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Stéphane Blok, héron et albatros

Les 6èmes Francomanias de Bulle battent leur plein. Gros plan sur le concert qu'y a donné le chanteur vaudois Stéphane Blok, l'une des valeurs romandes les plus sûres.

Son style a été fixé dès son premier album, en 94. Et pourtant, Stéphane Blok entre en scène comme s’il venait d’enregistrer sa première maquette. Un banal pull gris, les cheveux en bataille, la silhouette étirée par les projecteurs, Stéphane a l’air d’un héron cendré égaré sur des planches. Et les mots qu’il prononce entre les chansons n’arrangent rien à l’affaire: on le sent tendu, maladroit dans sa peau de personnage public.

Stéphane Blok, c’est l’albatros de Baudelaire. Empêtré dans le concret. Et magique dès que la musique et la poésie, sa musique et sa poésie, s’élèvent. Les mots sont travaillés, sculptés. Depuis toujours. Que disent-ils, ces mots? Le quotidien, l’amour, les ruptures. Pas de cris: plutôt une douleur rentrée, saupoudrée d’un peu de cynisme.

Quant à sa musique, elle est double. D’un côté, des compositions à la limite de la farce, changements rythmiques inopinés, dissonances facétieuses. De l’autre, des ballades aériennes comme «Vertige», où le son cristallin des guitares gavées de chorus enlacent celui d’une basse fretless. Le timbre fragile et monocorde de la voix traversent le tout, miraculeux. Dans ces moments-là, l’univers de Blok est parfait d’équilibre.

Stéphane Blok, dont le 4ème album intitulé «Lobotome» vient de paraître auprès du label français «Boucherie Production», n’est pas d’un accès immédiat. Il lui faut un public attentif, concerné. Ce fut le cas à Bulle, et la reprise de ses «tubes» en rappel (notamment «Tilt Coco») lui a valu une ovation digne de Johnny au Stade de France. Ou presque.

Pourtant, vraisemblablement, Blok ne fera jamais le Stade de France. Il n’est pas fait pour ça. Mais Hallyday n’a jamais eu la chance de chanter une chanson qui dirait: «Dieu créa la femme et se lécha les doigts, tralalalalalalalalala». On ne peut pas tout avoir.

Bernard Léchot

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