Kandinsky parmi les siens à la Fondation Gianadda
Une belle exposition autour de Kandinsky réunit des œuvres venues des musées russes, inconnues du public européen. Kandinsky, dont l’évolution s’est faite dans l’Allemagne du Blaue Reiter et du Bauhaus, y retrouve ses racines.
Une belle exposition autour de Kandinsky réunit des œuvres venues des musées russes, inconnues du public européen. Kandinsky, dont l’évolution s’est faite dans l’Allemagne du Blaue Reiter et du Bauhaus, qui fut naturalisé allemand puis français, y retrouve ses racines.
Tout l’enjeu de l’exposition Kandinsky et la Russie, conçue pour la Fondation Gianadda par Lidia Romachkova, conservatrice à la galerie Tretiakov à Moscou, tient dans la manière de situer l’art de Kandinsky dans le contexte européen: le peintre, émigré dès 1896, et dès cette date voyageur dans son propre pays, appartient-il à l’expressionnisme allemand, comme le veut l’histoire de l’art, ou doit-on lui rendre ses racines slaves, ou plus largement orientales? L’exposition a le mérite d’offrir un large aperçu des courants picturaux dans la Russie des deux premières décennies du 20ème siècle, ces courants qui ont précédé le suprématisme et ce qu’on retiendra comme l’avant-garde des années vingt.
Le parcours conduit des tendances symbolistes, avec une touche de féerie (les Contes de Borissov-Moussatov, quelques gouaches mystiques de Malevitch, la steppe désertée et fantastique de Kouznetsov, les Runes des étoiles de Roerich), à la mouvance constructiviste ou suprématiste (Popova, El Lissitzky, Rodtchenko et Malevitch, représenté par son Carré noir) – en passant par le cubisme de Rozanova, le chromatisme fauve de Lentoulov, Gontcharova ou Jawlensky.
Et Kandinsky parmi ces peintres ? Le peintre de Munich, l’enseignant du Bauhaus, apparaît imprégné de folklore slave, amoureux du décor russe, abstrait, certes, dès les années dix, mais toujours prêt à revenir aux motifs vivement colorés des légendes de son enfance. Au point qu’après la Révolution, alors qu’il participait au renouveau esthétique dans son pays, les acteurs de l’avant-garde pure ont pu le taxer, non sans paradoxe, de passéiste.
Laurence Chauvy
Fondation Gianadda, Martigny. Tous les jours de 10h à 18h. Jusqu’au 12 juin.
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