20 jours en ballon … comme si vous étiez
Souvenez-vous: le 21 mars dernier, dans le désert égyptien, Bertrand Piccard et Brian Jones bouclaient le premier tour du monde en ballon et sans escale. Une aventure récitée à deux voix dans un ouvrage de 350 pages qui vient de sortir de presse.
Souvenez-vous: le 21 mars dernier, dans le désert égyptien, Bertrand Piccard (photo) et Brian Jones bouclaient le premier tour du monde en ballon et sans escale. Une aventure récitée à deux voix dans un ouvrage de 350 pages qui vient de sortir de presse.
Le Suisse a pour métier la psychothérapie et pour passions le vol delta et l’ULM. Le Britannique est un ancien de la Royal Air Force reconverti dans les technologies aéronautiques. Il fallait un ballon et un projet aussi audacieux que le Breitling Orbiter pour rassembler ces deux hommes. Au fil de l’aventure, de collègues qu’ils étaient au moment de l’envol, ils sont devenus coéquipiers, puis complices unis, disent-ils, dans une amitié qui survole sereinement des mondes de différence.
Avant le départ de Château-d’Oex, l’un se réveille en sursaut, l’autre n’a pratiquement pas dormi. Après l’atterrissage dans les sables, l’un se rince la tête à l’eau tiède, l’autre n’a plus droit qu’à l’eau glacée. Entre ces deux moments, vingt jours et une odyssée d’exaltations et de peurs contées à deux voix, ponctuées ici et là, comme l’écho d’un invisible coryphée, par les messages des indispensables météorologues et techniciens restés au sol.
«Il est évident que ce vol a changé ma vie, écrit Brian Jones. J’en suis revenu plus extraverti. L’envie de partager notre aventure, de la raconter, a fait exploser le côté renfermé qui, jusque-là, dominait ma personnalité». Et d’expliquer que cette aventure, et surtout le fait de passer soudain de l’anonymat à la célébrité, l’a débarrassé d’une partie de sa réserve «typiquement britannique».
Bertrand Piccard, lui, confesse en être ressorti «avec un plus grand respect pour la vie». De lui, on connaissait – et cela tient sans doute autant de son tempérament que de sa profession – le goût pour la méditation et la capacité d’émerveillement. Mais il doit bien avouer que, quand bien même il a de là-haut regardé la planète avec respect et admiration, «beaucoup de questions sont restées sans réponse».
Maintenant que les deux hommes sont (presque) revenus sur terre et qu’ils retrouvent un rythme qu’ils choisissent eux-mêmes et qui ne leur est plus imposé par les vents, ils veulent se rapprocher des souffrances oubliées. C’est que ce voyage en ballon leur a fait découvrir des espaces et des humains auxquels personne ne s’intéresse.
Bernard Weissbrodt
Bertrand Piccard et Brian Jones, «Le Tour du monde en 20 jours» Editions Robert Laffont.
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