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Pacte de l’audiovisuel: l’animation a le sourire

Armin Walpen (SRG SSR), Béatrice Reichhart (Groupement suisse du film d’animation) et Mark Wehrlin (OFC). swissinfo.ch

La nouvelle mouture du «Pacte» qui réunit SRG-SSR idée suisse et les associations cinématographiques helvétiques a été signée à Locarno.

En hausse de 300 000 francs, la contribution annuelle du service public helvétique (SRG SSR idée suisse) au cinéma indépendant passe à 16,8 millions de francs.

Alors qu’en 2000, le montant avait été quasiment doublé, aujourd’hui, SRG SSR «mise sur la consolidation de ce qui a été réalisé à ce jour, et ce malgré un contexte financier peu favorable», précise-t-on.

L’augmentation peut paraître légère. Mais le réalisateur romand Frédéric Gonseth s’explique aisément la chose: «Le mulet est fatigué et se repose à l’étape intermédiaire… En réalité, il y a un retard manifeste du politique sur le service public. Tout était prévu pour qu’au cours de ces trois dernières années, la Confédération augmente sensiblement ses subventions, ce qu’elle n’a pas fait.»

Et d’ajouter: «La politique nous lâche en cours de route, et la SSR ne veut pas continuer à augmenter les fonds toute seule. Nous-mêmes, nous ne l’y poussons pas: tout le monde se plaindrait du fait que la SSR domine tout, dirige tout, et ce n’est pas souhaitable. En tout cas, ce ne serait pas un développement harmonieux».

Que fait la Confédération?

Armin Walpen, directeur général de SRG SSR, tient même des propos très entiers: «En 2000, notre contribution a presque doublé. Nous caressions l’espoir que la Confédération augmenterait aussi sa participation, plutôt misérable jusque-là. Cela n’a été le cas que très modestement».

Et le nouveau Pacte 2003/2005 d’en appeler aux Chambres fédérales «pour qu’elles consentent un effort supplémentaire notable en faveur de la production audiovisuelle nationale».

Marc Wehrlin, chef de la section cinéma à l’Office fédéral de la culture, également présent à Locarno, compatit en assurant les participants à la séance de son soutien à cette requête.

Et affirme qu’elle est également partagée par le chef de l’OFC, David Streiff, comme par la conseillère fédérale Ruth Dreifuss, responsable du département de l’Intérieur. Ne reste plus qu’à convaincre le Parlement…

Le film d’animation enfin pris en compte

Les 300 000 francs de rallonge accordés par le service public iront soutenir la production du film d’animation. «Un genre longtemps oublié», admet Armin Walpen.

«Un genre qui est en train d’étouffer complètement» ajoute Béatrice Reichhart, directrice du Groupement suisse du film d’animation, qui rappellera plus tard que le film d’animation, ce n’est pas que Mickey!

Mais quand on sait le temps et l’argent qu’exige le genre, l’aide promise aujourd’hui n’est-elle pas que des ‘peanuts’, pour reprendre une expression devenue célèbre?

Béatrice Reichhart en convient, ce n’est pas beaucoup, mais le fait d’avancer «à dose homéopathique» est déjà un progrès. Pour elle, le problème majeur reste l’accession au public.

Télévision et cinéastes, un vieux couple

Tout le monde se réjouit de l’existence du «Pacte de l’audiovisuel», signé pour la première fois en 96, reconduit en 2000 et à nouveau aujourd’hui. Chacun de reconnaître qu’il a largement dynamisé la production cinématographique indépendante de ces dernières années.

Mais à propos d’indépendance, on ne peut pas dire que la télévision et le cinéma partagent nécessairement les mêmes besoins artistiques et les mêmes exigences… Cet étrange mariage n’est-il donc pas un carcan pour les réalisateurs?

La réponse de Frédéric Gonseth est claire: «Sans une télévision de service public, relativement ouverte au niveau du fond et des formes, on ne pourrait plus envisager une production indépendante en Suisse romande. On est devenu totalement dépendant, c’est vrai. Mais c’est une relative co-dépendance. Avant, c’était la guerre, puis il y a eu mariage de raison. Maintenant, on commence à s’apprécier vraiment, comme les vieux couples!»

swissinfo/Bernard Léchot à Locarno

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