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Archivage high-tech pour le Festival de jazz de Montreux

James Brown sur la scène du Montreux Jazz Festival en 1981.

(Keystone)

L'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) va sauver les archives audiovisuelles du Festival de jazz de Montreux. Ce travail coûtera trois ans d'efforts et 22 millions de francs.

Le matériel issu de 40 années de festival sera préservé en super haute définition dans une qualité quatre fois supérieure à ce qui se fait actuellement. C'est une première mondiale.

Pour le patron du Festival de Jazz Claude Nobs, il est impératif de garantir la sauvegarde des archives. D'une part, la durée de vie des anciens supports d'enregistrement arrive à son terme. D'autre part, les anciens équipements de lecture sont de plus en plus rares.

La mission de sauvegarde est déjà sur les rails. «Les premiers essais sont très encourageants, commente Eric Merk de l'EPFL. Nous avons réussi à visionner de très anciennes bandes dans un laboratoire de Sony, à Dax dans le sud de la France.»

Le procédé de récupération des données peut étonner. «Ils ont chauffé les bandes dans un four, cela m'a beaucoup surpris!», avoue Touradj Ebrahimi, professeur à l'EPFL.

Première mondiale

«Ce n'est certes pas la première fois que l'on numérise du matériel audiovisuel ou des bases de données, dit Touradj Ebrahimi. En revanche, ce sera la première fois qu'on le fera en super haute définition, une résolution quatre fois supérieure à celle d'une télévision haute définition actuelle. Un sacré défi technologique!»

Pour accomplir ce saut qualitatif, l'EPFL va faire œuvre de pionnier et entamer des recherches dont le coût s'élève à plusieurs millions de francs. Il est aussi prévu qu'une partie des images en noir-blanc soit colorisée et que le son mono soit «spatialisé».

«Tous les originaux seront stockés sur bandes, dévoile Touradj Ebrahimi. Les données seront aussi transférées sur des disques durs pour permettre une utilisation à fins de recherches.» Ces archives seront placées en un lieu tenu secret.

Dans trois ans, étudiants, chercheurs et grand public pourront explorer les documents dans un auditorium de l'EPFL qui disposera aussi de stations de visionnement individuelles. Aucun accès via Internet n'est prévu, car une société proche du festival de jazz commercialisera ces archives en publiant de nouveaux DVD et CD.

Ecoles polytechniques fédérales

La Suisse compte deux Ecoles polytechniques: celle de Zurich (EPFZ) et celle de Lausanne (EPFL). L'EPFZ a commémoré son 150ème anniversaire en 2005.

Un projet majeur

Une vingtaine de professeurs et assistants de l'EPFL vont collaborer à cet ambitieux projet. La conservation de ce trésor est en effet un projet majeur pour la Haute Ecole, comme l'est, dans un autre domaine, sa collaboration avec Alinghi.

Aujourd'hui déjà, l'EPFL possède l'un des plus grands centres dans le traitement des médias numériques. A terme, elle va tirer profit de ce savoir-faire et créer des entreprises livrant des projets d'archivages clefs en main.

Des contacts préliminaires ont été pris avec le Comité international olympique (CIO). Celui-ci conserve 32'000 heures de programmes audiovisuels.

L'ensemble du projet est évalué à 22 millions de francs. Pour Eric Merk, le financement est sur la bonne voie et sera majoritairement privé. "C'est un investissement pour le futur. Il y a urgence à sauver le patrimoine audiovisuel car les anciens supports se dégradent."

swissinfo avec Philippe Triverio, ATS

En bref

Le Festival de jazz de Montreux a été créé en 1967.
Depuis cette date, la cité lémanique a accueilli plus de 4000 groupes.

Dès le début, le directeur du festival, Claude Nobs insistait à ce que tous les concerts soient enregistrés. Ainsi, 99% des artistes ont été filmés.

Cela représente près de 5000 heures de vidéo - une documentation audiovisuelle unique de 40 ans d'histoire de la musique.

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