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Néo-punk... et solidaire. swissinfo.ch

Le Festival Rock Oz'Arènes, qui se tient jusqu'à samedi à Avenches, soutient un projet burkinabé de Terre des Hommes.

Une démarche humanitaire qui a été celle de la manifestation dès sa première édition, il y a quatorze ans.

Est-ce pour se donner bonne conscience d’avoir invité Marilyn Manson, qui inquiète tant les âmes morales, que Rock Oz’Arènes soutient une institution humanitaire? «Ah non, pas du tout. C’est quelque chose qu’on répète depuis 14 ans. Mais on pourrait le croire, c’est vrai!» répond en riant Charlotte Carrel, la directrice du festival.

Que dire aux gens qui ne comprendraient pas qu’on puisse à la fois avoir l’âme sensible et inviter le sulfureux Américain? «Quand on organise un événement rock, jeune, il doit être ouvert à tout public et je ne crois pas que le diable soit dans les arènes en Marilyn Manson. Mais plutôt un mouvement gothique, qui est une sorte d’identité. Moi-même j’ai été gothique à une époque, et je peux vous dire qu’on n’en est pas moins sensible à toutes les causes!»

Aider l’enfance

Effectivement, Rock Oz’Arènes a eu la fibre humanitaire dès ses origines. «L’Association du festival est à but non lucratif et on souhaite à chaque fois faire des dons en faveur de l’enfance démunie. On a perduré avec cette démarche au fil des ans, en changeant simplement de façon de faire», explique la directrice.

En effet, au début, les organisateurs souhaitaient reverser tout le bénéfice à une œuvre humanitaire, une autre chaque année. Mais cette façon de faire n’était pas jouable, pour deux raisons.

«On s’est vite rendu compte que de tout verser et de ne pas avoir des fonds de caisse en réserve pour la suite du festival n’était plus possible», dit Charlotte Carrel. Cela d’autant plus qu’au fil des ans, la manifestation est passé du statut de petit événement marginal a celui de l’un des gros événements de l’été, avec ce que cela implique en termes de solidité financière.

Et ensuite, parce qu’un festival n’a jamais de garantie quant au succès de ses éditions. «Initialement on choisissait le destinataire des dons avant l’événement… puis on a constaté que promettre des dons quand il n’y a que du déficit, c’est ensuite un peu difficile d’assumer les choses!»

Cette année, les organisateurs ont donc changé d’option: ce sont 50 centimes par billet vendu qui sont versés à la Fondation Terre des Hommes pour l’action qu’elle développe au Burkina Fasso.

Au fond des mines

«Charlotte Carrel a été très sensible à nos actions en général, et elle a manifesté un intérêt particulier pour les projets qu’on mène au Burkina Fasso» explique Philippe Neyroud, responsable de la communication de la Fondation Terre des Hommes.

«L’un a trait à la santé materno-infantile, une sensibilisation à la nutrition, et l’autre au trafic des enfants, puisque nous sommes présents, près de Ouagadougou, dans une carrière de cassage de cailloux, où les enfants travaillent dans des conditions absolument abominables».

Pratiquement, que fait Terre des Hommes? «Notre personnel sur place identifie les enfants, parle avec les familles, propose des solutions différentes que l’exploitation par le travail. Concrètement, selon l’âge de l’enfant, on propose à la famille de pourvoir à une réintégration scolaire, ou si c’est un adolescent, nous proposons de l’intégrer dans une formation personnelle».

«En 2004 par exemple, nous avons réussi à retirer 120 enfants des mines, que nous avons réintégrés avec succès dans des circuits de scolarité ou de formation professionnelle».

Un code-barre pour dire son engagement

La Fondation Terre des Hommes est présente à Rock Oz’Arènes avec un stand, et toute une équipe chargée d’informer les festivaliers.

Pour TDH, le fait de frayer avec le rock n’roll est-il une nouveauté? «On cherche depuis longtemps à renouveler notre image et de parler aux jeunes. On s’adresse tous les jours sur le terrain à des enfants, et les jeunes sont solidaires, aujourd’hui. Mais il faut aller à leur rencontre. Les festivals sont donc une possibilité pour nous». Une démarche qui devrait en principe s’accentuer ces prochaines années, y compris en Suisse alémanique.

Lorsqu’ils passent au stand, les festivaliers peuvent se faire tatouer leur engagement en faveur de l’enfance maltraitée. Tatouer… ou plutôt, apposer un décalcomanie en forme de code-barre, accompagné de la mention ‘Stop trafic d’enfants’.

«Derrière le slogan ‘L’enfant n’est pas à vendre’, nous avons cherché un symbole fort de l’acte d’achat. Or le code-barre est présent partout, dans tous nos actes d’achat, tous les jours. On propose donc aux gens de s’approprier ce symbole, cette conviction, sur leur peau, et de lui offrir une certaine visibilité pendant le festival», explique Philippe Neyroud.

«Je pense que ceux qui vont voir ce ‘tatouage’ vont s’interroger. Je suis confiant dans le fait que le public jeune et rock puisse être intéressé par les causes que nous défendons. Et puis… tatouer son engagement sous la forme d’un code-barre est un acte assez rock n’roll, tout de même!»

Devant nous, un jeune homme à la crête iroquoise se fait apposer le fameux code-barre sur le cou. A côté de lui, sa compagne sourit…

Il faut toujours se méfier des clichés.

swissinfo, Bernard Léchot à Avenches

La 14e édition du Festival Rock Oz’Arènes se tient du 17 au 20 août dans l’amphithéâtre romain d’Avenches (grande scène) et sur la scène du Casino.
Au programme notamment: Marilyn Manson (mercredi), The Cure (jeudi), Sean Paul, Le Peuple de l’Herbe, Asian Dub Foundation (vendredi), De Palmas, Seeed, Rachid Taha (samedi).

– A Rock Oz’ Arènes, reversé sur chaque billet vendu, un demi-franc soutient l’action de Terre des Hommes (TDH) pour donner école ou formation aux filles et garçons exploités dans une carrière proche de la capitale du Burkina Faso.

– Dans les arènes, une équipe de TDH informe public, artistes et personnalités à propos de la traite d’enfants dans une vingtaine de pays.

– Les participants au Festival peuvent tatouer leur engagement contre les trafics d’enfants! Les meilleures photos des tatoués volontaires s’afficheront le lendemain sur le site de TDH.

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