Toujours plus de violence en Suisse
Le nombre de délits enregistrés en Suisse a atteint l'an dernier son niveau le plus bas depuis 1982. Cependant, les actes violents augmentent.
L’Office fédéral de la police (OFP) a présenté mardi ses statistiques de la criminalité pour l’an 2000. En tout, 271 000 délits ont été enregistrés.
C’est le plus petit nombre depuis l’établissement de ces statistiques, en 1982. Jamais, le nombre des délits n’avait été inférieur à 300 000 au cours des dix dernières années.
Pour l’OFP, cette baisse générale est imputable au recul des vols. Le retour de la croissance l’an dernier explique en partie cette évolution favorable, explique Thomas Köppel, responsable adjoint de la Division analyse de l’OFP.
Culture de la violence
Mais si les vols diminuent, les délits dirigés contre des personnes sont en hausse. Les dénonciations pour lésions corporelles, menaces ou chantages augmentent.
Le phénomène n’est pas nouveau. Les statistiques montrent que cette tendance se confirme régulièrement depuis dix ans, tant en Suisse que dans le reste de l’Europe.
Cette évolution est difficile à expliquer, reconnaît Thomas Köppel. Mais une certaine «culture de la violence» largement répandue, notamment pas les médias, n’y est certainement pas étrangère.
La prévention, notamment le contact avec les jeunes et leurs parents, devrait cependant améliorer la situation. «Nous avons déjà fourni un important effort de prévention au plan local, comme à Zurich», explique Thomas Köppel.
«Les premiers résultats sont très encourageants. Mais c’est un travail à long terme et il faudra encore des années avant que les succès locaux se fassent sentir dans les statistiques nationales», poursuit Thomas Köppel.
Crime organisé
Les statistiques montrent un phénomène étonnant. Seuls 63 jugements en matière de crime organisé ont été prononcés depuis 1993, date de l’entrée en vigueur de l’article du Code pénal sur la criminalité organisée. Et sur ce nombre, le quart seulement a débouché sur une condamnation.
Pour Thomas Köppel, ce résultat provient du fait que les autorités locales et cantonales n’ont pas suffisamment de moyens pour s’occuper de crime organisé. La situation devrait cependant s’améliorer au cours des prochaines années.
En effet, la Confédération se verra attribuer la compétence pour mener de bout en bout des enquêtes complexes dans ce domaine. Ces nouvelles attributions, accordées dans le cadre du Projet d’efficacité, entreront en vigueur le 1er janvier.
Olivier Pauchard, Palais fédéral
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