Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
Dernier condensé d’actualité avant ce premier long week-end de fêtes. Avec notamment au programme: la nomination du prochain directeur du Comité international de la Croix-Rouge et le compromis trouvé par le Parlement sur l’épineuse question du financement suisse de l’UNRWA.
Je vous retrouve mercredi. Et d’ici là, je vous souhaite d’excellentes fêtes!
Bonne lecture,
Après avoir présenté sa nouvelle stratégie mardi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dévoile le nom de son prochain directeur. Il s’agit de Pierre Krähenbühl, un acteur bien connu du secteur humanitaire.
Ancien chef de l’UNRWA aux 25 ans de CICR, le Genevois prendra ses fonctions le premier avril. Il aura la lourde tâche de mettre en œuvre la nouvelle stratégie de l’organisation, qui a traversé cette année une crise de liquidité l’ayant contrainte de réduire son budget de 2,8 à 2,1 milliards de francs. 4000 postes ont dû être supprimés.
«Pierre Krähenbühl est un élément stabilisateur manifeste», écrit Le Temps dans un éditorial. «Récemment, il avait été nommé secrétaire général de l’Assemblée du CICR avec un rôle majeur: il a été l’un des architectes clés de la nouvelle stratégie de l’organisation.» Le CICR a annoncé mardi son intention de se recentrer sur ses activités traditionnelles, soit la protection des civils et la défense du droit international humanitaire.
En plus des difficultés financières, le CICR a fait l’objet de nombreuses critiques ces deux dernières années. Sa neutralité et son impartialité ont été perçues comme un affront ou un signe de faiblesse, notamment par les gouvernements ukrainien et israélien, fâchés de voir l’organisation dans l’impossibilité de rendre visite à tous les otages et détenus.
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Le Parlement, qui terminait vendredi sa session d’hiver, a finalement refusé de couper le budget de l’UNRWA, l’Agence onusienne pour les réfugiés palestiniens. Il a trouvé un compromis, qui comprend une réduction de 10 millions de francs pour l’aide générale.
Pour rappel, le Conseil des États, mené par la droite, avait cherché à supprimer la contribution de 20 millions de francs de la Confédération à l’UNRWA. Une décision prise à l’initiative d’un élu accusant l’organisation d’être trop proche du Hamas. Le Conseil national avait refusé cette mesure. Le ping-pong entre les deux Chambres avait nécessité la mise sur pied d’une conférence de conciliation.
L’organisation, dirigée par le Suisse Philippe Lazzarini, estla plus importante agence humanitaire onusienne à Gaza. «Soulagé de la décision du Parlement de maintenir sa contribution à l’UNRWA. Notre mission humanitaire et de développement s’adresse aux civils les plus vulnérables, en lien avec les valeurs suisses», a réagi vendredi sur X le responsable. Il s’est dit prêt à «renforcer la collaboration pour plus de transparence et d’efficacité».
Selon le compromis trouvé, l’UNRWA sera davantage surveillée. Le Conseil fédéral devra verser la contribution annuelle par tranches en s’assurant que seules les populations civiles en bénéficient. Il devra consulter les commissions parlementaires de politique extérieure avant chaque versement. Concernant la coupe de 10 millions de francs, le ministère des Affaires étrangères devra choisir où l’opérer.
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Surprise à Berne. Pour sa dernière séance de l’année, vendredi, le Conseil fédéral a décidé de fixer au 1er janvier l’entrée en vigueur de l’imposition minimale des multinationales.
Porté par le G20 et l’OCDE et soutenu par le peuple suisse lors d’une votation, le projet – qui vise à imposer à 15% minimum les multinationales dont le chiffre d’affaires dépasse les 750 millions d’euros – doit permettre une équité au niveau mondial en supprimant les paradis fiscaux. Plus de 130 États s’y sont engagés.
Mais une commission du Conseil des États et une faîtière patronalerecommandaient de repousser son entrée en vigueur. Notamment, car les États-Unis, la Chine ou encore l’Inde n’ont pas encore décidé d’une échéance, ce qui les fait craindre pour l’attractivité de la Suisse sur le plan fiscal.
Les possibles différences devraient à terme se résorber, estime dans la Tribune de Genève un expert de l’Université de Lausanne, pour qui la Confédération doit surtout «œuvrer en faveur de solutions privilégiant la sécurité juridique et la praticabilité du système pour les entreprises». Au Parlement, des élus de gauche et de droite saluent la décision du gouvernement.
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L’approche des fêtes est l’occasion pour les agences humanitaires de l’ONU d’appeler aux dons en présentant leur traditionnelle estimation des besoins pour l’année suivante. En 2024, ceux-ci sont estimés à 46 milliards de dollars.
Une somme énorme en comparaison des 5 milliards de 2005. La faute au changement climatique et à la multiplication des guerres. Mais le problème est que le financement de l’aide ne suit pas l’évolution des besoins. Au 22 décembre, seuls 38% des 57 milliards dont l’ONU avait besoin en 2023 ont été couverts.
Et si les crises en Ukraine ou au Proche-Orient sont relativement bien financées, ce n’est pas le cas de nombreuses autres crises dites «oubliées». Parmi elles: l’Afghanistan, la République démocratique du Congo, ou encore le Myanmar. Dans ces contextes, les humanitaires sont forcés de venir en aide uniquement aux plus vulnérables des vulnérables.
Mais quel genre de choix doivent-ils faire? Dans quelles conditions travaillent-ils? Le système humanitaire onusien est-il à bout de souffle? C’est ce que j’ai cherché à comprendre dans l’article que je vous propose de lire ci-dessous.
Jusqu’à Noël, nous vous proposons quotidiennement de découvrir un film documentaire issu de notre «sélection de films suisses». Celle-ci peut être retrouvée en tout temps sur la plateforme Play Suisse.
En ce vendredi, notre sélection se porte sur «2nd Life», un documentaire de la RTS. C’est l’histoire d’une famille genevoise avec 4 enfants qui a tout plaqué pour ouvrir une pâtisserie à Tokyo; sans être du métier, ni parler japonais. Le tout raconté par une adolescente.
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