Un siècle de photos sur le corps à Lausanne
Le Canadien et directeur du Musée de l’Elysée à Lausanne William A. Ewing suggère aux amoureux de l’image 100 ans de photographies sur le corps. Cette première partie intitulée «Le triomphe du fragment» se tient jusqu’au 2 avril.
Le Canadien et directeur du Musée de l’Elysée à Lausanne William A. Ewing suggère aux amoureux de l’image 100 ans de photographies sur le corps. Cette première partie intitulée «Le triomphe du fragment» se tient jusqu’au 2 avril.
Du très beau monde est accroché aux murs des quatre étages: Doisneau, Giacomelli, Newton, Mapplethorpe et bien d’autres encore.
Une femme à la crinière de lionne est assise entre deux chaises. Elle tient dans ses mains un fusil pointé vers le ciel. Elle est infiniment provocante dans son blouson de cuir et son jeans ouvert sur son pubis à l’air. Fragment de son intimité! Appel au plaisir pervers? (Valle Export, Genital Panic, 1969).
L’explosion se produit trois tableaux et deux pas plus loin… Des gamins en culottes courtes s’enfuient devant les GI’s qui les pourchassent. En toile de fond, l’immense nuage noir de napalm. (Vietnam, 1972, Nick Ut). Fragment de l’innocence face à la violence. Toute l’exposition joue sur les contrastes pour mieux inviter le visiteur à percevoir l’essence de la vie et ses reliefs.
Ici, un petit enfant s’accroche à la peau plissée d’un genou de vieillard. Là, un homme balaie de son obésité la maigreur du portrait fatigué d’à côté. Ou encore (photo), ses corps sculpturaux, féminins et masculins, savamment empilés et comme suspendus dans l’espace. (Pilobolus no 4, 1997, Howard Schatz).
C’est qu’au 19ème siècle, les photographes n’osaient pas découper la figure humaine par leurs cadrages. Alors que le 20ème siècle , lui, aura été le temps de son extrême morcellement. Sous l’influence du cinéma, notamment.
Ainsi, pour mieux encore étayer le propos, quatre mannequins nus rivalisent avec leurs doubles habillés à l’entrée du Musée. Les talons aiguilles pour seuls artifices communs entre les deux tableaux. Erotisme oblige.
Emmanuel Manzi
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