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La justice suisse relance l’affaire Aeroflot

Les enquêteurs russes et la justice suisse ont largement collaboré ensemble. Keystone Archive

Le scandale de la compagnie russe, pillée par trois sociétés lausannoises, semblait enterré. Mais l'affaire vient d'être relancée.

Des dizaines de perquisitions ont été effectuées dans les cantons de Berne, Vaud et Genève, ainsi qu’en France et à Chypre.

L’affaire a débuté en 1999, lorsque Moscou réclame la collaboration de Berne pour enquêter sur trois sociétés domiciliées à Lausanne, Forus, Andava et Anros.

Elles sont soupçonnées d’avoir perçu pendant plusieurs années les redevances versées par 7 compagnies aériennes pour survoler la Sibérie.

British Airways a ainsi versé 86,1 millions de dollars entre 1996 et 1999, Air France, 76,3 millions. Au lieu d’aller dans les caisses de l’Aeroflot, ou de l’Etat russe, l’argent se serait perdu dans les coffres de ces sociétés suisses animées par le milliardaire russe Boris Berezovski.

Désintérêt du Ministère public russe

Mais en 2000, lorsque la Suisse met à la disposition de la justice russe 800 classeurs de documents, le vent a, semble-t-il, tourné à Moscou. Le Ministère public russe se désintéresse du dossier, et Aeroflot «oublie » de déposer une plainte contre les sociétés lausannoises.

Comment instruire un dossier à Lausanne si la principale victime ne le demande pas? Entre-temps Forus change de nom et devient EM Finance Group.

Mais en analysant en profondeur les documents remis à la justice russe, le Ministère public de la Confédération (MPC) décide au printemps 2002 d’ouvrir une enquête sur un ressortissant suisse, H-P.J., domicilié à Chypre.

Il est soupçonné de « blanchiment d’argent, participation à une organisation criminelle » et de «participation et complicité dans des infractions contre le patrimoine ».

Dans le même temps, le procureur de Marseille ouvre une information judiciaire pour « blanchiment aggravé », après la découverte de transferts suspects entre une société d’investissement, France immeuble (SIFI), et la société suisse Ovago, présidée par H.-P. J., qui dépendait elle-même de Forus.

50 millions de francs suisses ont transité de Forus à SIFI, avant d’être investis dans deux somptueuses demeures sur la Côte d’Azur, et notamment le château de la Garoupe.

Réapparition de Boris Berezovski


Par le plus grand des hasards, Boris Berezovski est l’un des hôtes les plus assidus de ces résidences.

L’action menée, ce mercredi, coordonnée au plan international avec la France et Chypre, a donné lieu à une dizaine de perquisitions dans les cantons de Berne, de Genève et de Vaud. L’opération a été menée par une soixantaine de policiers et d’enquêteurs fédéraux et cantonaux.

Cette affaire«constitue le point d’orgue des efforts consentis, depuis longtemps, par les autorités fédérales et des investigations intensives qu’elles ont menées dans le but d’élucider et de réprimer les ramifications qu’aurait le crime organisé russe en Suisse, notamment dans le domaine du blanchiment d’argent », précise mercredi dans un communiqué le MPC.

Plusieurs personnes ont été entendues et des documents ont été placés sous séquestre. Toutefois, il n’y a pas eu d’arrestation.

Quant au milliardaire russe, âgé de 57 ans, qui vit actuellement à Londres, il a été arrêté fin mars, puis remis en liberté sous caution. Boris Berezovski est toujours inculpé en Russie pour «escroquerie à grande échelle».

En Suisse, 90 millions de francs sont bloqués dans le cadre de cette affaire, précise, enfin, Hansjürg Wiedmer, porte-parole du Ministère public.

swissinfo, Ian Hamel

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