Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
La Suisse entretient généralement d’assez bonnes relations avec ses voisins. Mais depuis peu, la situation n’est plus aussi sereine avec Rome, qui vient de rappeler son ambassadeur en Suisse. Vous découvrirez les raisons de cette mesure rarissime entre pays amis dans cette sélection de l’actualité suisse de ce lundi.
Également au programme: une nouvelle un peu insolite avec des parlementaires parfois trop portés sur la bouteille.
Bonne lecture!
L’Italie a rappelé ce week-end son ambassadeur en Suisse. Avec cette mesure, Rome entend protester contre la remise en liberté de Jacques Moretti, le propriétaire du bar «Le Constellation», qui était resté en détention préventive quelques jours pour les besoins de l’instruction.
Plus de trois semaines après les faits, la tragédie de Crans-Montana reste un sujet largement suivi et très émotionnel en Italie, le pays le plus frappé après la Suisse avec six décès et plus d’une dizaine de blessés graves. C’est dire si la libération de Jacques Moretti passe mal. «C’est un acte qui constitue un véritable affront aux sentiments des familles qui ont perdu leurs enfants», a notamment commenté le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani sur X.
Un rappel d’ambassadeur constitue un geste diplomatique fort et rarissime. Selon la RTS, le dernier rappel d’un ambassadeur en poste en Suisse remonte à 2009. Tel-Aviv avait alors appliqué cette mesure pour protester contre une rencontre à Genève entre le président de la Confédération et son homologue iranien. Le seul autre cas répertorié remonte aux années 1930, lorsque l’URSS avait protesté contre l’acquittement du meurtrier d’un diplomate soviétique à Lausanne. De son côté, la Suisse a rappelé à deux reprises son ambassadeur: pour dénoncer le régime syrien en 2011 et l’exécution de syndicalistes par le régime franquiste en 1975.
La Suisse officielle a réagi de manière mesurée et a cherché l’explication plutôt que la polémique. À Rome, l’ambassadeur de Suisse a expliqué que le fait qu’un accusé reste en liberté tant qu’il n’a pas été condamné reste un principe fondamental du droit pénal suisse et que la justice agit de manière indépendante. Le président de la Confédération Guy Parmelin a lui aussi insisté sur la séparation des pouvoirs, mais a exprimé sa compréhension à l’égard du point de vue italien. Le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis a pour sa part assuré son homologue italien que la Suisse entend aussi faire toute la lumière sur cette tragédie.
La Suisse n’est pas en reste lorsqu’il s’agit d’exprimer son irritation envers Rome. Berne a officiellement protesté contre un projet de loi italien destiné à avantager les fabricants de machines européens. Pour un pays dont l’industrie des machines constitue un pilier majeur des exportations, une telle mesure s’apparente à une discrimination directe à l’égard des entreprises helvétiques.
Conseiller fédéral en charge de l’Économie, Guy Parmelin juge «préoccupantes» les nouvelles règles prévues par l’Italie pour favoriser les fabricants européens, ce qui a poussé la Confédération à réagir. Dans une interview accordée à la NZZ am Sonntag, Guy Parmelin a indiqué avoir abordé le sujet avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lors de leur rencontre dans le cadre du WEF de Davos, la semaine dernière.
Les nouvelles règles italiennes, qui pourraient entrer en vigueur à la fin janvier si aucune solution n’est trouvée, s’ajouteraient à de lourds droits de douane que l’UE a érigés pour protéger son secteur de l’acier. «J’ai clairement fait savoir que cela ne va pas», a indiqué Guy Parmelin au journal dominical. D’autant qu’au plan politique, ce genre d’exemples apporte de l’eau au moulin des adversaires des Bilatérales III, ce qui «n’est pas agréable pour le Conseil fédéral».
Guy Parmelin est également revenu sur l’entretien qu’il a eu au WEF avec le président américain Donald Trump. Le président de la Confédération n’a pas voulu commenter les déclarations de son homologue américain, mais a précisé que les discussions avec Donald Trump et ses ministres se sont déroulées «correctement», soulignant que «le ton était très différent de celui de son discours».
Le débat sur la consommation d’alcool au Parlement vaudois s’invite dans l’actualité après qu’un élu écologiste a proposé d’encadrer cette pratique. Oleg Gafner souhaite instaurer une limite équivalente à celle imposée aux conducteurs, estimant que l’alcool peut nuire à la qualité des débats et à la capacité de voter en pleine conscience.
Cette motion demande une règle d’ordre interdisant la surconsommation d’alcool durant les heures de travail parlementaire. Le taux d’alcool des parlementaires cantonaux ne devrait pas dépasser 0,5 pour mille. Le texte ne précise cependant pas comment procéder pour faire respecter cette limite.
Une équipe de l’émission «Mise au point» de la RTS s’est rendue au parlement vaudois pour en savoir plus. Plusieurs députés confirment que certains comportements posent un problème, évoquant des prises de parole confuses ou des remarques déplacées liées à l’alcool. D’autres responsables politiques contestent toutefois ce constat, assurant que les députés sont sérieux et que l’image du parlementaire passant trop de temps à la buvette appartient désormais au passé.
La motion d’Oleg Gafner sera déposée demain mardi. Si elle était acceptée, une telle mesure serait inédite en Suisse. Aucun Parlement n’a jamais formellement réglementé ce point.
Le nombre de nouvelles demandes d’asile en Suisse a poursuivi sa baisse en 2025, reculant de 7,1% par rapport à l’année précédente. Le SEM a enregistré 25’781 demandes, principalement déposées par des ressortissants afghans, érythréens et turcs. Les demandes secondaires, liées à des naissances, regroupements familiaux ou répétitions, représentaient près de 4800 cas. Pour 2026, les autorités prévoient environ 25’000 demandes, un chiffre dépendant notamment de la situation en Turquie et sur la route migratoire méditerranéenne.
Les départs de Suisse ont également évolué. Les départs volontaires ont légèrement augmenté, avec 2548 personnes retournant d’elles‑mêmes dans leur pays ou dans un État tiers. Les rapatriements sous contrainte ont aussi progressé, atteignant 2400 personnes. En revanche, les transferts vers des États Dublin ont diminué de manière notable, tout comme le nombre de vols spéciaux.
Enfin, l’immigration globale ralentit. La population étrangère résidante permanente a encore augmenté, mais moins fortement qu’en 2024. L’immigration nette s’élève à environ 75’000 personnes, en recul de 10%, un mouvement qui touche autant les ressortissants de l’UE/AELE que ceux d’États tiers. En parallèle, l’émigration a progressé, avec près de 83’000 départs. Au total, 2,4 millions d’étrangers vivaient en Suisse fin 2025.
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