Asile: chaud-froid sur les communes zurichoises
Le canton de Zurich a dû batailler ferme pour convaincre les communes d’accepter davantage de requérants d’asile.
Désormais, communes et canton font front commun contre les mesures d’économies qui pourraient être adoptées sur le plan fédéral.
Le canton le plus peuplé de Suisse se voit, il est vrai, attribuer le plus grand pourcentage de requérants d’asile, 17%, selon la clé de répartition fédérale (devant Berne – 13,5% – et Vaud – 8,6% – Appenzell Rhodes Intérieures fermant la marche avec 0,2%).
En termes de personnes, le nombre augmente donc proportionnellement. L’an dernier, le nombre de demandeurs a progressé de 27%.
«Nous avons dû convaincre les communes d’ouvrir de nouvelles structures d’accueil, ce qui n’a pas toujours été bien compris, parce que, cette fois, aucune guerre n’était à l’origine de cette augmentation, comme c’était le cas au Kosovo», a précisé la conseillère d’Etat Rita Fuhrer, ministre cantonale des Affaires sociales.
L’afflux intervenait en outre en période de crise du logement et les communes rétorquaient que, même en le voulant, elles ne trouvaient pas de logements.
Tribunal saisi
En été 2002, Rita Fuhrer a dû menacer les communes qui mettaient les pieds au mur d’attribution forcée. Avec succès.
Une commune, Zell, a néanmoins décidé de protester jusqu’au Tribunal administratif contre un projet pour 100 à 120 places d’accueil à Kollbrunn. Le verdict n’a pas encore été rendu.
En outre, en juin dernier, le taux d’accueil de requérants d’asile imposé aux communes a été relevé de 0,8 à 0,9%.
«Les besoins sont couverts à 80%, ce qui n’est pas une mince performance», précise Barbara Zinggeler, chef de la coordination cantonale en matière d’asile.
Vingt personnes par jour
«En ce moment, Berne nous attribue 20 personnes par jour un chiffre qui augmente à nouveau, depuis deux mois, ajoute la responsable. Mais pendant la guerre au Kosovo, nous devions trouver une place pour 100 personnes par jour.»
Comme pour encourager les communes à «faire leur devoir» en matière d’accueil, Rita Fuhrer a annoncé jeudi qu’en aucun cas elles ne devraient passer à la caisse pour la mise en oeuvre des économies prévues par la Confédération, si elles sont adoptées.
swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Zurich
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