La semaine en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
À un peu plus de cinq semaines des votations fédérales du 8 mars, qui portent sur quatre objets, un sondage annonce deux «oui», un large «non» et – pour un scrutin qui pourrait déterminer l’avenir de Swissinfo – un résultat trop serré pour être tranché. Découvrez vers quelles positions s’orientent les Suisses de l’étranger.
Bonne lecture!
Cette semaine, le franc suisse a atteint des niveaux record face au dollar américain, mais la Banque nationale suisse (BNS) ne devrait pas intervenir, selon les experts.
Mardi après‑midi, le dollar américain est tombé à 0,7701 franc, son plus bas niveau jamais enregistré, en excluant les turbulences liées à l’abandon du taux plancher avec l’euro en janvier 2015. La monnaie suisse s’est également renforcée face à l’euro, tombé à,9189 franc, son plus bas niveau depuis novembre. «Une ruée vers ce que les traders décrivent comme le dernier refuge ‘fiable’ des marchés des changes pose un problème croissant pour la Banque nationale suisse», a commenté le Financial Times mercredi.
Le quotidien économique britannique relevait que les investisseurs étaient nerveux face à «l’élaboration de politiques erratique» de l’administration Trump et que le yen, autre valeur refuge en période de tensions sur les marchés, se montrait lui aussi volatil. «Le franc ressemble un peu à une pépite d’or, expliquait au FT Daniel Kalt, directeur des investissements pour la Suisse chez UBS Global Wealth Management. Il ne rapporte rien, mais il est soutenu par une économie d’une solidité à toute épreuve.»
Selon une déclaration de la Banque Valiant citée par le Blick, aucune intervention de la BNS n’a été perceptible jusqu’à présent. Cela confirmerait que la banque centrale se préoccupe moins du niveau absolu du franc que de ses fortes fluctuations. La radio publique RSI a relevé que la vigueur du franc posait un problème aux exportations suisses, tout en soulignant que «la marge de manœuvre de la BNS est limitée».
L’enquête sur la tragédie de Crans-Montana s’est élargie ces derniers jours: quatre personnes sont désormais mises en cause. Après les inculpations du couple de propriétaires de l’établissement, la justice valaisanne a ouvert une procédure contre un ancien chargé de la sécurité de la commune, puis l’actuel chef du service de sécurité publique a également été visé. Cette série d’inculpations reflète l’extension progressive de l’enquête vers les responsabilités communales et les manquements dans les contrôles de sécurité.
La libération sous caution de l’un des propriétaires du bar a déclenché un incident diplomatique avec l’Italie, où résident de nombreuses victimes. Dimanche, le Corriere della Sera rapportait que la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, éprouvait une «profonde indignation et consternation» face à la décision de la justice suisse. Le gouvernement italien a rappelé son ambassadeur en Suisse à Rome, précisant qu’il ne retournerait à Berne qu’à condition qu’une enquête conjointe helvético‑italienne soit ouverte sur l’incendie.
Cette pression n’est pas bien perçue en Suisse. «La pression italienne indigne des parlementaires de tous bords», titrait mardi la RTS. Et de poursuivre: «À gauche comme à droite, ‘inadmissible’ et ‘incompréhensible’ sont les qualificatifs qui reviennent le plus souvent. On parle d’ingérence, voire de chantage, et l’agacement se fait palpable.»
L’ambassadeur de Suisse à Rome, Roberto Balzaretti, a tenté d’apaiser les tensions. Il a indiqué au quotidien Le Temps que les procureurs valaisans devaient rencontrer leurs homologues italiens à la mi‑février dans le cadre de l’enquête en cours. «Il n’y a pas de crise entre les deux pays», a‑t‑il assuré.
Un sondage sur les quatre objets soumis au vote du 8 mars laisse entrevoir un oui à l’imposition individuelle et à l’initiative sur l’argent liquide, une issue incertaine concernant la réduction de la redevance radio‑TV, et aucune chance pour le fonds pour le climat.
À première vue, l’initiative «200 francs, ça suffit!»,qui vise à réduire la redevance annuelle de la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR) de 335 francs à 200 francs, semble vouée au rejet: 52% des personnes interrogées y sont opposées. «Mais avec une marge d’erreur de 3%, le taux de rejet pourrait aussi être de 49%», souligne la politologue Martina Mousson. Sur ce point, les Suisses de l’étranger se montrent alignés avec ceux du pays.
La situation est plus nette pour l’imposition individuelle, qui bénéficie d’un soutien majoritaire (64%) dans l’ensemble de l’électorat. L’adhésion est encore plus forte parmi les Suisses de l’étranger (74%).
L’initiative «L’argent liquide, c’est la liberté», qui veut garantir l’approvisionnement en billets et pièces ainsi que l’usage du franc comme monnaie nationale, recueille également un large soutien: 65% des sondés y sont favorables, un taux qui grimpe à 69% chez les Suisses de l’étranger.
En revanche, seule une personne sur trois soutient l’initiative pour un fonds climat, qui obligerait les autorités à financer une approche globale de la lutte contre le changement climatique. Fait notable: les Suisses de l’étranger se prononcent en faveur du texte, mais sans grande conviction.
Huit mois après l’éboulement qui a enseveli le village valaisan de Blatten, de nombreux objets retrouvés ont déjà pu être identifiés et rendus à leurs propriétaires, mais certains restent mystérieux.
La liste des effets non réclamés est longue, a indiqué mercredi Matthias Bellwald, le maire de Blatten, à la radiotélévision publique alémanique SRF. «Elle va des paniers aux luges forestières, des appareils photo aux outils, des costumes traditionnels aux couvertures en laine.»
La commune a désormais lancé un appel via son application: chacun peut se rendre au bureau communal pour consulter électroniquement les photos des objets. Selon Matthias Bellwald, une cinquantaine de personnes se sont manifestées en quelques heures. «Nous avons déjà obtenu nos premiers succès avec des objets qui ont été reconnus.»
Le fait de tenter de restituer ces biens à leurs propriétaires est un processus important, souligne le maire. «Surtout pour les personnes qui ont tout perdu. Il peut être essentiel pour elles de récupérer un objet porteur de souvenirs.»
La semaine à venir
Chaque année, à 13h30, le premier mercredi de février, le son des 7200 sirènes réparties à travers la Suisse retentit, surprenant celles et ceux qui ne savent pas qu’il s’agit d’un test.
Jeudi, Addiction Suisse publiera son Panorama suisse des addictions 2026, un aperçu des dernières évolutions dans le domaine des addictions.
Combien les partis politiques et les groupes d’intérêts dépensent‑ils pour leurs campagnes en vue des votations fédérales du 8 mars? Vendredi, le Contrôle fédéral des finances publiera les chiffres relatifs aux budgets de campagne.
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