Des vendanges prématurées en raison d’un printemps très chaud
(Keystone-ATS) Le développement particulièrement précoce de la vigne cette année bat déjà tous les records, selon l’Agroscope Changins (VD). Le printemps très chaud a réduit le début et le temps de floraison du raisin, laissant entrevoir des vendanges prématurées.
Si le débourrement de la vigne a eu lieu le 9 avril, comme la moyenne mesurée systématiquement depuis 1925, remarque la Station de recherche Agroscope Changins-Wädenswil (ACW) dans un communiqué publié mardi, le début de la floraison a eu lieu le 25 mai, soit 20 jours plus tôt qu’habituellement.
A cette précocité «exceptionnelle» s’ajoute une floraison très courte, se terminant le 6 juin. Un record «absolu», selon l’Agroscope, puisqu’il devance les précédents exploits de 2003 et 2007.
Ces observations permettent donc à l’ACW de prévoir des vendanges précoces. Alors qu’elles se déroulent en moyenne le 9 octobre, la récolte des raisins pourrait avoir lieu à la mi-septembre déjà pour les Chasselas et de début à la mi-septembre pour des cépages plus rapidement mûrs comme le Pinot noir.
Impact sur la qualité du vin
Les températures estivales de ce printemps pourraient aussi avoir un impact sur la qualité du vin. «Les conditions pour un vin exceptionnel sont réunies», a expliqué à l’ats Jean-Laurent Spring, chercheur à l’Agroscope.
Selon M. Spring, la quantité de la production dépend essentiellement des conditions climatiques de l’année précédente et pendant la floraison, qui ont été plutôt bonnes. Il est en revanche encore trop tôt pour se prononcer sur la qualité du vin.
Si le printemps chaud donne une bonne base, ce sera le temps en août et septembre qui sera déterminant. «Malgré les bonnes conditions, quelques semaines de pluie suffisent à faire baisser la qualité», a mis en garde le chercheur.
Selon l’ACW, la vigne est une plante extrêmement sensible aux variations du climat. Elle ne se développe en principe, qu’à des températures supérieures à 10 degrés.