Ecrasée à Moscou, la Suisse cherche une parade
Le chemin est encore long pour la Suisse, écrasée 4-1 en Russie, si elle entend se qualifier pour l'Euro 2004 du Portugal.
Il reste exactement un mois à Köbi Kuhn et ses joueurs pour trouver la parade avant d’accueillir l’Eire à Bâle le 11 octobre.
Sincèrement, faut-il sombrer dans l’optimisme ou le pessimisme au lendemain de l’expédition ratée à Moscou, soldée par un indiscutable revers 4-1 devant l’équipe de Russie?
Il y a de quoi conserver le sourire si l’on se base sur la réalité des chiffres. Après tout, l’équipe suisse reste seule en tête de son groupe et seule maîtresse de son destin pour se qualifier directement pour l’Euro 2004.
Une machine enrayée
Mais la réalité du terrain inciterait plutôt au pessimisme. Quoi qu’on en dise, une telle claque laissera forcément des séquelles.
Surtout quand elle suit d’autres sorties en demi-teinte contre la France (défaite 0-2) et l’Albanie (victoire heureuse 3-2 sur trois balles arrêtées). Comme si la belle machine de Köbi Kuhn semblait s’être enrayée.
Même les joueurs manient le chaud et le froid. A la sortie du stade du Lokomotiv Moscou, Patrick Müller soulignait « qu’une grande équipe ne perd pas 4-1 après avoir ouvert le score ».
Mais le Genevois de Lyon précisait peu après. « Nous analyserons à fond les erreurs que nous avons faites ici pour éviter de les répéter devant les Irlandais. Nous aurons deux précieux atouts dans nos mains: nous évoluerons chez nous et nous n’aurons pas besoin d’un coup de pouce extérieur pour terminer premiers ».
Si la Suisse obtient dans un mois son sésame pour le Portugal, la défaite de Moscou prendra des allures anecdotiques. S’ajoutant à une série déjà longue de revers face à une nation qui reste la seule en Europe (avec l’Espagne) que les Helvètes n’ont jamais accrochée à leur palmarès.
La leçon de Moscou
Voici deux ans, pour son troisième match à la tête de l’équipe nationale, Köbi Kuhn avait déjà subi la loi 4-0 de l’ogre rouge.
Mais la leçon de Moscou a aussi mis l’accent sur quelques lacunes dans le camp helvétique. D’abord, cet état de fébrilité au moment des grands rendez-vous, comme en témoigne par exemple l’expulsion justifiée en fin de match de Ricardo Cabanas, qui sera suspendu contre l’Eire.
Ensuite la confirmation qu’au niveau international, la Suisse ne dispose pas de grand gardien. Pas plus que Jörg Stiel (blessé), Pascal Zuberbühler ne parvient à convaincre.
Mercredi soir, sa responsabilité était engagée sur deux buts russes. Puis les faiblesses chroniques des latéraux Remo Meyer et Bruno Berner, trop justes en équipe nationale. Ou le manque de complicité à mi-terrain entre Johann Vogel et Fabio Celestini.
Dans un mois, Hakan Yakin pourrait effectuer son retour dans le onze de Köbi Kuhn. Un atout majeur pour les Suisses qui auront rendez-vous avec l’enfer ou le paradis contre l’Eire.
swissinfo, Jonathan Hirsch
Classement provisoire du groupe 10:
Suisse 12 points
Russie 11
Irlande 11
Albanie 8
Géorgie 7
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