Cinéma : le plus grand des petits festivals
Tous les formats pour un peu de cinéma : ce pourrait être le slogan d'un des festivals les plus intéressants parmi ceux qui sont nés ces cinq dernières années, le festival Cinéma Tout Ecran de Genève.
Tous les formats pour un peu de cinéma : ce pourrait être le slogan d’un des festivals les plus intéressants parmi ceux qui sont nés ces cinq dernières années. Cinq ans, et seulement pourrait-on dire, que Cinéma Tout Ecran tamise à Genève, la production TV et cinématographique pour les rapprocher. Réflexion intéressante que ce mariage qui porte ses fruits, cette année encore, avec des oeuvres d’Hitchcock pour la télévision et des téléfilms dignes du grand écran.
Cinéma Tout Ecran est un festival formidable. Avec ses choix affirmés, son esbroufe et ses grands noms alignés en rangs d’oignons (cette année parmi les invités : l’acteur américain Forest Whitaker ou la réalisatrice française Claire Denis), cette manifestation fait plus vieille que son âge. Plus assurée que n’importe quel festival affichant seulement cinq ans d’exercice.
Né d’un concept (les rapports cinéma-télévision) et porté par une équipe qui compense le nombre par la passion, Cinéma Tout Ecran aurait pu retourner très vite à l’idéalisme dont il est issu : cet espoir selon lequel, en mêlant tous les formats et tous les supports, de la pellicule à la vidéo, il finirait bien par en sortir une expression moderne du cinéma d’auteur.
Paradoxalement pourtant, ce n’est pas tant cette recherche de modernité ou d’auteurisme qui fait le prix de Cinéma Tout Ecran. Sa chaleur et l’enthousiasme qu’il dégage viennent plutôt du passé. Parce que la télévision, principal centre d’intérêt du festival, a au moins ceci de particulier que le spectateur finit souvent par aduler ce qu’il regardait avec dédain quelques années plus tôt. Ah! ces «Starsky et Hutch», ce «Manège enchanté» ou ces «Envahisseurs»! Dans Cinéma Tout Ecran, il existe incontestablement une résonnance de l’émotion.
Si le festival contribue à émanciper les rapports cinéma-télévision inceste somme toute fort bien assumé par un Hitchcock par exemple il ne sert pas moins à dire tout haut ce qu’on ose murmurer depuis très peu de temps : à quel point et depuis combien de temps la création télévisuelle influence, interroge et apporte des réponses lorsqu’elle est contrôlée par des artistes.
Thierry Jobin
Genève, CAC Voltaire, 16, rue du Général-Dufour, et Auditorium Arditi-Wilsdorf, 1 av. du Mail. Cinéma Tout Ecran, du 20 au 26 septembre (022/328 85 54).
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