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BD2000: Rhââ lovely !

Parmi la dizaine d'expositions que présente jusqu'à dimanche le Festival international de la bande dessinée de Sierre, une plongée dans les archives du magazine français «Fluide Glacial », qui fête cette année son premier quart de siècle.

Une grande salle, transformée en buanderie. Sur l’épandage ne sèchent ni draps, ni chaussettes, mais les meilleures couvertures du célèbre journal. De temps en temps, d’étranges machines à laver crachent les bonnes pages de ce mensuel qui a offert à ses lecteurs 25 ans de «poilade» – c’est manifestement un terme que ses auteurs chérissent.

Milieu des années soixante… La bande dessinée vit grâce aux maîtres du genre, Hergé, Goscinny, Uderzo, Charlier, Jijé etc. Il y a des héros et des petits bonshommes à gros nez, c’est bien, c’est drôle, mais d’aucuns se disent que le genre pourrait se permettre un peu plus d’insolence. Goscinny, par exemple, qui pousse Marcel Gotlib, un petit jeune à la bouille rondouillarde, à produire une série inspirée du journal américain «Mad». Naîtront alors «Les Dingodossiers», puis «Rubrique-à-brac», un humour totalement nouveau au pays de Charles De Gaulle.

En 72, en compagnie de Mandryka et de Brétecher, Gotlib pénètre sauvagement le monde de la presse en créant un premier magazine, «L’écho des savanes», qui n’a vraiment rien à voir avec le mensuel qui porte aujourd’hui ce nom. Une façon de pousser «le bouchon beaucoup plus loin en rigolant très fort avec les choses sérieuses comme Dieu, le sexe et la scatologie», dit la bio du désopilant et infréquentable personnage. Et c’est selon une démarche assez proche qu’il créera «Fluide Glacial» en 1975.

En 25 ans, «Fluide glacial» a servi de berceau à des personnages aussi illustres que les Bidochon, le chien Kador, Pervers Pépère, Superdupont, Carmen Cru, Soeur Marie-Thérèse des Batignolles. La vie serait bien triste sans eux.

Aujourd’hui, ce sont Goossens, Binet, Edika, Maëster et d’autres iconoclastes qui continuent de faire vivre le journal. Gotlib, lui, se limite à en signer l’édito. Il y a longtemps qu’il a rangé ses plumes et ses pinceaux, et peut-être même posé un pot de fleurs sur sa planche à dessin. Tentons d’admettre que le Superdupont de la BD a droit au repos. Mais c’est dur.

Bernard Léchot


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