Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
Une fois encore, les regards du monde se sont tournés vers Davos et le WEF. Après que le discours du président américain a dominé hier les gros titres en Suisse comme à l’étranger, Donald Trump a remis le couvert aujourd’hui en lançant son controversé «Conseil pour la paix».
La Suisse, comme la plupart des pays européens, ne fait pas partie des signataires. Beaucoup d’éléments restent flous, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis, qui dressait devant la presse un premier bilan de ses rencontres et impressions au Forum économique de Davos.
Bonne lecture!
Le chef de la diplomatie suisse a dressé ce jeudi le bilan de ses rencontres et impressions au Forum économique mondial de Davos – et il n’a pas mâché ses mots. «Le monde est tellement incertain que le besoin de davantage de dialogue est immense», a déclaré Ignazio Cassis devant les médias. Il dit observer au WEF «une quête de sens», même si beaucoup de choses restent floues. Pour le conseiller fédéral, qui participe à son neuvième WEF, il s’agit d’un monde totalement différent, nouveau: «Rien n’est définitif, et pour les Suisses, c’est incroyablement difficile.»
Ignazio Cassis s’est également exprimé sur le discours prononcé hier par Donald Trump au WEF et sur ses attaques à l’égard de la Suisse et de la conseillère fédérale Karin Keller‑Sutter: «Il était inacceptable d’être traité de la sorte.» La Suisse n’était certes pas le seul pays auquel le président américain a manqué de respect, mais cela n’a rien de réconfortant. Le Conseil fédéral a réagi auprès des personnes compétentes, a-t-il précisé.
De son côté, le président des États‑Unis a lancé aujourd’hui à Davos son «Conseil pour la paix». Parmi les premiers signataires, on ne trouve, à part la Hongrie, la Bulgarie et le Kosovo, aucun pays européen. Des critiques voient dans ce «Conseil pour la paix» une attaque contre les Nations unies.
Pour Ignazio Cassis, de nombreux points restent flous. Ce conseil devait à l’origine faire partie du plan de paix pour Gaza, que la Suisse soutient toujours, a‑t‑il déclaré aux médias. Mais cette mention ne figure pas dans les documents écrits, ce qui laisse entendre que l’organisation de Donald Trump pourrait avoir une portée bien plus large. Le Conseil fédéral doit désormais examiner la question.
L’arrivée du président ukrainien Volodymyr Zelensky au WEF ce jeudi a également attiré beaucoup d’attention. Après une rencontre avec Donald Trump, le président des États‑Unis a déclaré aux journalistes que son message au président russe Vladimir Poutine était que la guerre en Ukraine devait prendre fin.
Une fois de plus, l’achat des avions de combat américains F‑35 fait grincer des dents. Cette fois, toutefois, ce n’est pas l’appareil lui‑même qui est au centre des critiques, mais l’infrastructure nécessaire à son déploiement.
Selon le DDPS, le premier F‑35 doit être livré à la Suisse dès la mi‑2027, comme prévu. Pour que les avions puissent être utilisés, il faut toutefois de nouvelles infrastructures: hangars, locaux pour les simulateurs destinés à la formation des pilotes, entre autres. Mais les travaux de transformation sur les trois bases aériennes auraient du retard, selon le Contrôle fédéral des finances (CDF).
Les travaux sur la base aérienne de Payerne auraient commencé avec six mois de retard. Sur les deux autres bases, Meiringen et Emmen, le retard atteindrait déjà une année. Du côté d’Armasuisse, on se veut rassurant: les projets de construction et la mise en service des avions sont coordonnés, affirme Marcel Adam, responsable du domaine de compétences Immobilier et chargé de ces chantiers.
Le coût de ces infrastructures suscite aussi des critiques: en 2022, le Parlement avait approuvé un crédit de 120 millions de francs. Or, les projets de transformation devraient coûter 200 millions. D’où vient une telle différence? Le DDPS avait estimé ces 120 millions trois ans avant que le F‑35 ne soit confirmé comme nouvel avion de combat suisse – donc sans connaître les exigences liées aux aérodromes, à l’exploitation et à la maintenance. Un crédit supplémentaire sera nécessaire. La demande en ce sens doit être déposée cette année.
Après plus d’une année, les habitants de Brienz peuvent regagner leurs maisons et leurs appartements. L’interdiction d’accès ainsi que l’évacuation seront levées, a annoncé ce jeudi la commune d’Albula.
Le village grison a été menacé pendant des mois par un éboulement. En novembre dernier, des parties du Plateau Est avaient dévalé dans la vallée, poussant devant elles un immense amas de débris. Mais la montagne s’est désormais stabilisée; la situation n’est plus dangereuse. C’est ce que montrent les données des dernières semaines, analysées par une équipe de géologues.
Le retour de la population de Brienz se déroulera en deux phases. Dès vendredi soir, la phase orange s’appliquera: les résidents pourront à nouveau passer la nuit au village. Lundi débutera la phase verte, ce qui lèvera totalement l’interdiction d’accès – y compris pour les personnes extérieures. Les surfaces agricoles pourront également être exploitées librement et la ligne de car postal entre Lenzerheide et Davos passera de nouveau par Brienz à partir de lundi.
Christian Gartmann, du poste de conduite communal Albula Alvra, a déjà reçu les premières réactions: «Les gens se réjouissent énormément de pouvoir revenir», a-t-il déclaré à la SRF. Reste à savoir si tout le monde rentrera déjà lundi. Il faudra du temps pour voir combien de personnes choisiront de se réinstaller durablement à Brienz.
De plus en plus de retraités suisses émigrent après avoir quitté la vie active. Cette décision s’accompagne toutefois de défis administratifs, notamment en cas de décès. Selon le Blick, le Département fédéral des affaires étrangères est intervenu dans 321 cas en 2024; un record.
L’une des explications tient au vieillissement de la population. Les seniors sont mobiles, voyagent beaucoup – et se retrouvent ainsi plus souvent confrontés à des urgences médicales à l’étranger. Près de la moitié des retraités suisses morts à l’étranger résidaient en Thaïlande. Le DFAE précise «avoir apporté son soutien pour retrouver les proches, afin que les familles puissent s’occuper des funérailles et des démarches administratives liées à la succession.»
Qui paie pour cette aide? Lorsque des ressortissants suisses décèdent à leur lieu de résidence à l’étranger, ce sont en principe les autorités du pays de résidence qui sont compétentes, explique l’article du Blick. Si le DFAE intervient malgré tout, les coûts sont facturés. En revanche, lorsque des Suisses meurent en dehors de leur pays de résidence – par exemple en voyage – l’assistance est gratuite.
L’aide ne se limite pas aux cas de décès: lorsque des de l’étranger tombent gravement malades, souffrent de démence ou perdent leur capacité de discernement, il peut arriver qu’ils ne soient pas suffisamment pris en charge dans leur pays de résidence. Dans de telles situations, les représentations suisses interviennent et offrent un soutien organisationnel.
Texte traduit de l’allemand à l’aide de l’IA/op
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative