Bulles de chansons
Dès mercredi soir et jusqu’à samedi se tiendront les 6èmes Francomanias de Bulle, dans le canton de Fribourg. Quatre soirées au cours desquelles la chanson se déclinera sur le mode de l’intimité et de la chaleur.
Les artistes qui débarquent à Bulle pour la première fois doivent être étonnés. La salle de l’Hôtel de Ville est plutôt petite, toute en bois. On y imagine davantage un loto ou une kermesse que le spectacle d’une vedette. Et pourtant, les artistes de taille sont nombreux à y être déjà passés: Serge Reggiani, Juliette Gréco, Claude Nougaro, Jacques Higelin, Bernard Lavilliers, CharlElie Couture, Maurane, Axelle Red, Pascal Obispo et bien d’autres…
Les Francomanias de Bulle, manifestation biennale, sont nées de la passion d’un homme, Dominique Rime. Longtemps passionné de rock anglo-saxon, il a soudain bifurqué, et réalisé que la francophonie avait aussi quelque chose à dire. Le personnage d’Higelin n’est d’ailleurs pas étranger à sa reconversion.
Pour cette édition 2000, Dominique Rime avait rêvé d’une ouverture en fanfare avec le doyen de la chanson, Charles Trenet. Mais voilà, la santé du «fou chantant» ne lui permet pas de venir en Gruyère. Le programme reste toutefois alléchant, et cela même si plusieurs artistes sont déjà venus à Bulle.
Mercredi, le remarquable chanteur lausannois Stéphane Blok ouvrira le bal, son nouvel album intitulé «Lobotome» en poche. Il sera suivi par Néry, ex-chanteur des Nonnes Troppo et des VRP. La soirée s’achèvera avec Jean-Louis Murat le ténébreux. Le climat gruyérien saura-t-il réveiller l’auvergnat mou, et néanmoins tombeur de ces dames? On s’interroge.
Jeudi nous offrira la visite de Christian Denisart, ancien chanteur de Sakaryn, un groupe vaudois qui faillit goûter à la gloire il y a quelques années. Le frêle Nilda Fernandez prendra le relais, et on se réjouit déjà d’entendre certaines des reprises qui figurent sur son album intitulé «Mes hommages». De par sa grâce, même Mike Brant devient écoutable. Et c’est à Thomas Fersen, le plus surréaliste des tricoteurs de refrains, qu’il reviendra de clore l’affaire.
Vendredi verra défiler Hervé Lesserteur (dernier lauréat en date du Prix «Nouvelles scènes»), la douce et diaphane Enzo Enzo, et Lynda Lemay la Québécoise, sur laquelle le «Tout Paris» ne tarit pas d’éloges. Aznavour la chaperonne, certains osent des comparaisons flatteuses type Brel ou Brassens, et nous, on rigole doucement: il y a vingt ans que des «chanteurs à texte», brillants et drôles eux aussi, se cassent les dents à des maisons de disque hermétiques à la chose. Les voies du show-biz sont aussi impénétrables que celles de qui vous savez.
Samedi, la Romandie sera représentée par Thierry Romanens, grand escogriffe d’humoriste récemment converti à la chanson. Flor Del Fango devrait mettre le feu à la salle: le concert d’un groupe formé d’anciens membres de la Mano Negra, de Parabellum et de Chihuahua ne peut pas ressembler à une prestation de Leonard Cohen. Ou de Jean-Louis Murat. Et c’est à Tryo, sympathiques babas du reggae français, que reviendra l’honneur de conclure ces 6èmes Francomanias.
Bernard Léchot
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