Aujourd’hui en Suisse
Suisses du monde, bonjour,
Une fois n’est pas coutume, UBS était au cœur de l’actualité ce jeudi. Cinq mois après le rachat forcé de Credit Suisse pour lui éviter la faillite, le géant bancaire a levé le voile sur la manière dont il compte intégrer son ancienne rivale. Toutes les activités de l’ex-numéro deux bancaire helvétique seront progressivement regroupées sous la bannière UBS. Nous examinerons les annonces du jour et leurs conséquences dans cette lettre d’information.
Bonne lecture,
L’intégration de Credit Suisse par UBS va se solder par la suppression de milliers d’emplois en Suisse. Le directeur général d’UBS Sergio Ermotti l’a indiqué dans une note adressée au personnel jeudi.
Le numéro un bancaire helvétique était particulièrement attendu sur l’ampleur des coupes dans les effectifs. Le chiffre a finalement été dévoilé aujourd’hui: 3000 postes vont être supprimés en Suisse, 35’000 au total dans le monde. Les partenaires sociaux estiment que les personnes touchées vont bénéficier d’un «bon plan social». «Cela n’atténue en rien les destins individuels», a toutefois réagi dans un communiqué l’Association des employés de banque.
Le personnel de la banque doit accuser le coup. «Nous rions pour ne pas avoir à pleurer», confie une collaboratrice au journal Blick. Elle décrit une ambiance empreinte de nostalgie au sein de son équipe. Cette dernière critique également la communication. Les informations n’ont été transmises que jeudi matin à 10h00 par e-mail. «C’est comme ça que ça marche ici: d’abord les médias, ensuite les employés», dit-elle.
UBS annonce aussi l’assimilation intégrale dès l’an prochain des activités de Credit Suisse, son ancienne rivale. La marque Credit Suisse, elle, va disparaître d’ici deux ans. Au total, le groupe bancaire vise des réductions de coûts brutes d’environ 8,8 milliards de francs.
- Le sujetLien externe de RTS
- Les employés de Credit Suisse ont été informés très tardivement par mail – l’articleLien externe de Blick
- L’interviewLien externe de Sergio Ermotti dans Le Temps
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«L’État devra probablement stabiliser aussi cette nouvelle banque», estime Tobias Straumann, historien de l’économie. Dans une interview que nous publions ce jeudi, ce dernier revient sur le naufrage de Credit Suisse, après 167 ans d’existence, et sa reprise par UBS.
«Je pense que l’intervention de l’État dans les affaires des grandes banques n’est plus un tabou», analyse Tobias Straumann. Compte tenu de «la vulnérabilité du système bancaire, hypermondialisé et hyperlibéralisé», l’historien de l’économie estime que les États sont désormais obligés d’intervenir. Sans cela, les grandes crises financières mondiales s’enchaîneraient.
Aux yeux de Tobias Straumann, le management et le conseil d’administration de Credit Suisse sont clairement responsables de la chute de la banque. Il estime toutefois que les autorités doivent également s’expliquer. «Depuis octobre 2022, on savait que la banque était en difficulté. Or, il a fallu attendre mars pour qu’un plan de sauvetage voie le jour», déplore-t-il.
Pour éviter un nouveau sauvetage d’UBS, l’historien de l’économie estime qu’introduire des règles plus strictes n’y changera rien. «Les États ne peuvent ni prédire, ni empêcher une crise financière, seulement l’endiguer à temps pour éviter des conséquences catastrophiques», affirme Tobias Straumann.
- Lire l’interview de Tobias Straumann
- Notre débat filmé sur le sauvetage de Credit Suisse
- Le récit détaillé de l’opération de sauvetage par Financial Times
Les débats autour de l’augmentation des primes d’assurance maladie font rage en Suisse. Les partis ont presque tous leur recette à proposer pour réformer le système de santé helvétique.
La dernière proposition en date émane de l’Union démocratique du centre (UDC /droite conservatrice). La conseillère d’État zurichoise Nathalie Rickli suggère de supprimer l’obligation de s’assurer. Une proposition-choc qui remet en cause l’un des principes de base de la loi sur l’assurance maladie.
À gauche, le Parti socialiste a ressorti son projet de caisse maladie publique. Un projet déjà rejeté à deux reprises par le peuple. Le parti a également lancé une initiative qui demande qu’aucun assuré ne doive payer plus de 10% de son revenu disponible pour les primes d’assurance maladie.
Le Parti libéral radical (PLR/ droite) souhaite une assurance maladie obligatoire «low cost». L’idée est de remplacer l’actuel système à prime fixe, donnant droit aux personnes assurées «de tout consommer», par un menu «à la carte». Cela leur donnerait la possibilité d’opter pour moins de prestations.
Enfin, il y a l’initiative populaire du Centre pour un frein aux coûts. Cette dernière exige que le Conseil fédéral, l’Assemblée fédérale et les cantons interviennent lorsque les coûts de la santé augmentent trop fortement par rapport à l’évolution des salaires.
- Lire l’article
- Notre article sur les coûts des soins dentaires
- L’articleLien externe de 24heures sur l’idée de supprimer l’assurance maladie (payant)
Savez-vous ce que signifie «Chlefäli»? Si tel n’est pas le cas, vous ne pourrez peut-être pas devenir Suisse. Du moins, pas si vous avez fait votre demande de naturalisation dans la commune d’Oberiberg, dans canton de Schwytz.
En Suisse, les procédures de naturalisation ne sont pas réglées au niveau national. Elles diffèrent selon les cantons, et chaque commune peut concocter à sa sauce une liste de questions posées aux personnes candidates à la naturalisation. Et certaines font polémique.
Les 380 questions au programme de l’examen soumis aux candidates et candidats par les commissions de naturalisation des communes schwytzoises interrogent. On y trouve notamment: «En Suisse, il n’y a pas de roi, sauf pour un sport typiquement suisse. Lequel?» La commune d’Oberiberg exige aussi de connaître la Guggenmusik locale ou les noms les plus fréquents de la région.
D’un point de vue juridique, de telles questions peuvent cependant poser problème. Le Tribunal fédéral avait blâmé la commune d’Arth pour avoir refusé la naturalisation à un candidat qui ne savait pas, entre autres, que les loups et les ours du parc animalier de Goldau ne vivaient pas dans le même enclos.
- Lire l’articleLien externe de Blick
- Une initiative veut harmoniser les procédures de naturalisation – swissinfo.ch
- Pas de passeport suisse pour une végane militante – swissinfo.ch
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