération publie lundi son rapport annuel sur le risque d’espionnage en Suisse.
«Après une année en poste, il n’y a pas un seul domaine du SRC qui a connu un développement positif», a déclaré Christian Dussey, chef du renseignement helvétique depuis avril 2022.
Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, le risque d’espionnage s’est accentué. La Suisse, qui accueille de nombreuses organisations internationales, comme l’ONU à Genève, est, à l’échelle européenne, un véritable nid d’espions russes sous couverture diplomatique.
Autre inquiétude: la montée en puissance de l’espionnage chinois. Selon le rapport, la Suisse compterait sur son sol des dizaines d’espions au service de Pékin. Ceux-ci et celles-ci opéreraient le plus souvent sous couverture non diplomatique: généralement comme scientifiques, journalistes ou encore hommes et femmes d’affaires.
- Lire l’articleLien externe de la RTS
- Lire le rapportLien externe du SRC
- Lire notre article historique sur Berne des années 1960, plaque tournante des espions chinois
La pénurie de main-d’œuvre qualifiée, qui affecte de nombreuses entreprises suisses dans presque tous les secteurs, devrait encore s’aggraver.
431’000 travailleurs et travailleuses devraient ainsi manquer d’ici à 2040, a averti lundi l’organisation patronale Économiesuisse. Au cœur des préoccupations: l’évolution démographique du pays avec de nombreux départs à la retraite qui ne seront pas compensés par l’arrivée de jeunes sur le marché du travail.
L’immigration ne devrait pas, à elle seule, pouvoir combler le déficit croissant sur le marché du travail, indique Économiesuisse, qui préconise un renforcement de la recherche et de l’innovation. Le potentiel de la main-d’œuvre indigène doit aussi être mieux exploité, notamment à l’aide d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie de famille, note l’organisation.
- Lire la dépêche de Keystone-ATS
- Lire notre grand format sur l’immigration et le manque de main-d’œuvre en Suisse
Et pour finir: le bénévolat, qui était à l’honneur samedi du troisième Congrès des jeunes Suisses de l’étranger. Ma collègue Émilie Ridard était de la partie.
C’est en ligne qu’une trentaine de jeunes Suisses issus des quatre coins du monde étaient réunis pour discuter des aspects bénéfiques du bénévolat, tant sur le plan personnel que professionnel.
Altruisme et prise de responsabilités font partie des compétences que l’on acquiert en faisant du bénévolat, selon un sondage conduit auprès des 30’000 scouts qui s’étaient réunis en 2022 pour un immense camp en Valais. «Leur bien-être a augmenté de manière significative et les émotions plus négatives sont restées stables», a ajouté l’ancienne présidente du Mouvement scout de Suisse.
Autre thème abordé: le vieillissement des membres des clubs suisses à l’étranger. «Les clubs ont besoin de vous pour se renouveler. Mais soyez aussi conscients du fait que les personnes plus âgées que vous y croiserez peuvent vous apporter leur expérience», a souligné auprès des jeunes le président de l’Organisation des Suisses de l’étranger.
- Lire l’article d’Émilie Ridard
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