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Le non suédois facilitera l’adhésion de la Suisse

René Schwok: "Le non des Suédois prouve qu’ils ne sont pas les seuls à avoir des doutes." (Photo SP) ƒ‹ƒlEƒVƒ…ƒƒbƒN‹³Žö‚́uƒXƒCƒX‚Í2012”N‚²‚ë‚ÉEU‰Á–¿‚ð‰Ê‚½‚·‚̂ł͂Ȃ¢‚©v‚ÆŒ©‚Ä‚¢‚éB

Le refus suédois de l’euro renforce l’euro-scepticisme, mais pourrait, à terme, faciliter l’adhésion de la Suisse à l’UE.

Pour René Schwok, qui enseigne à l’université de Genève, la Suisse pourrait négocier une adhésion à la carte, en 2009 au plus tôt.

La question de l’adhésion de la Suisse à l’Union européenne (UE) est un thème qui n’est que très peu abordé dans la campagne électorale.

La droite dure de l’Union démocratique du centre (UDC) l’utilise pour mettre tous les autres partis gouvernementaux mal à l’aise. Et ces derniers font tout pour botter la question en touche.

Dimanche, le peuple suédois a refusé d’accepter la monnaie unique. Alors que dans le même temps, l’Estonie – considérée comme un fief de l’euro-scepticisme – acceptait massivement d’adhérer à l’Union européenne.

Quelle sera l’influence de ces événements sur le sentiment européen qui anime la Suisse? René Schwok, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut européen et à la faculté de sciences politiques de l’université de Genève, esquisse quelques pistes.

swissinfo: Le refus de l’euro exprimé dimanche par les Suédois renforcera-t-il le clan des opposants de l’adhésion de la Suisse à l’Union européenne?

René Schwok: Contrairement aux apparences, ce refus pourrait bien faciliter dans l’avenir une adhésion à la carte de la Suisse à l’UE.

D’ici à quelques années et si les choses restent en l’état, la Suisse pourrait se prévaloir du précédent suédois pour adhérer sans devoir reprendre l’intégralité de l’acquis communautaire.

Il sera plus facile de convaincre la population suisse du bien-fondé d’une adhésion si elle peut conserver sa monnaie, garder son système d’imposition et même son armée, à l’instar de Chypre.

Mais pour l’heure, c’est bien sûr du pain béni pour les opposants à l’adhésion. Le non des Suédois leur prouve qu’ils ne sont pas les seuls à avoir des doutes.

swissinfo: Quelles sont les raisons qui motivent le refus suédois?

R.S.: Il y en a deux principales. La première, que l’on retrouve également en Suisse, c’est l’absence de traumatisme historique. La Suède n’a pas été occupée par les forces allemandes durant la Seconde Guerre mondiale. Il lui est dès lors plus difficile d’accepter le principe de supra-nationalité.

La seconde, c’est que le modèle socio-économique suédois marche bien. En comparaison du reste de l’Union, la croissance économique y est supérieure et le chômage moins important.

Dans ces conditions, pourquoi accepter des contraintes que même la France et l’Allemagne ne respectent pas.

swissinfo: Comment se porte le sentiment européen en Suisse?

R.S.: L’échec de l’initiative des jeunes pour une adhésion à l’UE a porté un rude coup aux euro-partisans suisses. Dès lors, les europhiles, assez nombreux au Parlement, ne peuvent plus se prévaloir du soutien d’une partie importante de la population.

Comme en Suède, il règne en Suisse un fond d’euro-scepticisme et, fait particulier à la Suisse, le patronat et les partis bourgeois ne sont pas favorables à l’adhésion.

swissinfo: Et quand pensez-vous que la Suisse, si elle le décide, pourrait effectuer son adhésion à la carte?

R.S.: Elle ne fera pas partie de l’Europe à 25 – sauf événement extraordinaire – le 1er mai 2004, c’est sûr. Avant 2012, je ne vois pas comme la Suisse peut adhérer mais je n’en suis pas sûr du tout.

Auparavant, il faudra voter sur l’extension des accords bilatéraux I aux nouveaux Etats membres de l’Union européenne. Ce qui ne manquera pas de provoquer un psychodrame l’année prochaine.

Vers 2005-2006, il faudra voter sur le deuxième round d’accords bilatéraux. Ces deux accords ont des clauses de révision vers 2009-2010, ce qui paralysera les débats sur l’adhésion jusque-là pour éviter de remettre en cause ces accords bilatéraux.

Dans l’hypothèse la plus favorable, on pourrait ouvrir des négociations vers 2009-2010 pour adhérer aux alentours de 2012.

Interview swissinfo: Jean-Didier Revoin

– René Schwok a obtenu son doctorat à l’Institut Universitaire de Hautes Etudes Internationales.

– Il a effectué une partie de sa formation à l’Institut für europäische Studien de Mainz et au Center for European Studies de Harvard University.

– Il a été professeur invité à l’Université catholique de Louvain, à la Hebrew University de Jérusalem, à la Diplomatic Academy de Malte, à l’Institut universitaire de hautes études internationales de Genève, au Geneva Center for Security Policy, ainsi qu’à Colgate University.

– Il enseigne et effectue ses recherches sur l’Union européenne, avec un intérêt plus particulier sur la dimension extérieure de l’UE, ainsi que sur les dimensions identitaires, historiques et culturelles dans l’analyse des questions européennes.

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