Aujourd’hui en Suisse
Chères Suissesses, chers Suisses à l’étranger,
La Suisse risque la pénurie de kérosène: les réserves pour l’aviation ne couvrent plus que 72 jours alors que 90 devraient être le minimum. Pourtant, le secteur affiche son calme.
Et le Club alpin suisse annonce une année record de nuitées pour 2025. Nous ne vous révélons pas seulement les chiffres, mais aussi quelle cabane a été la plus prisée l’an dernier.
Cordiales salutations de Berne.
Imaginez que la Suisse se prépare à une crise énergétique mondiale, mais que les réservoirs des stocks obligatoires de kérosène pour l’aviation en contiennent moins que prévu. Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient s’intensifient, les réserves en Suisse sont actuellement inférieures à la norme légale.
Bien que la loi impose une réserve de 90 jours, un porte-parole de l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE) a reconnu que les stocks ne couvrent actuellement que 72 jours. Cet écart est sensible, car ces réserves sont censées servir de tampon en cas de crise, comme celles que pourraient provoquer la situation tendue au Moyen-Orient et les incertitudes autour d’un blocage du détroit d’Ormuz.
L’origine de ce déficit remonte à la pandémie de Covid-19: les chaînes d’approvisionnement ont été perturbées après les confinements. Mais alors que le trafic aérien a ensuite fortement rebondi, le réapprovisionnement des stocks n’a pas suivi au même rythme. Ce décalage fait que, dans une phase d’incertitude mondiale, la Suisse se retrouve aujourd’hui avec des réserves réduites.
Malgré cette situation, le secteur se veut rassurant. La directrice de Carbura, Andrea Studer, a déclaré à la télévision suisse romande RTS que les stocks actuels pourraient tenir trois mois en cas d’arrêt total des importations. Si celles-ci ne diminuaient que de 25%, les réserves pourraient même être étendues jusqu’à douze mois grâce à une gestion ciblée.
La Radiotélévision de la Suisse italienne RSI a publié mercredi une enquête approfondie sur l’influence du détroit d’Ormuz – cette voie maritime qui conditionne l’approvisionnement en biens alimentaires et l’agriculture à l’échelle mondiale.
Le détroit d’Ormuz voit transiter un quart du pétrole mondial. Mais cette voie maritime est tout aussi cruciale pour les engrais: un tiers du commerce mondial y passe. Sans engrais, les rendements diminuent, ce qui raréfie et renchérit les biens alimentaires dans le monde entier.
La Suisse achète peu d’engrais directement dans le Golfe. Mais selon l’enquête de la RSI, 73% des importations alimentaires proviennent de l’Union européenne. Or, comme son agriculture dépend fortement de ces matières premières, la crise dans le Golfe a des effets indirects, mais perceptibles, jusque dans les supermarchés suisses.
Si les pays riches comme la Suisse peuvent amortir les hausses de prix, un blocage menace directement la sécurité alimentaire en Afrique. Le détroit d’Ormuz est difficilement contournable. Un conflit dans cette région agit comme un accélérateur d’instabilité mondiale, bien au-delà des marchés de l’énergie.
Restons dans le domaine des transports: le service de navigation aérienne Skyguide à l’aéroport de Zurich a dû passer mercredi en «mode manuel». L’aéroport a connu des perturbations lorsqu’une défaillance du système a affecté certains vols à l’approche – précisément au moment où la météo était défavorable.
Lorsque les systèmes numériques font défaut, l’aviation repasse en mode analogique. Un système qui aide les contrôleurs aériens à guider les avions à l’arrivée n’affichait pas de manière fiable les appareils présentant des retards importants. Ceux-ci ont donc dû recourir à des procédures manuelles de transfert. Cette méthode éprouvée, mais chronophage, a conduit Skyguide à réduire par précaution la capacité d’approche de 30%.
Les conséquences ont néanmoins été à peine perceptibles pour les voyageuses et voyageurs. Malgré la panne informatique, aucun vol n’a d’abord été annulé. Une porte-parole de l’aéroport de Zurich a expliqué que la capacité aurait de toute façon été réduite en raison de la forte bise.
Cet incident s’inscrit dans une série de problèmes techniques. En juin dernier, une panne radar similaire s’était produite à l’aéroport de Genève. Des reportages de la SRF évoquent également des inquiétudes plus profondes en matière de financement ainsi qu’un besoin d’action général pour Skyguide.
409’000 nuitées: c’est le nombre enregistré par le Club alpin suisse (CAS) l’an dernier. 2025 devient ainsi l’année la plus fructueuse de l’histoire des cabanes du CAS.
Avez-vous déjà gravi les sentiers menant à une cabane dans les montagnes suisses? Selon le CAS, elles gagnent en popularité. Le taux d’occupation a ainsi progressé de 12,7% par rapport à 2024, avec une forte dynamique en saison hivernale.
Ces chiffres encourageants ne doivent toutefois pas masquer un avenir incertain, souligne le CAS. Une étude commandée par le club conclut qu’en raison du dégel du pergélisol, une cabane sur trois pourrait être menacée.
C’est pourquoi – et aussi parce que l’approvisionnement en eau devient plus complexe et les conditions météorologiques plus extrêmes – le CAS prévoit des dépenses annuelles de 20 à 25 millions de francs d’ici 2040. Environ un tiers de ces coûts serait directement lié au changement climatique.
Traduit de l’allemand à l’aide d’un outil d’IA/rem/op
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