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Non à une bureaucratisation de la culture

Pascal Couchepin (à g.), ministre de la Culture, et Ivo Kummer, directeur des Journées de Soleure. Keystone

Le ministre suisse de la Culture a officiellement ouvert les 40es Journées cinématographiques suisses de Soleure avec un message adressé aux réalisateurs.

Pour Pascal Couchepin, ils doivent assumer leur liberté et compenser le manque de fonds par leur créativité.

En ouverture de cette quarantième édition des Journées de Soleure, le ministre de la Culture Pascal Couchepin a annoncé un geste pour rétablir l’équilibre entre les régions linguistiques.

Les cinémas romand et tessinois vont recevoir un coup de pouce de la Confédération, soit 800’000 francs annuels durant trois ans.

Rester réaliste

Ce soutien supplémentaire aux oeuvres de la Suisse latine vise à compenser un déséquilibre dû à l’étroitesse des marchés romand et tessinois face à celui de Suisse alémanique.

Depuis la récente introduction de l’aide liée au succès, celle-ci a surtout profité aux oeuvres alémaniques. «L’équité demande que ce déséquilibre soit compensé», a ajouté le conseiller fédéral.

600’000 francs par an iront à la Suisse romande, répartis pour moitié entre les distributeurs et les producteurs. Le solde ira aux professionnels de la branche en Suisse italienne.

«Il faut rester réaliste», a cependant dit Pascal Couchepin. Les conditions cadre ne changeront pas beaucoup ces prochaines années. Il a notamment rappelé que le Parlement avait accordé un plafond de dépenses de 95 millions de francs au cinéma pour les années 2004 à 2007.

«Non aux chapelles»

Le ministre de la Culture a réaffirmé que l’Etat doit se comporter en mécène sans rien attendre en retour. «Je dis non aux chapelles de gauche qui veulent instrumentaliser la culture à des fins politiques. Et je dis non aussi aux chapelles de droite qui veulent censurer la culture.»

Pascal Couchepin ne veut pas non plus d’une bureaucratisation de la culture. Pour lui, si les artistes sont libres de concevoir la culture comme ils le souhaitent, ils doivent aussi assumer cette liberté.

Et d’ajouter que l’avenir n’apportera guère de changements, que le cadre est donné et que la branche du cinéma doit s’y faire. «Elle doit pallier au manque d’argent constant en augmentant sa créativité.»

«Le cinéma reste une des expressions artistiques les plus populaires et les Suisses continuent d’aimer le cinéma, a relevé Pascal Couchepin. Il y vont en moyenne plus souvent que dans la plupart des pays européens et l’offre de films n’a cessé d’augmenter ces dernières années.»

En 2003, plus de 1400 films ont été présentés dans les salles suisses, dont un quart de nouveaux films. C’est le double d’il y a dix ans.

Un quarantième sans festivités

S’exprimant avant Pascal Couchepin, le directeur du festival, Ivo Kummer, a constaté que cette année, le programme des films suisses réunit autant de fictions que de documentaires. Pourtant, a-t-il dit, «aujourd’hui comme hier, la fiction est à la peine», car concernant ce secteur, il s’agit soit de téléfilms, soit d’ouvrages réalisés par des Suisses travaillant à l’étranger.

Le directeur du festival a déclaré également qu’il avait volontairement renoncé à toute festivité pour marquer le 40e anniversaire des Journées de Soleure.

Le festival propose plus de 240 films, toutes sections et tous formats pris en compte, dont une «fenêtre» sur 19 productions des pays des Balkans. Soleure reste cependant «la» vitrine du cinéma indigène, avec cette année 179 films récents, dont 77 fictions et 77 documentaires.

Les organisateurs reçoivent l’acteur zurichois Bruno Ganz à l’occasion d’une rétrospective de treize films. Parmi ceux-ci, le très controversé «La Chute», qui montre l’agonie du régime nazi. L’acteur y campe Hitler de façon magistrale.

swissinfo et les agences

Le Parlement a accordé un plafond de dépenses de 95 millions de fr. au cinéma pour de 2004 à 2007.
L’aide liée au succès récemment introduite a surtout profité aux oeuvres alémaniques.
Pour rétablir l’équilibre, 600’000 fr supplémentaires par an et pendant trois ans iront à la Suisse romande, et 200’000 à la Suisse italienne.

– Jusqu’au 30 janvier, la 40e édition des Journées cinématographiques suisses de Soleure va projeter 179 films, dont 77 de fiction et autant de documentaires.

– Ce festival sans compétition accueille mercredi soir la remise des Prix du cinéma suisse 2005.

– Près de 40’000 cinéphiles devraient affluer à Soleure jusqu’à dimanche.

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