Aujourd’hui en Suisse
Suisses du monde, bonjour,
Ce week-end, j’ai suivi les débats du Conseil des Suisses de l’étranger au Palais fédéral. Dans la salle des Pas perdus, où déambulent habituellement députés et sénateurs, résonnaient de nombreuses conversations en anglais ou en espagnol— et bien sûr dans nos langues nationales. Une diversité linguistique qui reflète celle des Suisses établis aux quatre coins du monde.
Bonne lecture,
Quelque 120 représentantes et représentants de la diaspora étaient à Berne vendredi et samedi. Des délégués venus pour participer au premier Conseil des Suisses de l’étranger de la législature, dans le cadre des SwissCommunity Days.
Ce premier Conseil de la législature a marqué un tournant: pour la première fois, des élections directes à grande échelle ont été organisées dans plusieurs pays. Le Parlement de la Cinquième Suisse avait pour tâche de confirmer les personnes élues dans leur fonction. Résultat: plus de la moitié des 140 sièges ont changé de titulaires, avec une représentation accrue de femmes et de jeunes.
Mais tout ne s’est pas déroulé sans heurts. L’élection des 20 membres de l’intérieur a suscité des tensions. Le comité de l’Organisation des Suisses de l’étranger avait proposé ces candidatures, comme le prévoient les statuts. Ce mode de désignation, combiné à l’absence de certains membres durant la dernière législature, a provoqué des échanges animés. Une adaptation du règlement est désormais envisagée.
Le Conseil des Suisses de l’étranger a également adopté une résolution en faveur de l’identité électronique (e-ID), soumise au vote du peuple le 28 septembre. Selon les délégués, elle permettrait aux expatriés d’accéder plus facilement aux services administratifs et favoriserait le développement du vote électronique.
Enfin, dans une interview accordée à Swissinfo, le nouveau directeur de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE), Lukas Weber, a souligné que les finances de l’organisation sont une préoccupation majeure. «Nous devons nous attendre dans le futur à une réduction du soutien de la Confédération, qui représente 83% de notre budget», a-t-il déclaré.
Nouvelle escalade dans le conflit douanier avec les États-Unis. La Poste suisse a décidé ce lundi de suspendre à son tour la livraison des colis à destination des États-Unis, emboîtant le pas aux autres postes européennes.
Le gouvernement américain a décidé de supprimer, à partir du 29 août, la franchise de 800 dollars américains pour l’importation de marchandises, a annoncé lundi La Poste. Sans cette franchise, chaque envoi de marchandises – peu importe sa taille et sa valeur – doit être déclaré et dédouané à la douane américaine.
La mesure devait initialement viser uniquement les expéditions en provenance de Chine et de Hong-Kong. L’objectif était de contrer les envois massifs des géants du commerce en ligne Temu et Shein. Mais la Maison-Blanche a décidé de généraliser cette mesure. Cela signifie que les colis européens devraient être taxés à hauteur de 15%. Pour ce qui est de la Suisse, ce serait 39%.
La Poste, comme beaucoup d’entreprises postales du monde – et notamment les services allemands, espagnols, autrichiens et belges –, se voit ainsi contrainte de refuser les envois de marchandises pour les États-Unis à partir de mardi. Elle dit avoir pris cette décision en étroite collaboration avec les autorités suisses. Les lettres, documents et envois express ne sont toutefois pas touchés.
Après la version suisse, la presse dominicale a rapporté hier la version américaine du fameux appel téléphonique entre Karin Keller-Sutter et Donald Trump. Le président américain aurait avant tout décidé d’imposer des droits de douane de 39% à la Suisse, car la présidente de la Confédération l’aurait énervé.
Après la version suisse, la presse dominicale a rapporté hier la version américaine du fameux appel téléphonique entre Karin Keller-Sutter et Donald Trump. Le président américain aurait avant tout décidé d’imposer des droits de douane de 39% à la Suisse, car la présidente de la Confédération l’aurait énervé.
Karin Keller-Sutter aurait «humilié» son homologue américain le 31 juillet au téléphone, selon des sources américaines citées par le journal alémanique SonntagsBlick. La présidente de la Confédération aurait sermonné Donald Trump en lui donnant un cours d’économie politique d’une demi-heure. «Ce n’est plus un problème de pays, mais de personnalité», aurait dit le républicain.
À la suite de ces révélations, même des parlementaires de droite se demandent s’il est encore judicieux de laisser Karin Keller-Sutter parler à nouveau avec Donald Trump. Du côté de l’Union démocratique du centre (UDC), certaines voix réclament que ce soit le ministre de l’Économie UDC Guy Parmelin qui négocie avec le président américain.
La Confédération ne voit pas les choses de cette manière: le Département fédéral des Finances affirme que Karin Keller-Sutter n’est pas devenue persona non grata à Washington et souligne que les négociations se poursuivent. Pour les milieux diplomatiques suisses, il pourrait s’agir d’une tactique de négociation de la part des États-Unis.
Des sources suisses s’étaient également exprimées dans la presse dominicale début août. Selon celles-ci, Donald Trump se serait senti offensé par le fait que Karin Keller-Sutter n’ait rien proposé pour modifier le déficit commercial de la Suisse. Il n’y aurait toutefois pas eu de dispute.
Les rues de Lausanne ont été, dimanche soir, le théâtre de scènes de chaos rarement observées en Suisse. Des émeutes ont éclaté entre des jeunes et la police, après la mort d’un scootériste mineur, poursuivi par la police.
Un rassemblement d’une centaine de jeunes a dégénéré à Lausanne. Ces derniers ont incendié des poubelles et un bus des transports publics, ont lancé des engins pyrotechniques en direction des forces de l’ordre et tagué «La police tue». Ils s’étaient rassemblés à l’annonce du décès du mineur.
Dimanche vers 4h du matin, un jeune lausannois de 17 ans a perdu la vie dans un accident de scooter après avoir heurté un mur, alors qu’il était poursuivi par la police. Le scooter avait été récemment volé. Une instruction pénale a été ouverte.
Ce n’est pas le premier décès de ce type à survenir dans la capitale vaudoise. Fin juin, une adolescente de 14 ans est décédée dans des circonstances similaires. Selon 24 heures, sept personnes sont décédées lors d’une garde à vue, d’une interpellation ou d’une poursuite depuis 2016 dans le canton de Vaud. Le journal dénonce le manque de transparence du système cantonal d’enquête sur les violences policières.
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