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Des «Narcisse» pour saluer l’angoisse

Denis Lavant et Chulpan Hamatova dans "Tuvalu". Tuvalu - Veit Helmer

Dimanche soir, avant la projection de «Fantasia 2000», le 1er Festival international du film fantastique de Neuchâtel a dévoilé son palmarès. Trois films ont été primés.

Deux compétitions avaient lieu dans le cadre de ce premier festival. La compétition internationale, et celle du court-métrage suisse. A la clé de chacune, un «Narcisse», créé par l’artiste zurichois HR Giger, pape du fantastique érotico-morbide. Et des sous, bien sûr!

Concernant la compétition internationale, le Grand Prix du Festival, soit le «Narcisse» du meilleur film est allé au Japonais Shinya Tsukamoto, dont une rétrospective était également présentée à Neuchâtel, pour «Gemini». L’histoire d’un médecin de Tokyo, au début du siècle, riche et aimé, qui va soudain se retrouver au fond d’un puits suite à l’agression de son frère jumeau, moins gâté par le destin. De son trou boueux, le malheureux docteur n’aura de cesse que de comprendre ce qui lui est arrivé, et de retrouver sa place comme sa femme, la mystérieuse Rin. Ambiance noire, tension en crescendo, et jeu outré, nécessairement outré puisque japonais, des comédiens, pour un film qui ne relève pas vraiment du genre fantastique.

Le Prix du jury, s’adressant au film «le plus novateur», est allé à «Tuvalu», de l’Allemand Veit Helmer. Un prix totalement mérité pour cette œuvre qui a déjà glané moult récompenses dans de nombreux festivals. Helmer a imaginé de vieux bains-douches à moitié désaffectés, et habités par une faune étrange. Le patron, interprété par Philippe Clay. Son fils un peu déjanté, joué par Denis Lavant, qui fait tout pour empêcher son frère, un promoteur véreux, de raser l’immeuble. Et entre eux, la figure angélique de Chulpan Hamatova. «Tuvalu» a été tourné en noir-blanc, puis colorisé, développant ainsi à chaque plan une ambiance étonnante. Et une extraordinaire bande son laisse d’autant plus de place aux climats que le film est pratiquement muet… On pense parfois aux «Temps modernes», parfois à «Metropolis», et pourtant, le film de Veit Helmer est profondément personnel.

Signalons encore qu’une mention spéciale du jury a été décernée à «Blood», du britannique Charly Cantor. «Blood», un détournement du thème du vampire qui permet au réalisateur d’aborder le thème de la toxicomanie et de l’expérimentation médicale.

Quant au «Narcisse» du meilleur court-métrage suisse, il est allé à «Time With Nyenne», du Neuchâtelois Olivier Béguin. En 26 minutes, nous vivons avec trois personnages une lente dérive dans un univers postapocalyptique, dont l’atmosphère viciée a divisé les hommes: les malades à l’extérieur, les bien portants cloîtrés chez eux. Un film lent, aux dialogues épurés, et au climat oppressant. Nous reviendrons prochainement sur la sélection helvétique.


Bernard Léchot



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