La semaine en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
À force de durer, la chaleur raconte autre chose que l’été. Elle a ravivé au Tessin une procession séculaire pour demander la pluie, favorisé le retour d’une maladie que l’on croyait sous contrôle et poussé toujours plus de Suisses vers les rivières. Autant de facettes d’un même phénomène qui transforme peu à peu le quotidien du pays.
Bonne lecture!
Longtemps considéré comme solidement installé à la tête de la FIFA, Gianni Infantino traverse l’une des périodes les plus délicates de son mandat. Le Valaisan est au centre d’une polémique depuis l’abandon d’un projet controversé qui prévoyait d’ouvrir une partie des activités commerciales de la fédération à des investisseurs privés.
Depuis, les critiques se multiplient. Les reproches fusent contre le dirigeant suisse, accusé par ses détracteurs de gouverner la FIFA de manière trop centralisée et opaque. Cette semaine, l’ancien Ballon d’or portugais Luis Figo est sorti de sa réserve, estimant notamment que Gianni Infantino était devenu un président «indigne» de sa fonction. Plus inquiétant pour le Valaisan, certaines critiques proviennent désormais aussi de personnalités considérées jusque-là comme proches de lui.
Face à la tempête, la FIFA a réuni en urgence ses dirigeants au Maroc. L’organisation y a reconnu des «erreurs» dans la gestion du dossier, mais a renouvelé son soutien à son président.
Cette démonstration d’unité n’a toutefois pas dissipé les doutes entourant l’autorité de Gianni Infantino. De nouvelles révélations visent déjà le président de la FIFA. Selon le Guardian, il aurait œuvré en coulisses à un partenariat avec la controversée Super League européenne, malgré son opposition publique au projet. L’UEFA a en outre confirmé jeudi maintenir son boycott des compétitions de la FIFA, faute de garanties sur l’abandon du projet d’ouverture aux capitaux privés.
Alors que la Suisse traverse un nouvel épisode de fortes chaleurs, une maladie longtemps discrète refait parler d’elle. À Bâle, une flambée de légionellose a provoqué 28 contaminations et un décès.
L’épisode bâlois s’inscrit dans une tendance de fond. Depuis une vingtaine d’années, le nombre de cas augmente en Suisse. La légionellose est provoquée par une bactérie qui se développe dans les eaux tièdes et peut être inhalée sous forme de fines gouttelettes, notamment via certaines installations techniques ou sanitaires.
Les spécialistes avancent plusieurs explications à cette progression. Le vieillissement de la population joue un rôle, tout comme l’amélioration du dépistage. Mais le réchauffement climatique figure également parmi les facteurs étudiés. Les étés plus chauds favorisent le développement de la bactérie et pourraient contribuer à sa diffusion.
Cette maladie pulmonaire reste relativement rare, mais les experts rappellent qu’il est possible de réduire les risques. Après une longue absence, comme au retour des vacances, il est recommandé de laisser couler l’eau quelques minutes avant d’utiliser une douche. Les voyageurs sont également invités à faire preuve de prudence dans les hôtels ou les logements restés inoccupés plusieurs semaines.
Alors que la chaleur pousse toujours plus de monde vers l’eau, les Suisses continuent de pratiquer une activité qui étonne souvent les visiteurs étrangers: se baigner dans les rivières. À Berne, Bâle ou Zurich, il n’est pas rare de voir des gens se laisser porter par le courant de l’Aar, du Rhin ou de la Limmat, parfois même pour rentrer du travail.
Cette relation particulière avec les cours d’eau tient à plusieurs facteurs. La qualité de l’eau s’est considérablement améliorée au cours des dernières décennies et de nombreuses villes ont aménagé leurs rives pour faciliter l’accès à la baignade. Peu de pays ont développé une telle culture de la nage en eau vive au cœur des centres urbains.
Cette passion suisse ne va toutefois pas sans risques. L’Aar est régulièrement décrit comme la rivière la plus dangereuse du pays en raison du nombre d’accidents qu’elle enregistre. Chaque été, les autorités rappellent les dangers liés aux courants, aux brusques changements de température ou à une confiance excessive dans ses capacités de nage.
Pour beaucoup de Suisses, ces mises en garde ne suffisent pourtant pas à ternir le plaisir. À l’heure où les vagues de chaleur se multiplient, les bains de rivière demeurent l’une des traditions estivales les plus populaires du pays et sans doute aussi l’une des plus typiquement helvétiques.
La sécheresse actuelle met en lumière des traditions que l’on pourrait croire disparues. Cette semaine, à Mendrisio, au Tessin, une procession suivie d’une messe a été organisée pour demander la pluie. La cérémonie, qui a traversé les vignobles de la région dès l’aube, a été relancée à la demande d’agriculteurs confrontés à un manque d’eau devenu préoccupant.
Cette pratique s’inscrit dans la tradition des rogations, des processions destinées à implorer une protection divine sur les cultures et les récoltes. Longtemps répandues dans les campagnes suisses, elles ont largement disparu avec l’urbanisation et la modernisation de l’agriculture. Quelques survivances subsistent toutefois, notamment à Orsières, en Valais, où des paroissiens parcourent encore chaque année champs et alpages pour bénir animaux et récoltes.
Ces traditions ne concernent pas uniquement les cultures. En Valais également, une procession organisée depuis plusieurs siècles s’est récemment réinventée autour d’une autre préoccupation environnementale: le recul des glaciers. Les fidèles y associent désormais leurs prières à une réflexion sur les effets du changement climatique.
À l’heure des modèles climatiques et des technologies les plus sophistiquées, ces pratiques n’ont évidemment pas vocation à apporter des réponses concrètes aux défis environnementaux. Leur persistance rappelle toutefois que les communautés humaines ont toujours cherché à donner un sens collectif aux phénomènes naturels qui les dépassent.
La semaine à venir
La rentrée politique s’esquisse doucement. Mardi, les adversaires de l’initiative sur l’alimentation lanceront leur campagne en vue de la votation du 27 septembre.
Sur le plan judiciaire, le procès en appel de l’ancien patron de Raiffeisen Pierin Vincenz s’ouvrira lundi à Zurich. Cette affaire avait secoué la place financière suisse et relancé le débat sur la gouvernance des grandes entreprises.
Côté culture, le Festival du film de Locarno se poursuit, tandis que la 33e Street Parade animera Zurich samedi. Dimanche, Saignelégier accueillera le Marché-Concours, la plus importante manifestation suisse consacrée au cheval, avant l’ouverture vendredi du Lucerne Festival, l’un des grands rendez-vous européens de la musique classique.
Dans le ciel enfin, une éclipse de Soleil sera visible mercredi. Totale dans la péninsule ibérique, elle atteindra jusqu’à 90% de couverture en Suisse. Comme toujours, son observation nécessite des lunettes spéciales.
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