La Francophonie contre la guerre
Le Président de la Confédération souhaite que l’organisation des pays de langue française s’engage davantage dans la prévention des conflits.
Joseph Deiss s’est exprimé lors du dixième Sommet de la Francophonie qui s’est achevé samedi au Burkina Faso.
«La Francophonie a un grand rôle politique à jouer, notamment dans la prévention des conflits, estime le Président de la Confédération. Et lors de ce sommet, les interventions dépassaient largement le cadre de la langue de bois que nous aurions pu craindre».
A Ouagadougou, Joseph Deiss a plaidé pour une francophonie moins dispersée. Une francophonie active sur le terrain dans des domaines choisis comme la promotion de la paix, la diversité culturelle, le développement, l’éducation et la formation.
Estimant que «l’organisation est en bonne santé, et prend de l’envergure», Joseph Deiss s’est entretenu avec plusieurs chefs d’Etat durant ces deux jours: les présidents algérien Abdelaziz Bouteflika – en visite officielle à Berne dès mardi – français Jacques Chirac, malien Amadou Toumani Touré et de Madagascar Marc Ravalomanana.
La pauvreté en ligne de mire
Dans la déclaration finale du sommet, les 33 chefs d’Etats présents ont réaffirmé que la pauvreté, «source inévitable de conflits», devait être au coeur des préoccupations. Ils se sont dits convaincus que «le monde possède les moyens et les ressources nécessaires pour l’éliminer».
Au crédit de ce dixième sommet, il faut notamment mettre un projet de déclaration sur la Côte d’Ivoire, dans laquelle les chefs d’Etats appellent «toutes les parties à renoncer définitivement à la reprise des hostilités, en renouant le dialogue sans préalable».
S’agissant de la situation au Soudan, les dirigeants francophones ont marqué leur «préoccupation face à la situation qui règne au Darfour». Ils ont condamné les violences et violations des droits de l’Homme et du droit humanitaire et rappelé «l’urgence de trouver une solution pacifique» au conflit.
Les chefs d’Etats francophones ont également décidé de s’engager concrètement sur le terrain de la micro-finance dans les pays en développement.
Car Ouagadougou 2004 aura aussi prouvé avec éclat le lien indissociable entre paix et développement. Nombre des «crispations identitaires» de l’Afrique tiennent au sous-développement, a notamment estimé Jacques Chirac. Elle vit une «période historique de sous-développement» qui «ne peut pas durer».
Cadre stratégique adopté
Comme attendu, les dirigeants présents ont également adopté le Cadre stratégique décennal de la Francophonie (objectifs à long terme). Un plan qui renforce l’organisation, assure l’hôte du sommet Blaise Compaoré, président burkinabè.
Après l’Afrique, le onzième sommet de la Francophonie aura lieu sur le continent européen en 2006. A Bucarest, en Roumanie.
swissinfo et les agences
Plus de 30 chefs d’Etat étaient présents à Ouagadougou.
La Francophonie a été créée pour promouvoir la culture et la langue française.
Elle inclut les populations francophones et les anciennes colonies françaises.
Son premier sommet s’est tenu à Paris en 1986.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.