Presse romande: la guerre du dimanche n’a pas eu lieu
Depuis fin novembre, la presse romande s’apprêtait à vivre un affrontement entre «Le Matin Dimanche» et le dernier-né des journaux dominicaux, «Dimanche.ch». Bilan après quatre mois de vie commune: la guerre n’a pas eu lieu.
Depuis fin novembre, la presse romande s’apprêtait à vivre un affrontement entre «Le Matin Dimanche» et le dernier-né des journaux dominicaux, «Dimanche.ch». Bilan après quatre mois de vie commune: la guerre n’a pas eu lieu.
L’éditeur de «Dimanche.ch», le groupe Ringier, l’a dit et répété dès le départ: en lançant un journal dominical, son intention n’était pas de s’attaquer au «Matin Dimanche». Objectif atteint: depuis le début de l’année, l’hebdomadaire du groupe Edipresse n’a pas eu à souffrir de l’arrivée de son jeune concurrent.
Le groupe lausannois avait pourtant pris la menace Ringier au sérieux. A peine le projet était-il évoqué que «Le Matin» changeait la rédaction en chef, avec pour objectif de préparer notamment une nouvelle formule du dimanche. Entre-temps, le contenu du journal s’est enrichi: plus d’enquêtes et plus de reportages.
La recette a-t-elle été la bonne? Dans tous les cas, les rentrées publicitaires sont en hausse de 10 pour cent sur les deux premiers mois de l’année. Et tout le monde continue de lire «Le Matin Dimanche»: près de 620 000 personnes pour 230 000 exemplaires vendus.
Une situation qui n’a pas l’air d’inquiéter le groupe Ringier. «Si Le Matin Dimanche se porte bien, c’est simplement la preuve que deux journaux dominicaux peuvent coexister de manière tout à fait agréable sur le marché romand», explique Gilles Marchand, directeur de Ringier Romandie.
Qui s’empresse d’ajouter que son groupe est d’ailleurs très satisfait du démarrage de son poulain «Dimanche.ch»: 40 000 exemplaires vendus sur les 50 000 escomptés et 14 pages de publicité en moyenne par édition, «ce qui correspond exactement à ce que nous avions espéré», précise Gilles Marchand.
Sans vainqueur ni vaincu, peut-on encore parler de «guerre du dimanche»? A la lecture de ce premier bilan, le sujet peut ne plus sembler d’actualité. A moins que l’abandon par «Dimanche.ch» de son prix d’appel de Fr. 1.-, prévu avant l’été, ne vienne relancer le débat.
Le groupe Ringier se veut toutefois confiant: «Le lectorat de «Dimanche.ch» acceptera parfaitement une hausse car il considère que le journal vaut largement son prix d’appel.» Sans compter que le futur prix demeurera concurrentiel: entre Fr. 1.50.- et Fr. 2.00.- contre Fr. 3.50.- au «Matin».
Claudine Chappuis
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