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Le folk est de retour à Nyon

Tracy Chapman, une star tellement naturelle.

(Keystone)

Tracy Chapman, grande dame du protest-song à l'américaine et Lé Vangle, adeptes gruériens de la world music: deux facettes d'une soirée à Paléo.

De la plus grande à la plus petite des cinq scènes du Festival, émotion et authenticité ne sont pas une question de taille.

Il y a quinze jours, elle avait déjà envoûté le Miles Davis Hall à Montreux. A Nyon, devant une audience dix fois plus vaste, la magie est la même.

Tracy Chapman, c'est d'abord une voix. Un peu masculine, teintée de gospel, tremblante parfois mais toujours captivante. Depuis le concert de Wembley en hommage à Mandela en 1988 où elle s'est lancée seule face à la foule avec juste une guitare et une chanson, cette grande timide a appris à maîtriser ses émotions. Et à les communiquer.

La chanson est toujours là. Elle parle de révolution et les accents sont sincères. Comme quand elle décortique la réalité des quartiers pauvres, la misère, la violence, la drogue, le racisme et l'espoir de tous ceux qui rêvent de s'évader.

Poétesse engagée sous son allure si parfaite d'icône africaine, Tracy Chapman fustige le matérialisme ambiant et les ravages de tous les colonialistes, de Christophe Colomb à George Bush. Et quand elle parle d'amour, c'est aussi avec ses tripes, et avec la conscience que tous les rêves ne sont pas accessibles.

La musique sert magnifiquement le propos. Sobre mais toujours très rythmée, elle ne s'embarrasse ni d'effets ni de boursouflures inutiles. Quelques arpèges de guitare sèche, une batterie jazzy et juste ce qu'il faut d'envolées électriques pour donner un climat qui nous replonge parfois dans l'âge d'or du rock californien.

Et lorsque cette grande dame chante a capella, ou en s'accompagnant juste de ses six cordes, on sent encore mieux la ferveur monter du public. Un public dans les yeux duquel on lit cette simple déclaration, entendue plusieurs fois lors de son passage à Montreux: «Tracy, we love you !»

Musique du monde

Au Paléo, il y a une vie hors de l'enceinte principale. Sur la grande place devant l'entrée du camping se dresse la plus petite des cinq scènes du Festival. Ici, se succèdent deux ou trois groupes par soir, essentiellement suisses.

Les quatre musiciens de Lé Vangle n'y voient nullement une relégation, bien au contraire. «Ici, il y a moins de monde, les gens se parlent, on n'en voit pas trop accrochés à leur téléphone portable, c'est plus sauvage», résume Raoul, guitariste-chanteur-flûtiste et auteur-compositeur.

Comme ses copains, il a beaucoup parcouru le monde: Afrique, Amérique Latine, Asie, Europe de l'Est, grappillant partout des influences et des techniques qui donnent à la musique des «rôdeurs» (Lé Vangle en patois gruyérien) ses teintes si métissées.

«Quand tu te promènes quelque part avec un instrument, les rencontres ne tardent pas à se faire, poursuit Raoul. Parfois, même sans instrument, il peut suffire d'un regard pour savoir que tu as un musicien en face de toi».

Et si ces éternels voyageurs aux longs cours ont beaucoup rapporté de leurs périples, ils ont aussi laissé quelque chose de leur coin de pays là où ils sont passés. «On a toujours beaucoup de succès quand on chante dans notre patois à l'autre bout du monde», s'amuse Georges, accordéoniste et seconde voix du groupe.

Le plan de carrière, le tube qui passe à la radio, ce n'est pas leur souci premier. Depuis leurs jeunes années sur les bancs du conservatoire, ces quatre instrumentistes accomplis ont appris à se faire une philosophie. La musique, c'est d'abord du plaisir.

Un plaisir que le public ne boude pas. Sur ces airs qui tiennent à la fois de la chanson de marin, du jazz manouche, du folk tendance celtique, voire d'une certaine forme de rock ou de reggae acoustique, la petite foule assemblée sous le chapiteau tangue à qui mieux-mieux.

Demain, la caravane de ces saltimbanques repartira sillonner l'Europe (ce qu'ils font en été avec femmes et enfants), vers d'autres rencontres, d'autres publics, dans la rue ou sur des scènes. Pour le plaisir essentiellement. Le leur comme le nôtre.

swissinfo, Marc-André Miserez

La course aux billets

Le Paléo Festival se tient à Nyon, sur le terrain de l'Asse (près de la sortie de l'autoroute), du 18 au 23 juillet.

Tous les billets ont été vendus dans les quelques jours qui ont suivi l'ouverture de la location, à fin avril.

Cette année, Paléo double la mise: ce ne sont plus 500 mais 1000 billets par soir qui sont mis en vente le jour même dès 9 heures sur paleo.ch (billets imprimables à domicile) ainsi qu'aux points de vente Ticketcorner.

Inutile de dire qu'ils filent très vite et que la concurrence est rude.

Aucun billet n'est vendu sur place... si ce n'est au marché noir, comme partout.

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Aujourd'hui, samedi au Paléo

Placebo, Feeder, Benabar, Psy 4 de la Rime, Diam's, Olivia Ruiz, Arthur H, Balkan Beat Box, Boban Markovic, Angelite – Les Voix Bulgares, Parno Graszt, DJ Zebra, Kill the Young, Grand Corps Malade, Zginga, Elkee

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