L’écrivain bernois Paul Nizon a fêté ses 70 ans dimanche
L'écrivain bernois vit depuis 22 ans à Paris, ville célébrée dans son roman le plus connu, «L'année de l'amour». Cet homme exigeant affectionne le thème de la fuite et celui du langage perçu comme une exploration.
L’écrivain bernois vit depuis 22 ans à Paris, ville célébrée dans son roman le plus connu, «L’année de l’amour». Cet homme exigeant affectionne le thème de la fuite et celui du langage perçu comme une exploration.
C’est parce qu’il se sentait à l’étroit en Suisse que Paul Nizon a choisi de s’établir à Paris en 1977. L’écrivain alémanique dit alors avoir eu l’impression «d’entrer dans un roman, tant cette ville s’écrit à travers tous
les films, les chansons ou les livres qu’elle a inspirés».
Fils d’un émigrant russe et d’une Bernoise, Paul Nizon naît à Berne le 19 décembre 1929. Ce n’est qu’à partir de 1962 qu’il se vouera à la littérature. Auparavant, il aura notamment exercé le métier de critique d’art au quotidien alémanique «Neue Zürcher Zeitung».
Marié trois fois et père de quatre enfants, cet écrivain a connu la célébrité sur le tard. Elle survient dans les années 80, après la parution de «Das Jahr der Liebe» (1981), «L’année de l’amour» dans sa traduction française, publiée quatre ans plus tard.
Dans cet ouvrage, Paul Nizon raconte le sauvetage d’un homme par l’écriture, la femme et la ville, en l’occurence Paris. L’auteur parvient à capter et à retranscrire la sensualité de la vie nocturne parisienne, qu’il compare à une foire aux plaisirs.
Ce roman se nourrit aussi de l’antagonisme entre l’isolement dans une chambre-cellule et l’agitation de la rue, entre l’écriture et la vie. «Je me jette dans la vie, comme je me raccroche à l’écriture», avait alors expliqué l’écrivain.
Fier d’avoir été remarqué à Paris, Paul Nizon se voit «un peu comme dans les pas de Cendrars». Après «L’envers du manteau», son journal paru en 1997, l’écrivain bernois a édité cette année «Figurants fugitifs», ouvrage dans lequel il évoque sa fascination pour les portraits de Goya. En janvier prochain sortira «La République de l’écriture», un livre d’entretiens.
Paul Nizon a été récompensé plusieurs fois. Il a notamment reçu le prix Conrad-Ferdinand Meyer (1972), le prix de la fondation suisse Schiller (1982), les prix du canton et de la ville de Zurich en 1989 et 1992, de la ville de Berne en 1989 et 1994. La France, quant à elle, l’a élevé au rang de Chevalier dans l’ordre des arts et des lettres.
SRI avec les agences
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