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l’initiative sur la neutralité

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L’été s’annonce chaud, sur le plan politique aussi. Après le verdict des urnes du 14 juin sur l’initiative de l’UDC visant à plafonner la population suisse, les citoyennes et citoyens se prononceront en septembre sur un autre texte soutenu par des milieux proches de la droite conservatrice et par l’association Pro Suisse. L’initiative sur la neutralité vise à inscrire dans la Constitution une interprétation stricte de ce principe. De virulentes passes d’armes autour de cette question se profilent déjà.

Bonne lecture,

L’initiative sur la neutralité a été élaborée par l’ancien conseiller fédéral UDC et milliardaire, Christoph Blocher (au centre sur la photo).
L’initiative sur la neutralité a été élaborée par l’ancien conseiller fédéral UDC et milliardaire, Christoph Blocher (au centre sur la photo). Keystone / Anthony Anex

Le Conseil fédéral a dévoilé ce mercredi le menu des votations fédérales du 27 septembre. Les Suisses voteront sur deux initiatives: l’une sur la neutralité et l’autre sur l’alimentation.

L’initiative populaire «Sauvegarder la neutralité suisse», déposée par Pro Suisse et des membres de l’Union démocratique du centre (UDC), veut inscrire dans la Constitution la neutralité helvétique de «perpétuelle et armée». Elle vise à exclure toute adhésion à une alliance militaire ou de défense, sauf en cas d’attaque directe, et à limiter la participation de la Suisse aux sanctions internationales à celles décidées par l’ONU.

Le texte a suscité la controverse avant même d’être mis à l’agenda des votations. Le Conseil fédéral a déjà dit tout le mal qu’il en pensait. Il estime que l’initiative marquerait «un abandon de la flexibilité éprouvée dans l’application de la neutralité». Concrètement, son adoption réduirait la marge de manœuvre du gouvernement en matière de politique étrangère.

L’initiative populaire sur l’alimentation émane, elle, d’un comité citoyen. Elle demande d’adapter la politique agricole afin d’encourager la production et la consommation de denrées alimentaires végétales plutôt qu’animales.Ses opposantes et opposants jugent le texte irréaliste.

Certaines exploitations agricoles ont vu la commercialisation de leurs produits interdite en raison d’une contamination aux PFAS.
Certaines exploitations agricoles ont vu la commercialisation de leurs produits interdite en raison d’une contamination aux PFAS. Keystone / Andreas Becker

Les sites contaminés et les «polluants éternels» dits PFAS, étaient également au cœur de la séance du Conseil fédéral de ce mercredi. Le gouvernement entend accélérer l’assainissement des terrains pollués et soutenir les exploitations agricoles touchées par une contamination aux PFAS.

Les assainissements urgents doivent être menés sans délai. Pour y parvenir, le Conseil fédéral a débloqué une enveloppe supplémentaire de 180 millions de francs. Le crédit d’engagement initial s’avère insuffisant, notamment en raison d’une révision de la loi qui prévoit de nouvelles indemnités, par exemple pour les sites contaminés par des mousses d’extinction contenant des PFAS.

Par ailleurs, le Conseil fédéral prévoit de venir en aide aux exploitations agricoles dont les produits présentent des teneurs en PFAS trop élevées. Plusieurs d’entre elles se sont vu interdire de commercialiser leurs denrées alimentaires, les plaçant dans une situation économique difficile. Le gouvernement a ainsi mis en consultation des modifications d’ordonnances visant à atténuer ces conséquences.

Ces adaptations permettraient notamment aux exploitations concernées de disposer de davantage de temps pour réorganiser leur production. Concrètement, il serait possible, pour une durée limitée, de mélanger de la viande, du poisson ou des œufs présentant des teneurs en PFAS supérieures aux valeurs maximales autorisées, afin d’obtenir un produit final conforme aux normes en vigueur. Les produits finis devraient néanmoins respecter les seuils autorisés.

des gens à une table
En mars, le Conseil des Suisses de l’étranger a adopté une position claire: il recommande de rejeter l’initiative de l’UDC. Swissinfo / Michele Andina

L’UDC semble avoir oublié les Suisses de l’étranger lors de la rédaction de l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!», soumise en votation le 14 juin. Le parti entretient traditionnellement de bonnes relations avec la Cinquième Suisse, mais celles-ci sont désormais tendues, relève un article de la NZZ.

L’UDC est bien représentée au sein de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE) et dispose d’une section internationale, note la NZZ. Son initiative visant à plafonner la population suisse à 10 millions d’habitants suscite toutefois l’inquiétude des personnes expatriées. Le Parlement de la Cinquième Suisse recommande son rejet.

«Nos membres craignent, d’une part, que l’adoption de l’initiative ne leur pose des problèmes pour rentrer en Suisse et, d’autre part, que leur vie à l’étranger devienne plus compliquée et plus coûteuse», indique le président de l’OSE, Filippo Lombardi. Le Secrétariat d’État aux migrations assure que les Suisses auront toujours le droit de rentrer au pays. Si l’initiative est acceptée, il pourrait toutefois être plus difficile de revenir avec un partenaire ou des enfants qui n’ont pas le passeport suisse.

L’OSE craint également une éventuelle dénonciation de l’Accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne, prévue en dernier recours par l’initiative. De nombreuses questions se poseraient pour les Suisses de l’étranger, notamment concernant les droits de séjour, les permis de travail, la reconnaissance des diplômes ou encore l’accès aux études.

Après sa disparition dans les années 1990, la loutre montre à nouveau le bout de son nez en Suisse.
Après sa disparition dans les années 1990, la loutre montre à nouveau le bout de son nez en Suisse. Keystone / Walter Bieri

Les bonnes nouvelles pour la biodiversité sont assez rares pour être soulignées. Alors qu’elle avait disparu de nos cours d’eau dans les années 1990, la loutre refait surface en Suisse. Les efforts doivent toutefois se poursuivre.

Le 11 janvier dernier, la neige révèle des traces de loutre sur les rives de l’Aar à Selzach, une première depuis 91 ans dans le canton de Soleure. Plusieurs individus, dont des jeunes, ont aussi été vus dans les cantons des Grisons, de Berne, de Saint-Gall, du Tessin, de Lucerne, de Zurich, mais aussi de Genève.

La loutre avait disparu de nos contrées en raison de la chasse, de l’aménagement des cours d’eau et de la pollution. Malgré sa mise sous protection et l’interdiction de certains polluants, l’espèce n’a pas pu être sauvée en Suisse. Le dernier individu avait été observé en 1989 sur les rives du lac de Neuchâtel.

Les organisations environnementales mettent toutefois en garde: les revitalisations de cours d’eau doivent être multipliées pour que la loutre continue à trouver assez de poisson pour survivre dans nos contrées. Or, sur les 50 kilomètres de revitalisation prévus chaque année par la loi, la Suisse n’en réalise pas même la moitié.

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