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Cocaïne «livrée» chez Nespresso: 15 ans de prison

Cocaïne « livrée » à Nespresso : 15 ans de prison
Cocaïne « livrée » à Nespresso : 15 ans de prison Keystone-SDA

L'affaire des 500 kg de cocaïne parvenus chez Nespresso à Romont (FR) en 2022 aboutit à la condamnation de trois trafiquants. Ils avaient tenté en vain de réceptionner la drogue à Frenkendorf (BL). La Cour pénale de Bâle-Campagne les sanctionne de 15 ans de prison.

(Keystone-ATS) Dans son jugement prononcé jeudi à Muttenz (BL), le tribunal a suivi en grande partie le réquisitoire prononcé le 21 janvier lors du procès. Le procureur avait exigé des peines partiellement plus lourdes de 15 ans, de 17 ans et deux mois et de 19 ans et quatre mois de prison contre les trois accusés albanais. La défense avait demandé leur acquittement, car elle contestait la valeur des preuves.

Les juges ont reconnu les prévenus coupables de violation par métier de la loi sur les stupéfiants. Ils ont aussi prononcé leur expulsion du territoire suisse pendant 15 ans.

Selon l’acte d’accusation, les hommes âgés de 31, 32 et 34 ans ont essayé à trois reprises de récupérer la cocaïne entreposée au terminal de transfert modal de Frenkendorf (BL) dans un conteneur rempli de café. Ce dernier était arrivé en Suisse depuis le Brésil via Anvers (B). Il a finalement été livré à l’usine Nespresso, à Romont, où la cocaïne a été découverte.

Deuxième plus grosse saisie en Suisse

«Il s’agit de la deuxième plus grosse saisie de cocaïne jamais réalisée en Suisse», a souligné la présidente du tribunal en rendant le jugement. Cette livraison aurait pu mettre en danger beaucoup de personnes, a-t-elle insisté. Rien que la quantité de la drogue donnait à la Cour le droit d’infliger jusqu’à 20 ans de prison.

Les juges ont abaissé, cependant, quelque peu la sanction, car le trio n’a pas atteint son objectif. Il ne s’était pas rendu compte que le conteneur recherché avait été chargé dans un train marchandises à destination de Romont.

Localisations et images enregistrées

Dans sa décision, la Cour a validé plusieurs preuves, dont des localisations des téléphones des prévenus, des images enregistrées par une caméra thermique et par la caméra de surveillance d’une station-service, ainsi que des images de radar. Sur cette base, elle a pu cerner les déplacements des trois hommes et en a conclu qu’ils avaient participé tous trois à la recherche de la cocaïne sur le site de Swissterminal.

Avant cette opération ratée, l’un des trois s’était rendu à Anvers pour tenter probablement déjà d’intercepter le conteneur arrivé en provenance du Brésil. Il n’y est pas parvenu pour des raisons inconnues. Les recherches du trio au terminal de Frenkendorf constituaient donc un plan B.

La police a réussi à y arrêter l’un des trafiquants qui tentait de fuir en rampant sous un train à l’arrêt. Il a déclaré aux policiers être un «touriste». Ses deux complices ont été arrêtés plus tard. Ils n’ont jamais pu expliquer aux enquêteurs ce qu’ils faisaient sur place en pleine nuit à plusieurs reprises, a observé la présidente du tribunal.

Preuves «italiennes» valables

Les données de localisation de l’un des téléphones, enregistré en Italie, ont constitué un point de débat lors du procès. Elles avaient été saisies par les autorités judiciaires italiennes. La défense estimait qu’elles ne pouvaient pas être utilisées comme preuves.

La Cour a rejeté cette objection. Selon les clarifications effectuées auprès du Parquet de Milan, ces mesures de surveillance avaient été autorisées par un juge et étaient donc conformes au droit. De plus, ces preuves ne sont pas déterminantes dans le cas présent. Elles ne font que renforcer la valeur des preuves trouvées en Suisse, estime la juge.

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