Cinéma suisse, tendance village global
Les 3e «Prix du Cinéma suisse» ont été décernés mercredi soir en marge des 35èmes Journées cinématographiques de Soleure. Avec à l'arrivée des lauréats bien bigarrés...
Les 3e «Prix du Cinéma suisse» ont été décernés mercredi soir en marge des 35èmes Journées cinématographiques de Soleure. Avec à l’arrivée des lauréats bien bigarrés…
Commençons par la catégorie reine: le prix de la meilleure fiction a été décerné à «Emporte-moi» de la Léa Pool (photo). Son film le plus personnel, selon ses propres mots, autobiographique peut-être, une histoire vécue en Suisse et retranscrite dans un contexte canadien, puisque c’est là que cette Genevoise de naissance vit depuis 1975.
Côté court-métrage, le prix est allé à «Babami hirsizlar caldi», «Stolen Father» dans la langue de Mick Jagger, «Voleurs de père» dans celle de Michel Sardou. Un film bref et fort, évoquant le traumatisme d’un enfant qui voit son père disparaître, enlevé par la police secrète, et qui le reconstruit à sa façon. Une oeuvre signée par la jeune Esen Isik, née à Istanbul.
Pour la première fois, le «Prix du cinéma suisse» récompensait également des comédiens. Meilleure interprète féminine: Delphine Lanza, née à Annecy, France, pour le rôle de Lorette dans «Attention aux chiens», de Christophe Marzal. Delphine Lanza qui depuis plusieurs années arpente les planches de différents théâtres genevois et lausannois.
Meilleur interprète masculin: Stefan Suske, né à Vienne, Autriche, pour son rôle dans «Grosse Gefühle» de Christoph Schertenleib. Stefan Suske travaille au Stadttheater de Berne depuis 1991.
Soleure. Montréal. Annecy. Genève. Istanbul. Lausanne. Vienne. Berne. N’en déplaise aux amateurs de réduit national et aux chatouilleux de l’Identité avec un grand I, le «Prix du cinéma suisse» a prouvé cette année que la notion de frontières avait un petit air d’un autre temps. Un petit air désuet. Voire obsolète.
Ah, j’allais oublier le prix du meilleur documentaire: il est allé à «Schlagen und Abtun», de Norbert Wiedmer, un film ayant pour thème le Hornuss, un jeu aussi suisse alémanique qu’ancestral… Un film qui relève autant du documentaire que de l’enquête socio-ethnologique. D’où vient Norbert Wiedmer? De Berne, tout simplement. Oui, mais il a fait ses études à Paris et à Munich. Tiens, encore deux villes à ajouter à notre liste!
Bernard Léchot
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