L'Herbier à croquer

L’Herbier à croquer, détail de la couverture. Ed. Favre

Quand la nature, l’environnement et la bonne chère se rejoignent, le sang de l’écrivain Rolf Kesselring ne fait qu’un tour!

Ce contenu a été publié le 15 mars 2005 - 13:45

Un livre de l’ethnobotaniste français François Couplan, publié aux Editions Favre, lui donne l’occasion de se réjouir.

Depuis très longtemps, je me passionne pour la nature, l’environnement. Je m’enthousiasme, aussi pour les livres, pour l’Histoire et ses arcanes dissimulés. Je me jubile, en plus, pour un vice très remarquable lorsque l’on considère mon tour de taille: la cuisine, la bouffe, la graille!

Pour un bon plat, pour un arbre majestueux, pour un livre captivant et une histoire épatante, je me sens capable du pire ou du meilleur, au choix...

Sans doute à cause de cela, lorsque la factrice me délivra un paquet qui contenait un exemplaire d’un bouquin qui réunissait entre ses pages tous mes péchés mignons, mon cerveau se mit à flamber. «L’Herbier à croquer»! De quoi allumer les torches de toutes mes curiosités.

Déguster...

Un ouvrage, tel que celui que j’avais sous les yeux, doit absolument se lire plus d’une fois afin de comprendre le sens de lecture voulu par l’auteur. C’est impératif! D’abord saisir la structure du produit, afin de pouvoir le déguster en se délectant.

Une fois la préface de Marc Veyrat avalée, je dévorai l’intro, puis j’entrepris le survol de la partie historique pour, enfin, ingérer les avertissements techniques. Il s’agissait de ne pas cueillir pour détruire et, surtout, de le faire sans danger pour la nature et pour soi-même.

Par excès d’enthousiasme, il aurait été bien malvenu (pour ne pas dire maladroit) de se jeter sur le pétasite à coliques, au bord d’un ruisseau, en le confondant, par exemple, avec le délicieux tussilage qui ensoleille et éclaire le revers d’un talus. La salade faite sans prudence pourrait en pâtir au goût et, surtout, faire souffrir l’ignare trop pressé ou trop gourmand.

Avec l’ouvrage de François Couplan, difficile de se tromper. Après les explications techniques et les conseils pratiques, un cahier de photos des diverses plantes renseigne le lecteur. Des textes explicatifs et, souvent, éclairants les accompagnent. En le doublant avec son «Reconnaître facilement les plantes», paru chez Delachaux et Niestlé, presque impossible de se rater.

Na-tu-rel!

Vient ensuite un florilège de recettes qui vont de hors-d’œuvre naturels à des desserts sauvages, en passant par des soupes, des salades et des plats de résistance, tout aussi craquants et croquants les uns que les autres. Rien qu’à les lire, l’eau en vient à la bouche.

Imaginez un menu à faire envie à nos ancêtres du néolithique! Lors d’une promenade, volez une poignée d’orties près d’une ruine. Puis, sans état d’âme, organisez le pillage d’un plateau de feuilles de violettes. Ensuite, puisque le printemps est enfin là, cueillez un paquet de capitules de pissenlit. Mettez ce butin dans votre musette et rentrez chez vous: vous avez tout ce qu’il faut (ou presque) pour un menu naturel et délicieux.

Avec les orties, vous allez confectionner (page 153) des canapés qui vous feront une appétissante entrée. Pour le plat de résistance, vous formerez, avec les feuilles de violettes, un copieux parmentier (page 169).

Pour couronner ce repas, proposez, avec les capitules de pissenlit, l’onctueuse gelée qui se trouve à la page 184 du bouquin de François Couplan. Vous vous en lécherez les doigts, les babines, et vous aurez la sensation d’avoir eu la visite surprise d’un certain Marc Veyrat, ce Savoyard fou de saveurs naturelles.

Rêve d’exhaustivité

Et si cela ne vous suffit pas, vous pourrez rejoindre François Couplan sur son site Internet et vous inscrire pour des stages, des ateliers, qui vous permettront de jubiler en pleine nature, de concert avec lui ou ses complices, et de perfectionner votre nouvelle sauvagerie culinaire.

Comme François Couplan est un généreux, sachez qu’il annonce «L'Encyclopédie des plantes comestibles du Monde Entier»! Il veut recenser les plantes qui nous permettent de vivre, de survivre, et de nous enthousiasmer encore dans ce monde de béton et de ferraille.

L’auteur nous assure qu’il a commencé à rédiger cet ouvrage monumental en 1974, et que celui-ci présentera légumes, fruits, condiments et plantes à boissons, employés par l'homme depuis l’aube de l’humanité. Plus ou moins vingt mille végétaux différents seront détaillés dans cette somme.

Classées par familles botaniques pour mettre en valeur les similitudes d’utilisations de celles qui sont proches, les plantes seront accompagnées de photos de l’auteur. Soyez patients: ce volume devrait être abouti d’ici une dizaine d’années...

swissinfo, Rolf Kesselring

Faits

«L’Herbier à croquer» est paru aux Editions Favre, Lausanne.
176 pages, illustrations en couleur.
François Couplan est ethnobotaniste et spécialiste des utilisations traditionnelles des plantes sauvages et cultivées.
Préface de Marc Veyrat, star savoyarde de la gastronomie!

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