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Un appel à la contestation

Botto e Bruno, Wall's place (2003). SP

Le Musée d'art moderne de Genève réunit des monographies et des oeuvres collectives d'artistes lombards, toscans et piémontais.

Une exposition à déchiffrer comme un refus de l’urbanisation sauvage, de la globalisation et de la super consommation.

Pour son cycle intitulé «Rien ne presse/Slow and Steady/ Festina Lente», le Musée d’art moderne et contemporain (Mamco) de Genève présente des oeuvres d’artiste italiens originaires de Toscane, des Pouilles, du Piémont et de Lombardie. Titre de cette exposition: «Fragments d’un discours italien».

Après «Jokes», «French Collection», «Eau et gaz à tous les étages», voici donc «Fragments d’un discours italien», 4e épisode dudit cycle qui regroupe cinq monographies et trois expositions collectives.

L’ensemble explore différentes facettes de la création italienne, des années 60 à nos jours.

Un clin d’œil à Roland Barthes

Le titre donné à ce 4e épisode se déchiffre comme un clin d’œil coquin au «Fragments d’un discours amoureux». Célèbre livre de Roland Barthes dans lequel l’auteur établit un scénario imaginaire entre un être amoureux et son entourage dont il se sent abandonné.

De cet abandon, découle une révolte pacifique. La même que l’on palpe dans l’exposition du Mamco. Avec cette différence, qu’ici l’être abandonné est l’artiste qui tente sans cesse de renouer un dialogue interrompu entre lui et son environnement.

Dialogue que l’on peut lire comme une contestation où perce, par exemple, le refus d’une urbanisation sauvage, rongeuse d’espaces verts.

C’est le cas dans «Isola (Art) Project Milano», une oeuvre collective conçue par une poignée de créateurs. Lesquels défendent le maintien d’un site artistique dans un quartier populaire de Milan, menacé par la construction de tours de logements.

Dans les salles du Mamco ces créateurs ont donc installé un espace vert, îlot de fuite où hamacs et forêt tropicale opposent leur sérénité et leur virginité à l’espace encombré et souillé de la capitale lombarde.

Manier son propre destin

Autre refus, exprimé celui-là par le Turinois Piero Gilardi qui déjoue l’importance de la globalisation dans sa «Biosphère». Soit une installation interactive où le visiteur, invité à manier une boule digitale, manie aussi son propre destin.

Ici, l’affirmation de l’individualité se réalise sur le mode ludique. Car comment ne pas rire de notre espoir de liberté dans un monde uniformisé où l’échappée solitaire devient presque impossible?

Et pourtant, la Bolonaise Eva Marisaldi y croit. Son échappée à elle se fait à travers le rêve. Un rêve d’enfance où elle se réfugie, entre bosquet -conçu avec du fil de fer façon Calder-, et contes de fées dessinés sur du papier mâché.

Son «Storyboard» (une série de monographies) fait ainsi appel à la mémoire comme seul espace d’étonnement où l’on ne cesse de revenir.

swissinfo, Ghania Adamo

«Fragments d’un discours italien». Genève, Musée d’art moderne et contemporain. Jusqu’au 21 septembre. Tel: 022/320 61 22

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