Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
La nouvelle était attendue après la conclusion le mois dernier de discussions techniques entre Berne et Bruxelles, le Conseil fédéral dévoile vendredi ses lignes directrices sur de prochaines négociations entre la Suisse et l’Union européenne.
Je vous parle aussi de la rocade surprise de jeudi au Conseil fédéral, d’une Chambre haute du Parlement peu encline à protéger la liberté des médias, et d’un exemple réussi d’aide au développement suisse.
Bonne lecture,
Le dossier Suisse-Union européenne (UE) entre dans une nouvelle phase. Le Conseil fédéral a approuvé vendredi un projet de mandat de négociation avec l’UE.
Il contient les lignes directrices des négociations, qui commenceront après consultation du Parlement et des cantons. Après la rupture unilatérale des négociations sur l’accord-cadre en 2021, le Conseil fédéral entend stabiliser et développer la voie bilatérale.
Le gouvernement veut privilégier une approche globale basée sur un paquet d’accords de coopération et d’accès au marché. Il doit lui offrir plus de flexibilité pour soutenir les intérêts de la Suisse. Le but est d’assurer l’actualisation des accords existants, mais aussi de conclure de nouveaux accords sectoriels (électricité et sécurité alimentaire).
Le paquet prévoit aussi un accord sur la coopération en matière de santé et la participation aux programmes de l’UE, notamment Horizon Europe, pour la recherche. Interrogé par Le Temps avant l’annonce du gouvernement, l’ambassadeur de l’UE en Suisse, Petros Mavromichalis, a déclaré que «cette fois-ci, les risques d’un échec sont moindres».
- Consulter le sujetLien externe de la RTS
- Lire l’articleLien externe du Temps (abonnement)
- Dossier européen: voir le dernier épisode de notre émission de débat «Let’s talk»
Rocade surprise au Conseil fédéral. La socialiste Elisabeth Baume-Schneider change de département pour reprendre celui de l’Intérieur (DFI), laissé vacant par le départ d’Alain Berset.
Fraîchement élu mercredi, le conseiller fédéral Beat Jans prend dont la tête du Département fédéral de justice et police (DFJP). Il hérite notamment de l’épineux dossier de l’asile. Les cinq autres ministres restent à leur place.
Un changement de dicastère après douze mois seulement: c’est du jamais vu, selon les correspondants politiques de la RTS et du Temps. Et si la présidence du groupe parlementaire socialiste se dit satisfaite de cette rocade, ce n’est pas le cas de celles du groupe UDC ou du PLR qui se montrent critiques envers la nouvelle cheffe du DFI.
En charge notamment, de la santé, des assurances sociales et de la culture, la Jurassienne se penchera sur plusieurs votations importantes l’an prochain. Au menu, entre autres, une initiative du PS pour une 13e rente AVS et une autre des Jeunes PLR pour la retraite à 66 ans.
Troisième responsable du DFJP en trois ans, le Bâlois devra aussi trouver ses marques. La politique de sa prédécesseuse avait été critiquée par la droite, qui souhaite notamment un rétropédalage concernant une nouvelle réglementation permettant aux Afghanes d’obtenir plus facilement l’asile en Suisse.
- Lire le sujetLien externe de la RTS
- Le même sujetLien externe par le Temps (abonnement)
- Lire notre analyse de l’élection au Conseil fédéral
- Lire notre portrait de Beat Jans
Le droit suisse reste du côté des banques et non de celui des médias. Le Conseil des États a rejeté une motion visant à changer ce constat.
L’an dernier, les «Suisse Secrets» – des révélations sur la sombre identité de détenteurs de compte à Credit Suisse au fil des ans sur lesquelles ont travaillé une centaine de journalistes étrangers – rappelaient au monde qu’enquêter sur des fuites de données bancaires est un exercice à haut risque pour la presse helvétique.
Car la loi sur les banques prévoit une peine de 3 ans de prison à celui ou celle qui «révèle» ou «exploite» une information couverte par le secret bancaire «au profit d’un tiers». Une motion approuvée par le Conseil fédéral et le Conseil national visait à clarifier le droit pour qu’il ne puisse plus servir à criminaliser la presse. C’est ce qu’a refusé la Chambre haute du Parlement.
«Je ne peux pas m’expliquer ce vote qui donne une image catastrophique de la Suisse, en privilégiant la menace qui pèse sur les journalistes aux affaires sales de la place financière», déclare au Temps le député socialiste coauteur de la motion. La Suisse a récemment glissé à la 14e place du classement mondial de la liberté de la presse alors que la rapporteuse de l’ONU a dénoncé ce musellement des médias.
Mais la Commission de l’économie et des redevances (CER) souhaite aller plus loin. Elle entend déposer la semaine prochaine un postulat demandant au Conseil fédéral d’évaluer l’opportunité de punir l’usage par les médias d’autres types de secrets provenant de fuites. Ce genre de révélations relève pourtant souvent d’un intérêt public.
- Lire l’articleLien externe du Temps (abonnement)
- La liberté de la presse aux prises avec la loi suisse sur le secret bancaire (swissinfo, 2022)
Exporter le savoir-faire d’ingénieurs suisses pour construire des ponts qui permettent d’accélérer le développement de zones reculées: c’est le pari réussi d’une ONG suisse.
Le Népal compte aujourd’hui 10’000 ponts, et c’est en partie grâce à Helvetas, qui, dès 1960, se lance dans la construction de ces ouvrages. Car selon l’ONG suisse, ceux-ci permettent un renforcement de l’éducation, avec davantage d’enfants à même d’aller à l’école (16% en plus par pont), et une amélioration du niveau de santé, la population ayant plus facilement accès aux soins (26% de consultations en plus par pont).
«Au départ, les spécialistes suisses ont formé les travailleurs et travailleuses népalais, explique Remo Gesù de Helvetas. Aujourd’hui, ce sont les gens de l’ingénierie du Népal qui sont les spécialistes.» C’est le cas de Padam Gurung, un Népalais, qui, presque 30 ans après avoir participé au programme de l’ONG, exporte aujourd’hui son savoir-faire en Éthiopie, après avoir passé par le Burundi et le Cameroun. Dans le jargon de l’aide au développement, on parle d’exemple de coopération Sud-Sud.
Jusqu’à Noël, nous vous proposons quotidiennement de découvrir un film documentaire issu de notre «sélection de films suisses». Celle-ci peut être retrouvée en tout temps sur la plateforme Play Suisse.
En ce vendredi, notre sélection se porte sur un épisode de la série RTS «Le miracle suisse», qui nous plonge dans les archives de la télévision suisse romande. Il s’intéresse à la question suivante: comment le peuple suisse, réputé sérieux et austère, a-t-il pu produire autant d’humoristes?
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative