Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
Le rythme de l’actualité suisse est au ralenti en cette dernière semaine de l’année. La météo inégale et historique de ces derniers jours occupe une partie de la presse, de même que les licenciements record du secteur bancaire.
Nos traditionnelles perspectives économiques pour l’an prochain, ainsi qu’une visite en photo d’un Palais des Nations vide faute d’argent complètent cette sélection.
Bonne lecture,
Au sortir de ce premier week-end de Fêtes, plusieurs médias romands s’attardent sur la météo, qui s’est montrée particulièrement inégale ces derniers jours.
Le 23 décembre, le thermomètre a ainsi affiché 22,3 degrés à Locarno, au Tessin. Un record pour cette ville à cette période. Par ailleurs, pratiquement toutes les stations au sud des Alpes ont enregistré à Noël des records de chaleur, de même que les villes de Berne et de Payerne.
Mais à d’autres endroits au même moment, c’est la neige qui est tombée en quantités exceptionnelles. Au Weissfluhjoch, près de Davos dans les Grisons, on comptait 182 centimètres de neige, un record. En Valais, au-dessus de Loèche-les-Bains, le manteau blanc mesurait même 254 centimètres.
Depuis une semaine, le Palais des Nations, siège européen des Nations unies à Genève, qui d’habitude fourmille de fonctionnaires et de diplomates, est figé dans le froid et l’obscurité. Confrontée à une grave crise de financement, l’ONU a dû le fermer temporairement.
Les images du photographe Mark Henley valent le coup d’œil. Des employés onusiens qui discutent en doudoune dans une salle de conférence, des diplomates esseulés dans l’ombre, de longs couloirs vides: les clichés rappellent ceux pris lors de la pandémie de Covid-19.
Mais quelle est la cause de ce manque d’argent? Ma collègue Akiko Uehara l’explique: d’une part, une explosion des coûts de l’électricité depuis 2021. Et d’autre part, des retards dans les paiements des contributions des États membres.
Mi-décembre, une cinquantaine des 193 pays membres de l’organisation n’avaient toujours pas réglé leur facture annuelle, confirme l’ONU. Parmi eux, le premier donateur, les États-Unis. Et si la fermeture du bureau genevois, jusqu’au 8 janvier, ne devrait pas poser de problèmes majeurs, le manque de liquidités pourrait forcer l’organisation à interrompre certains de ses programmes, ou à retarder des paiements, notamment des salaires.
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C’est une tradition en fin d’année, mes collègues journalistes économiques sortent leur boule de cristal et vous proposent un panorama de ce qui attend l’économie suisse en 2024.
Première prévision: l’économie, dans son ensemble, devrait connaître un faible taux de croissance. De 1,1%, contre 1,3% en 2023, selon la Confédération. Mais certaines industries, dont celle du tourisme, s’attendent toutefois à ce que les prochains mois soient excellents.
Ce n’est pas le cas de la branche des machines. Sa faîtière Swissmem parle de récession, alors que le carnet de commandes du secteur s’est aminci en 2023. L’industrie, qui exporte 80% de sa production, s’inquiète des mauvaises perspectives chez ses principaux acheteurs aux États-Unis, en Chine et en Allemagne.
Les multinationales basées en Suisse seront aussi chahutées. Conformément à un accord mondial sur l’imposition minimale des sociétés, la Suisse imposera dès le premier janvier les grandes multinationales à 15%. Mais de nombreux pays, dont les États-Unis, la Chine, le Brésil et l’Inde, ne suivront pas dans l’immédiat. À voir si cela provoquera des départs.
En 2023, les principales banques du monde ont licencié quelque 60’000 personnes, révèle le Financial Times. Suite à son rachat de Credit Suisse, UBS prend la tête du classement avec 13’000 postes biffés.
L’année qui s’achève a été pour la branche l’une des pires depuis la crise financière de 2008. Au-delà du rachat exceptionnel de la deuxième banque suisse, les banques d’investissement, actives dans le domaine des fusions et acquisitions, ont vécu une année particulièrement morose, notamment aux États-Unis.
Selon des experts, l’année 2024 s’annonce difficile aussi. Après la pandémie de coronavirus, les établissements financiers ont cherché à engager, pensant que «l’activité repartirait beaucoup plus vite que cela n’a été le cas», explique à la RTS un économiste. Selon lui, les banques rectifient désormais le tir en licenciant du personnel.
- Le sujetLien externe de la RTS
- Lire l’articleLien externe du Financial Times (anglais)
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