Diplomatie, partout et en tout temps
Chère lectrice, cher lecteur,
Lorsque des négociations de paix de haut niveau se tiennent à Genève, les médias ont tendance à y voir la preuve du rayonnement persistant de la «capitale mondiale de la paix». Mais lorsqu’elles se déroulent ailleurs, alors il n’est pas rare d’entendre sonner le glas de la Genève internationale.
Il en va de même pour la Suisse en tant que médiatrice. Lorsqu’elle joue un rôle de premier plan entre des parties en conflit, c’est le fruit de la neutralité éprouvée du pays. Mais dès que d’autres s’en chargent, il s’agit de la preuve que la neutralité suisse n’est plus crédible.
C’est évidemment un peu caricatural, mais il y a un fond de vérité, car ces débats apparaissent régulièrement dans les médias suisses.
Cela tient, d’une part, à la logique médiatique. L’urgence ne permet pas toujours des analyses nuancées. D’autre part, cela s’explique aussi par l’image simplifiée que certains journalistes se font des négociations ou des médiations: ici, deux États en conflit; là, une troisième partie qui arbitre.
Cette représentation est erronée pour deux raisons. Ces dernières années, les conflits se sont nettement multipliés dans le monde, tout comme leur fréquence, leur complexité et leur extension géographique. Or seule une minorité d’entre eux oppose des États.
À cela s’ajoute le fait que, grâce aux outils numériques, le monde est plus interconnecté que jamais. Les conflits deviennent ainsi plus complexes, de même que les pistes de solution. C’est l’une des raisons pour lesquelles on observe souvent non pas un seul médiateur, mais plusieurs intervenants agissant simultanément, dans une sorte de logique de répartition des rôles.
Exemple récent concernant la guerre en Iran: la Turquie, le Pakistan et l’Égypte ont cherché à favoriser des négociations. En parallèle, interrogé à propos du rôle de la diplomatie helvétique, le ministre des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, a affirmé que la Suisse est «bien plus qu’une “boîte aux lettres”» – référence au mandat de puissance protectrice exercé par la Suisse en Iran, mais dont très peu d’informations filtrent dans l’espace public.
Il est donc très difficile de se faire une idée en temps réel des efforts de médiation. Et un autre élément entre en ligne de compte: on ne sait qu’après coup si une médiation a réussi. C’est pourquoi on reste, à juste titre, prudent dans la communication publique dans un premier temps, car personne ne souhaite apparaître comme un médiateur ayant échoué.
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Meilleures salutations,
Giannis Mavris
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Traduit de l’allemand à l’aide d’un outil d’IA/dbu
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