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L’UDC mord à nouveau la poussière en matière d’asile

Pour la majorité des députés, on ne peut pas limiter encore l’aide aux réfugiés. Keystone

Les députés rejettent l'initiative de l'UDC «contre les abus dans le droit d'asile». Ils la trouvent inutile, voire xénophobe.

Lors du vote de mercredi au National, le score a été sans appel. Les représentants du peuple ont refusé cette initiative par 121 voix contre 38. L’Union démocratique du centre n’a donc guère trouvé d’écho à ses propositions en dehors de ses propres rangs.

Limiter l’attractivité de la Suisse

L’initiative préconise que la Suisse n’accueille pas de réfugiés si ceux-ci sont déjà passés par un «pays sûr» où ils auraient déjà pu demander l’asile. Par ailleurs, les compagnies d’aviation qui ne respectent pas les prescriptions en matière d’immigration devraient être punies.

Le texte de l’UDC fixe aussi des conditions pour les réfugiés se trouvant déjà sur sol suisse. L’assistance qui leur est attribuée devrait être uniforme dans tout le pays et fournie en nature. Les soins médicaux et dentaires devraient être dispensés par des médecins choisis par les cantons.

L’initiative règle enfin le sort des réfugiés déboutés ou accueillis provisoirement. Ceux-ci ne recevaient qu’une aide limité au strict minimum en attendant leur renvoi. Il leur serait par ailleurs interdit de travailler, sauf dans le cadre d’un programme d’occupation public.

Avec ce véritable catalogue de mesures, l’UDC entend réduire l’attractivité que la Suisse exerce sur les réfugiés. «Elle aurait un effet préventif et permettrait de réduire le nombre des demandes d’asile», a plaidé Hans Fehr (UDC/ZH).

Initiative inutile

La majorité des députés ont cependant considéré que les demandes de l’UDC n’avaient aucune raison d’être. On ne peut pas limiter encore l’aide aux réfugiés, alors qu’elle est déjà 20% inférieure à celle que touche le reste de la population.

Pas question non plus de refouler les requérants vers des Etats tiers. Pour la ministre suisse de la Justice Ruth Metzler, la demande de l’UDC dans ce domaine est «inapplicable». En effet, ceux-ci n’ont aucune obligation d’accueillir les réfugiés expulsés par la Suisse. Du coup, il n’y a donc que très peu de chance qu’ils le fassent.

Quant à l’idée de sanctionner les compagnies aériennes, elle est superflue. Le Conseil fédéral a en effet déjà présenté un projet dans ce sens dans le cadre de la révision de la loi sur les étrangers.

Texte xénophobe

Plusieurs députés ont estimé que l’initiative flirtait dangereusement avec la xénophobie. «Elle veut surtout attiser le ressentiment envers les requérants et les diffamer», a ainsi lancé Dorle Vallender (PDC/AR) à la tribune.

Jean-Jacques Schwaab (PS/VD) s’est est pris aux membres de l’UDC présents dans la salle. «Votre but est d’exacerber les sentiments d’une partie de la population et de catalyser ces sentiments contre les étrangers qui nous envahissent et qui abusent de nous. C’est comme cela qu’on finit par accepter des lois d’exception dont on sait malheureusement où et à quoi elles mènent», leur a-t-il lancé.

Déjà refusée par le Conseil des Etats, l’initiative de l’UDC est désormais enterrée au niveau parlementaire. C’est maintenant au peuple à donner son avis.

swissinfo/Olivier Pauchard, Palais fédéral

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