Aujourd’hui en Suisse
Chères Suissesses et chers Suisses de l’étranger,
Dans la revue de presse de ce lundi, la Suisse ne fait pas bonne figure. Les chiffres de l’Office fédéral de la statistique concernant les condamnations pénales en 2025 sont sans appel. Le nombre de détenus augmente. Les prisons sont remplies à 97%.
On peut s’en plaindre. Ou constater que les geôles suisses – contrairement à celles de nombreux autres pays – ne sont pas surpeuplées.
Cordiales salutations de Berne.
L’année dernière, le Centre de compétence sur la traite et la migration des femmes (FIZ) a pris en charge 228 victimes. Ce chiffre est en hausse depuis des années. Un cas particulièrement grave a été jugé lundi.
Les cas de traite des femmes sont en augmentation. La sensibilisation s’est accrue et davantage de cas sont signalés. Néanmoins, cela est également le signe que le nombre de cas non signalés est élevé, explique Fanie Wirth, du FIZ, à la SRF. «L’âge des victimes varie de très jeune à plus de 60 ans – et elles proviennent au total de plus de 80 pays», poursuit l’experte.
Un nombre particulièrement élevé de victimes provient d’Europe de l’Est (Roumanie, Hongrie ou encore Bulgarie). Afin d’améliorer la situation, Fanie Wirth propose de réduire la dépendance des femmes vis-à-vis des auteurs de ces crimes, par exemple, en élargissant les possibilités d’exercer légalement le travail du sexe.
Une femme de 33 ans, de nationalité hongroise, soupçonnée de trafic de femmes, a dû répondre lundi devant le tribunal de district de Zurich des chefs d’accusation de traite d’êtres humains et d’encouragement à la prostitution. Elle aurait contraint des femmes à se prostituer pendant des années.
Dans cette affaire précise, les femmes étaient logées dans des hôtels du quartier de la Langstrasse à Zurich et surveillées 24 heures sur 24. Elles étaient battues, tirées par les cheveux et lourdement menacées lorsqu’elles n’atteignaient pas les chiffres d’affaires exigés.
De plus, elles étaient contraintes à des rapports sexuels non protégés, entraînant de nombreuses grossesses non désirées, des avortements et la contamination par des maladies sexuellement transmissibles. Le verdict sera rendu ultérieurement.
Loyer, primes d’assurance maladie et prix de l’essence: la classe moyenne suisse est sous pression financière.
De nombreuses personnes issues de la classe moyenne suisse ne se sentent pas en mesure de régler rapidement une facture imprévue et élevée. Le conseiller en gestion Philipp Frei déclare à propos d’une analyse récente de l’Office fédéral de la statistique à la SRF: «Un voyage à la mer n’est plus possible, même pour certaines personnes de la classe moyenne. C’est une pression énorme de ne soudainement plus être en mesure de se permettre des choses qui étaient auparavant normales.» L’expert conseille de passer ses vacances chez soi, «même si cela n’est pas gratuit non plus.»
Selon l’étude «Global Gen Z and Millennial» de Deloitte, plus de la moitié des jeunes en Suisse s’inquiètent de leur situation financière. Les frais de subsistance mensuels pèsent particulièrement lourd pour beaucoup d’entre eux: 30 % de la génération Z et 33% des millennials ont indiqué que la hausse des coûts était leur principale préoccupation – avant même des sujets tels que le changement climatique, la santé ou la criminalité.
Plus de la moitié vivent au jour le jour, car leurs revenus sont immédiatement absorbés par les dépenses courantes. Alors que, selon Deloitte, les jeunes d’autres pays ont souvent recours à des petits boulots pour joindre les deux bouts grâce à une deuxième source de revenus, ce phénomène est peu répandu en Suisse.
Selon un sondage réalisé par 20 Minuten, le «job d’appoint» n’est déjà une réalité que pour 16% des personnes interrogées. Cependant, 14 autres pour cent envisagent de chercher une source de revenus supplémentaire.
Jamais autant de personnes n’ont été incarcérées dans les prisons suisses. C’est ce que révèle la statistique sur les condamnations pénales 2025, publiée lundi.
L’année dernière, les autorités judiciaires suisses ont prononcé 111’962 condamnations à l’encontre d’adultes, qui ont été inscrites au casier judiciaire. La sanction la plus fréquente était l’amende avec sursis. Le nombre de courtes peines privatives de liberté fermes a atteint un niveau historiquement bas.
Pourtant, avec un taux d’occupation de 97%, les prisons n’ont jamais été aussi pleines. Au 31 janvier 2026, 7119 personnes étaient incarcérées en Suisse. Les 90 prisons suisses disposent au total de 7373 places.
2272 cas ont donné lieu à des expulsions du territoire. Ce chiffre est resté stable par rapport aux années précédentes. Les condamnations pour infractions avec violence ont quant à elles tendance à diminuer par rapport aux années précédentes. On en a dénombré 7594 l’année dernière. Un peu plus de 3000 d’entre elles ont été commises par des citoyens suisses, et plus de 4300 par des étrangers.
Le scandale qui touche le service de chirurgie cardiaque de l’hôpital universitaire de Zurich prend de l’ampleur. Les implants cardiaques Cardioband, dont la fiabilité est contestée, ont également été utilisés à L’Hôpital de l’Île à Berne, ainsi qu’à Lucerne et à Lugano.
Selon une enquête publiée la semaine dernière, une septantaine de décès auraient sans doute pu être évités à l’Hôpital universitaire de Zurich entre 2016 et 2020. Le rapport pointe de graves lacunes managériales du chef de service de l’époque, Francesco Maisano. Il avait co-développé le dispositif médical Cardioband et y avait des intérêts financiers. Or cet implant, censé réparer les valves cardiaques, entraînait régulièrement de graves complications.
Dimanche, la NZZ am Sonntag a révélé que ce dispositif a également été utilisé dans 36 cas à Hôpital de l’Île à Berne, et à deux reprises à Lucerne. Berne souhaite désormais enquêter de manière approfondie sur ces cas. Aucune complication concrète liée à ces interventions n’a été signalée à ce jour. À Lugano, le Cardioband fait toujours partie des traitements proposés.
Hasard du calendrier, une proposition du Conseil fédéral à ce sujet a été rendue publique la semaine même où le scandale a éclaté. Le gouvernement souhaite que les médecins qui utilisent certains produits ne soient soumis à aucune incitation financière et se basent uniquement sur des critères médicaux.
Traduit de l’allemand par Emilie Ridard/kr.
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