Fribourg: l’authenticité avant tout
La 14e édition du Festival international de films de Fribourg bat son plein. Au total, c'est 72 «films du Sud» qui y sont présentés. Mais de quel sud et de quel cinéma parle-t-on?
La 14e édition du Festival international de films de Fribourg bat son plein. Au total, c’est 72 «films du Sud» qui y sont présentés. Mais de quel sud et de quel cinéma parle-t-on?
«Le sens est extrêmement important pour nous. Tous les films que nous présentons sont impliqués, connectés, liés à la situation culturelle, sociale, politique de leur pays, et de manière très forte», déclare Martial Knaebel, directeur du festival.
Ancrés dans la réalité, donc. Authentiques. Et lorsqu’une cinématographie s’écarte de cette ligne, Fribourg n’aime pas trop. Prenons le cas de l’Afrique: la production africaine a énormément diminué ces dernières années pour des raisons économiques, et cela notamment depuis la dévaluation du franc CFA. Diminution quantitative incontestable donc, mais pas seulement, selon Martial Knaebel: «Le soutien français est devenu plus sélectif, et plus sélectif dans le mauvais sens du terme: en faveur de films plus commerciaux, qui pourront être achetés en Europe, et donc pas obligatoirement orientés vers la qualité.»
La commercialité exclut-elle l’authenticité? En musique par exemple, il y a belle lurette que des artistes ont prouvé le contraire. On pense à Youssou n’Dour par exemple, dont le dernier album mélange à merveille racines sénégalaises et pop occidentale.
Le nouveau président du Festival, Charles Ridoré, nuance le propos: «L’année passée, nous avons projeté «La vie sur terre» d’Abderrahmane Sissako (photo), qui est très authentique. Il a eu beaucoup de prix, mais très peu de succès public. Nous avons aussi programmé «TGV» de Moussa Touré, qui a eu un grand succès commercial, mais pas beaucoup de prix. Je crois qu’il y a de la place pour ces deux formes de cinéma.» Il ajoute pourtant: «Fondamentalement, je respecte la démarche où l’authenticité ne disparaît pas derrière une sauce hollywoodienne.»
En Europe, et avec la jeune génération en particulier, on croyait la vieille bataille entre cinéma d’auteur et cinéma tout court morte et presque enterrée. Est-il bien nécessaire de la faire revivre à propos des cinémas du sud?
Bernard Léchot
Festival international de films de Fribourg, jusqu’au 19 mars
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